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735 talents québécois partis en exode

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-06-04T22:21:08Z

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J’ai adoré faire la conversation avec Serge Savard hier matin au club de golf Pinegrove de Saint-Jean-sur-Richelieu.

La vision académique du hockey de monsieur Savard apporte un éclairage d’une grande richesse au développement de notre sport national ici au Québec.

Cette conversation m’a poussé à relire un dossier que m’a fait suivre Simon Richard, jeune retraité des salles de nouvelles sportives qui demeure passionné et averti en matière de hockey.

Simon a mené une recherche exhaustive pour son plus grand et pur plaisir. Le fruit de sa recherche est un texte significatif et fouillé sur l’exode des jeunes hockeyeurs québécois.

En somme, Simon rappelle que cette saison, sept Québécois qui ont évolué dans la Ligue nationale de hockey sont d’abord passés par la NCAA.

Mike Matheson est le plus connu de tous avec le Canadien, les autres étant Vincent Desharnais des Oilers, A.J. Greer, Devon Levi, Alex Killorn, Yaniv Perets de Dollard-des-Ormeaux qui a disputé un match avec les Canes devant le filet et Marshall Rifaï des Maple Leafs de Toronto, natif de Beaconsfield dans l’Ouest de l’île de Montréal.

Killorn est un natif des Maritimes, mais il a grandi dans le hockey mineur au Québec avant de quitter vers les États-Unis.

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Ça veut dire que 12% des Québécois ayant disputé au moins un match dans la LNH cette saison ont choisi de se développer ailleurs que dans la LHJMQ.

Et ils le font de plus en plus jeune. Les ligues privées de développement étant nettement plus reconnues ailleurs au Canada qu’ici alors que Hockey Québec résiste tant bien que mal à l’envahisseur.

Un autre exemple relevé par Simon Richard : Connor Bedard, Gavin McKenna et Landon DuPont, trois récents premiers choix de la WHL, le pendant Ouest canadien de la LHJMQ, ont tous les trois été développés dans la Canadian Sport School Hockey League.

Cette ligue privée qui n’est pas sous la jupe d’une association provinciale de hockey dans l’Ouest a été fondée en 2009 et elle compte déjà 127 joueurs issus de ses cadres à avoir été repêchés dans la Ligue nationale de hockey.

Cette ligue est incontournable pour les recruteurs. Les quatre premiers choix du dernier encan de la WHL étaient issus de cette ligue préparatoire de haut niveau.

Simon Richard souligne aussi que Maddox Dagenais, fils de Pierre, l’ancien «scoreur» naturel du Canadien, Tynan Lawrence et Cameron Chartrand figurent parmi les cinq espoirs les mieux classés par la fameuse CSR, la centrale de recrutement de la LHJMQ en vue du prochain encan. Les trois ont toutefois en commun d’avoir choisi d’évoluer à l’extérieur du Québec et des Maritimes au cours de la dernière campagne.

On parle ici de trois espoirs de premier plan, des joueurs qui auraient un impact immédiat dans un club junior majeur au Québec ou dans les Maritimes. Trois gars qui seront sans doute des espoirs de l’encan de la Ligue nationale en 2026.

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En comparaison, l’espoir scolaire issu du RSEQ. le mieux classé par la centrale CSR dans son dernier bulletin pointe au... 56e rang. Et il est rejoint par seulement trois autres joueurs du RSEQ dans le top 90 du classement de la CSR. Mais il faudrait que l’on croit que tout va bien parce qu’on gagne plus souvent la coupe Memorial et le championnat canadien Midget AAA...

Sacha Boisvert sera probablement le premier Québécois réclamé lors de l’encan amateur de Las Vegas dans trois semaines. Boisvert a été développé au vieux Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières avant de quitter vers les États-Unis en 2020 à 14 ans, à peine...

Enfin, Simon Richard m’envoie la statistique à mon sens la plus alarmante et significative. Lors de la seule saison 2023-2024 qui vient de se terminer, ce sont 404 joueurs québécois de niveaux M-18 et junior qui se sont exilés aux États-Unis... 404.

En plus de 331 autres des mêmes niveaux qui ont choisi d’aller jouer ailleurs au Canada, comme Maddox Dagenais qui est allé évoluer dans la ligue privée multimillionnaire de l’Ontario. Au total, ça fait 735 talents partis en exode en un an seulement.

Alors, que faire pour contrer l’exode? Le statu quo n’est absolument pas une option, pas plus que de rénover notre hockey par en dedans. Il faut mettre la hache dans notre système en entier et le rebâtir au gout et aux valeurs d’aujourd’hui. Des valeurs d’éducation, d’enseignement et de développement de l’humain autant que du joueur de hockey.

Cette conclusion est la mienne, et non celle de Simon Richard. Mais je le remercie de me permettre de vous partager le fruit de ses recherches. Et merci à monsieur le Sénateur, Serge Savard, pour l’inspiration d’hier matin au golf Pinegrove...

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