400 matchs de suite pour Suzuki: l’employé de rêve de toute entreprise

Jonathan Bernier
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Si Nick Suzuki travaillait sur des quarts de travail dans une usine ou sur un chantier, il ferait la joie de son employeur. Le fournisseur de l’assurance collective de la compagnie serait également aux anges.
Samedi, le capitaine du Canadien a disputé le 400e match de sa carrière. Quatre cents de suite. Sans jamais en rater un seul depuis son tout premier, en Caroline, le 3 octobre 2019.
Parmi les joueurs actifs, cette séquence le place au troisième rang derrière les 870 matchs de Brent Burns et les 481 de Ryan Suter.

«Ça démontre l’engagement de Nick et comment il prend soin de lui, a indiqué Martin St-Louis. Ne pas rater de match, ce n’est pas facile. En plus des blessures, tu peux être malade.»
«Qu’il n’ait pas subi de blessure majeure, c’est plutôt impressionnant, a déclaré Arber Xhekaj, qui est déjà passé sous le bistouri à quelques occasions. C’est un joueur intelligent qui ne se fait jamais écraser et qui ne se place jamais en position vulnérable.»
Rarement à 100%
Bien sûr, on est loin du record de 1064 de Phil Kessel. Et de l’ancienne marque de 964 que Doug Jarvis, qui n’a jamais raté un match, a détenu pendant près de 35 ans.
Toutefois, il faut reconnaître que Kessel n’était pas du genre à donner des coups de patin inutilement ni à se pointer le nez dans la circulation. Quant à Jarvis, l’époque à laquelle il a joué (de 1975 à 1987) est à cent lieues de l’époque actuelle.
«C’est une ligue très exigeante. Mentalement, mais physiquement aussi, a soutenu l’entraîneur-chef du Canadien. Il y a plus de possibilités de se faire blesser aujourd’hui parce que la ligue est plus rapide. La vitesse amène plus d’accidents. Tu dois savoir ce qu’il y a autour de toi.»
Sans compter que la lourdeur d’un calendrier de 82 matchs, avec les entraînements, les déplacements et le peu de repos que ça implique, constitue elle-même un grand facteur de risques.
«Tu arrives au camp gonflé à bloc. Mais aussitôt que la saison commence, tu n’es plus à 100%, a mentionné Xhekaj. Ce n’est pas long que tu as mal aux hanches et mal dans le dos.»
Une place à ne pas perdre
St-Louis a déjà lui-même été un homme de fer. Pendant cinq saisons consécutives, il n’a raté aucune rencontre. Ce qui lui a permis de disputer 499 matchs de suite.
Contrairement à Jarvis, qui a été cédé dans les mineures, à Karl Alzner, qui a visité la passerelle après 622 matchs de suite, ou à Andrew Cogliano, qui a vu sa séquence s’arrêter à 830 rencontres en raison d’une suspension, c’est une blessure relativement grave qui a stoppé l’ancienne vedette du Lightning.
«Pendant l’entraînement matinal du 500e match, j’ai reçu une rondelle dans un œil. Je ne portais pas de visière à l’époque. J’ai raté trois ou quatre matchs. Je suis revenu au jeu avec une grille. Ce qui m’a amené, par la suite, à porter une visière», a raconté St-Louis, dont la vision ne s’est jamais complètement rétablie.
Évidemment, au cours de ces 499 matchs, il lui est arrivé de jouer en dépit de blessures. Comme c’est assurément le cas pour Suzuki.
«Je ne connais pas le seuil de douleur de Nick, mais si tu joues seulement quand tu es à 100%, tu ne joueras pas beaucoup de matchs», a souligné le Lavallois.
«Pour ma part, je détestais rater des matchs. J’avais tout le temps peur que quelqu’un vienne voler ma place», a-t-il ajouté.
Avec le début de carrière plutôt précaire que St-Louis avait connu, on peut le comprendre d’avoir développé cette phobie.