51e État: «La plus importante menace à la souveraineté canadienne que l’on ait connue», soulève Yasmine Abdelfadel
TVA Nouvelles
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Il faut que les dirigeants canadiens prennent les menaces d’annexion de Donald Trump au sérieux et ils doivent se préparer avant qu’il ne soit trop tard, avancent les panélistes à l’émission La Joute, vendredi soir.
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«Il s’agit de la plus importante menace à la souveraineté canadienne que l’on ait connue à ce jour», constate la chroniqueuse Yasmine Abdelfadel.
Cette idée de faire du Canada le 51e État américain lancée par le président américain semblait au départ une blague, mais voilà que cette plaisanterie ne cesse de se matérialiser.
Le New York Times révélait aujourd’hui que le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, aurait même discuté avec le ministre des Finances, Dominic LeBlanc, en vue de redessiner l’accord de 1908 portant sur la répartition des Grands Lacs.
«La volonté de M. Trump et de son administration, elle est sérieuse. Ils veulent annexer le Canada», mentionne Mme Abdelfadel. «Mon inquiétude, c’est que l’on continue simplement de dire que ça ne va pas arriver, mais qu’on ne va rien faire pour préparer une éventuelle volonté plus ferme [de la part des États-Unis].»
«On n’est pas habitués, nous, contrairement à d’autres pays, [à] connaître des menaces à notre souveraineté. Donc, on n’a pas les réflexes aiguisés», poursuit-elle. «Et c’est bien ma crainte que l’on continue de balayer ça sous le tapis en disant qu’ils [les Américains] vont oublier ça.»
Et ce sont en effet des menaces qui sont «très graves», soutient Rodolphe Husny.
«C’est extrêmement, extrêmement préoccupant», renchérit-il. «Écoutez, si c’est ça, c’est le même argument que la Russie qui dit [...]: “L’Ukraine, c’était à nous, puis maintenant, on revient”. Bien, eux [les Américains], ils disent: “Oui, oui, c’est ça, 1908, ça ne compte pas. On redescend, puis on reprend ça”. C’est quoi, le Canada?»
Marc-André Leclerc croit, quant à lui, que le gouvernement nous doit plus de transparence dans ce dossier, puisque de simplement dire que ces menaces sont des blagues ne suffit plus.
«Pourquoi on apprend ça dans le New York Times aujourd’hui? Pourquoi le gouvernement fédéral ne nous a pas fait état de la situation?» demande-t-il.
«Quand [Justin Trudeau] a mangé du pain de viande à Mar-a-Lago un week-end avec M. Trump et son équipe, on nous a dit: “Non, le 51e État, ça nous [est] apparu comme une blague”», paraphrase-t-il. «Là c’est une blague, mais après ça, c’est rendu que ça se fait dire sur des appels, mais à la suite des deux appels du 3 février qui est la journée où on a eu une pause dans la première menace des tarifs, M. Trudeau, là, il n’a pas fait de point de presse. On ne l’a pas vu par après. Pourquoi on ne nous a pas dit ces informations-là? Pourquoi on ne joue pas franc jeu [avec nous] actuellement?»
Voyez le segment de La Joute dans la vidéo ci-haut.