Tous les résultats
Publicité

Claire Jacques célèbre ses 40 ans de carrière

Elle écrit son spectacle solo

Patrick Delisle-Crevier

2026-02-19T11:00:00Z

Partager

La comédienne roule sa bosse depuis quatre décennies. Formée à la dure au Théâtre des Variétés, aux côtés de Gilles Latulippe, elle a marqué le petit écran dans L’Auberge du chien noir, District 31 et surtout Unité 9, où son rôle de Solange l’a révélée au grand public. Récemment récompensée d’un Gémeaux pour La maison des folles, elle prépare désormais son premier spectacle solo.

• À lire aussi: «Les enfants de la télé»: ému, le public réagit en grand nombre au spécial «L’auberge du chien noir»

• À lire aussi: Les comédiens de «L’auberge du chien noir» réunis, et ça fera plaisir aux nostalgiques de la série

• À lire aussi: «Omertà» célèbre ses 30 ans: 10 faits à savoir sur la série culte

Claire, comment ont été les dernières années pour vous?

Je dois avouer que c’est une bien drôle d’année pour moi. D’abord parce que je ne pensais jamais me rendre à 40 ans de carrière. Moi, je croyais que ça ne durerait que quelques années, puis que je devrais me trouver un boulot normal. Cette année, je consacre beaucoup d’énergie à la création, parce que j’ai du temps. En 2023, je voulais sortir mon one woman show pour souligner mes 40 ans, mais j’ai été trop occupée. Ç’a été ma plus grosse année en carrière, avec les tournages de quatre séries et une comédie musicale. Ça n’arrêtait pas. Cette année, je tourne dans la prochaine saison de la série Passez au salon, puis je vais me consacrer à l’écriture de mon spectacle solo.

Publicité

Quel bilan tracez-vous de ce parcours?

C’est tout sauf ce que je m’étais imaginé! Je pensais que je serais cantonnée à une seule chose et que je devrais m’y faire. Quand j’ai commencé, en 1985, on m’a dit que j’aurais à choisir entre l’humour, l’improvisation et le jeu. À cette époque, peu de gens faisaient plusieurs choses, mais j’ai toujours refusé de choisir. Finalement, tout ce que j’ai essayé m’a amenée ailleurs. J’ai un peu une carrière en dents de requin: les requins ont trois rangées de dents, et quand une dent branle dans la rangée la plus importante, une autre la remplace tout de suite. Ma carrière est un peu comme ça. J’ai eu droit à une mosaïque d’expériences extraordinaires. J’ai même travaillé pour le Cirque du Soleil. Tout ça fait en sorte que je suis tellement reconnaissante des beaux projets qui se présentent à moi, encore aujourd’hui. Je suis aussi fière d’avoir pu faire des comédies musicales. Dernièrement, j’étais sur scène dans La famille Addams, puis j’ai été dans Mary Poppins et dans Footloose. Faire de la comédie musicale, c’est ce que je préfère.

Vous dites souvent que vous ne «rentrez pas dans les cases». Pourquoi?

D’abord, je n’ai suivi aucune formation dans une école de théâtre. Je suis arrivée en passant par l’humour, dans Les Lundis des Ha! Ha!. Ç’a toujours été comme ça pour moi, j’ai eu une carrière un peu atypique. Parfois, on m’invitait à prendre part à certains projets. À d’autres moments, je manifestais mon intérêt et ça fonctionnait.

Publicité

Il arrive pourtant que le métier soit ingrat, notamment pour les rôles épisodiques...

Oui, ce métier-là est parfois merveilleux, parfois très dur. Par exemple, j’ai joué dans la saison 1 de la série Bon matin, Chuck. On m’avait dit que je serais de la deuxième saison s’il y en avait une, et que mon personnage prendrait de l’importance. Puis, plus de nouvelles. Finalement, j’ai su ce matin, par l’entremise d’une annonce publique, que la deuxième saison était confirmée et que je n’en serais pas. Ce que je dénonce un peu là-dedans, c’est la manière dont les choses se font. Je comprends que des décisions se prennent dans le processus de création, je n’ai aucun trouble avec ça. Mais là où j’ai un problème, c’est quand on ne prend pas la peine d’avertir les gens concernés. Des fois, juste un petit message sur Messenger suffit. C’est ce que je trouve frustrant. Je trouve que nous, les acteurs, on est parfois considérés comme des numéros. Mais c’est comme ça, les choses se passent rapidement et on se retrouve avec des deuils à faire. Heureusement, un beau projet se pointe toujours au bout d’une telle déception...

Votre Gémeaux pour La Maison des folles a-t-il été une sorte de consécration?

Ça faisait 38 ans que je faisais ce métier, donc c’était une belle tape dans le dos. Je ne pensais pas que j’en avais besoin, mais ça a fait du bien. C’est comme si mes pairs me disaient: «C’est à ton tour, ma Claire». J’ai repensé à mon rôle de Solange, dans Unité 9, qui a été mon école de la télé. Ç’a été une expérience extraordinaire, qui m’a préparée à jouer mon rôle suivant dans La maison des folles. Je dois beaucoup à Unité 9, qui prenait parfois des gens très peu connus pour un rôle. C’est ce qui a changé les choses pour moi ensuite. Je me souviens qu’avant l’audition, pour me mettre dans la peau de mon personnage, je ne m’étais pas lavée ni brossé les dents pendant trois jours, et que j’étais arrivée vêtue de vieux vêtements. Finalement, j’ai eu le rôle. Il devait être épisodique, mais mon personnage est revenu par la suite dans la dernière saison.

Publicité

Auriez-vous aimé jouir d’une notoriété à la Guylaine Tremblay?

C’est certain que oui, mais je n’ai pas de frustration, car j’ai quand même été gâtée côté rôles. J’ai commencé à faire du cinéma en 2021 et j’ai tourné un autre film cet été. Mais c’est sûr qu’entre Guylaine Tremblay et moi, il y a un Grand Canyon; il suffit de dire son prénom et tout le monde sait de qui on parle. C’est une femme que j’admire beaucoup. On a commencé nos carrières en même temps. La seule chose que je regrette, c’est de n’avoir jamais été invitée à participer à des jeux-questionnaires ou sur de grands plateaux de télévision. Je me manifeste chaque année, mais on me répond toujours que je ne suis pas assez connue. Ça me chagrine de ne pas avoir accès à ces choses-là. Je n’ai pas eu de rôles significatifs qui ont duré assez longtemps pour que je devienne un visage connu du public. En même temps, je ne veux pas absolument être une vedette, je veux juste continuer de gagner ma vie et, peut-être, être invitée à des jeux-questionnaires télévisés de temps en temps. C’est la cerise qui manque à mon gâteau.

On ne sait rien de Claire Jacques, la femme. Quel genre de personne êtes-vous dans la vie de tous les jours?

Ma vie personnelle n’est pas très compliquée: j’ai été avec le même homme pendant 21 ans, et cette relation s’est soldée par un divorce pas évident. Je n’ai pas d’enfant et je suis célibataire pour le moment. La vie à deux me manque. Je ne pense pas être faite pour vivre seule, mais je ne suis pas malheureuse non plus, même si ce n’est pas la façon dont j’avais prévu vieillir. Heureusement, j’ai mes amis et ma famille.

Publicité

Vous avez déjà évoqué un «immense deuil» par rapport à la maternité...

Oui, et cet immense deuil n’est pas vraiment fait à ce jour. Je pense que j’aurai ce désir inassouvi en moi toute ma vie. Mais, sur des plateaux, j’ai rencontré quelques comédiens et comédiennes envers lesquels j’ai un attachement particulier, et, d’une certaine façon, ça comble la fibre maternelle en moi. Je vais toujours être là pour eux et ils le savent.

Qu’est-ce qui s’en vient pour vous?

On peut me voir dans la série La dernière communion. Je suis aussi dans la série Hotel Beyrouth, et j’ai mes chroniques à l’émission La victoire de l’amour. Sinon, je travaille à l’écriture de mon premier one woman show, qui aura pour titre Corne de brume. La corne de brume est un instrument dont les navigateurs se servent pour s’orienter quand il y a de la brume. Ce titre dit tout...

À voir aussi:

Publicité
Publicité