Forum ONU: 40 milliards de dollars pour les droits des femmes, menacés de recul
Agence France Presse
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Le «Forum génération égalité» de l'ONU a débouché mercredi à Paris sur l'annonce de 40 milliards de dollars d'engagements pour promouvoir les droits des femmes, face aux «forces conservatrices» qui remettent en cause les acquis, a souligné le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.
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«Des femmes qui voulaient simplement être libres de conduire, qui revendiquent simplement de ne pas porter un voile, ou d'avorter, sont menacées», a déploré le président Macron, évoquant un «vent mauvais» de «forces patriarcales» en ouvrant ce Forum devant un parterre de dirigeants politiques, de militantes et de représentants de la société civile.
Par visioconférence, la vice-présidente américaine Kamala Harris a déclaré que «pour défendre la démocratie, nous devons lutter pour l'égalité hommes-femmes».
La pandémie a touché les femmes
Tous ont aussi souligné que la pandémie de COVID-19 avait particulièrement touché les femmes et contribué à un recul de leurs droits, qu'il s'agisse de la déscolarisation des filles, d'une hausse du nombre de femmes tombées dans la pauvreté, ou des violences conjugales pendant les confinements.
Organisé à Paris et en ligne, le «Forum génération égalité» vise à obtenir des «engagements concrets» des États, mais aussi des organisations de la société civile ou de philanthropes.
Il doit aboutir à un «plan mondial d'accélération» vers l'égalité, autour de plusieurs thématiques comme les violences envers les femmes, le droit à disposer de son corps, l'éducation des filles ou encore l'égalité économique.
Soucieux d'éviter que les participants ne fassent de «beaux discours» non suivis d'effets, les organisateurs de l'événement ont «mis un ticket d'entrée, en disant: ''Si vous voulez participer au Forum, il faut que vous preniez un engagement concret et ambitieux, qui sera transparent, connu de tous''», a expliqué Delphine O, ambassadrice et secrétaire générale du Forum.
Des ONG féministes prévoient se faire entendre
Plusieurs ONG féministes ont prévu de se faire entendre. L'organisation de lutte contre la pauvreté Oxfam a ainsi plaidé, en amont de l'événement, pour que la France mette en place un «plan de relance féministe» et donne ainsi une impulsion qui servirait d'exemple à d'autres États.
Il faut pour cela «promouvoir des politiques publiques qui déchargent les femmes du travail domestique», revaloriser les salaires des métiers à prédominance féminine, conditionner l'attribution de fonds publics au respect de l'égalité dans le monde du travail, ou encore «augmenter significativement» l'aide au développement dédiée à l'égalité, selon Oxfam.
Tous les États du monde devraient «allouer 0,1% de leur PIB à la lutte contre les violences basées sur le genre», a expliqué lors d'un point de presse Marie Véron, du «Collectif générations féministes», qui a lancé une campagne intitulée «Stop Talking, Start Funding» («assez de paroles, de l'argent!).
«Les féministes du monde entier ont le regard tourné vers Paris et Emmanuel Macron», et attendent «des engagements financiers», a-t-elle insisté.
40 milliards de dollars
Les États, organisations internationales, fondations et entreprises privées rassemblés à Paris ont annoncé un total de 40 milliards de dollars de nouveaux investissements. Cette somme comprend 17 milliards en provenance des États, environ 10 milliards de la Banque mondiale et 2,1 milliards de la fondation de Bill et Melinda Gates, a précisé ONU Femmes.
La fondation Ford va débloquer 420 millions de dollars, notamment pour financer des programmes de lutte contre la «violence fondée sur le genre».
En France, la fondation Kering de l'homme d'affaires François-Henri Pinault a annoncé qu'elle débloquerait 5 millions d'euros sur les cinq ans à venir pour cofinancer la l'ouverture de 15 nouvelles structures d'accueil pour femmes victimes de violences, sur le modèle de la «Maison des femmes» de Saint-Denis, en banlieue parisienne.