Les caquistes ont des idées de pont derrière la tête dans le cadre de la résurrection possible du troisième lien Québec-Lévis, annoncée au lendemain de la volée subie dans Jean-Talon. À force de revirements, François Legault a par contre probablement perdu le lien qu’il avait créé avec les gens de Québec.
Selon nos informations, différentes possibilités de pont, permettant le passage du transport lourd, seront réexaminées par le gouvernement.
Par exemple, un scénario implique un pont à partir du secteur du chemin des Iles à Lévis, puis un court tunnel du côté nord qui permettrait d'atteindre le boulevard Charest.
Le gouvernement possède une esquisse, sans être prêt à présenter quoi que ce soit.
Par contre, dans la famille caquiste, des élus qui supportent l’idée d’un troisième lien estiment que cet emplacement n’est pas le plus judicieux, la circulation étant déjà dense à cette hauteur, sur la Rive-Sud.
Nos sources insistent, il n’est pas question que la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, se peinture dans un coin avec un projet précis à court terme, l’idée étant d’abord de consulter la population.
Mais assurément, le transport de marchandises fait vieillir prématurément le pont Pierre-Laporte.
La ministre se retrouve au moins avec de nouvelles possibilités dans son jeu.
Le projet de tunnel uniquement consacré au transport en commun, lui, était rejeté par 62% de la population de la grande région de Québec, selon un sondage Léger mené en août dernier.
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«Je vais retourner devant la population pour dire, qu’est-ce que je peux faire pour avoir davantage votre appui», a avoué candidement François Legault dans son point de presse d’anthologie, mardi.
Rarement a-t-on vu pareille expression d’une motivation à se faire réélire coûte que coûte.
La suite avait des allures de désastre de communication, alors que les autres membres du gouvernement n’avaient pas été mis au parfum.
Caucus pas si houleux
François Legault a commencé la réunion du caucus de mercredi soir en s’expliquant.
Il s’est défendu d’avoir improvisé sa sortie.
Selon lui, puisqu’il avait exprimé la nécessité d’une réflexion pour regagner la confiance des gens de Québec le soir de la défaite, les questions sur le troisième lien devenaient inévitables et il valait mieux prendre les devants.
«Il a dit qu’il aurait pu envoyer une note à tout le monde, mais il ne voulait pas que ça s’ébruite», nous dit un élu, admettant que ce qui a déplu à certains, c’est d’avoir été tenu dans l’ignorance.
La réunion ne s’est pas transformée en séance de défoulement pour autant, selon nos sources.
«En fait, ça nous ressemble plus d’écouter la population, même s’il y a un recul, que d’avoir tiré la plogue sur le troisième lien routier», résume un membre de la députation, qui craint un effet domino vers d’autres régions, si «ça ne marche plus à Québec».
«Personne ne parle du PQ malgré leur victoire», signale un autre, selon qui le repositionnement en vaut la chandelle, convaincu qu’un projet de pont moins coûteux et plus rapide à construire est déjà dans les cartons.
Il faudrait que la CAQ se branche très rapidement.
Si un projet n’est pas significativement mis sur les rails, François Legault se retrouverait à promettre un pont à la campagne électorale de 2026, après avoir mené les campagnes de 2018 et de 2022 sur un troisième lien routier qu’il a pourtant ensuite enterré.
Qui sera prêt à le croire?
Et comment pourrait-il être crédible sur les besoins d’une nouvelle infrastructure, après avoir affirmé, bien que ce soit faux, que la circulation avait diminué de moitié aux heures de pointe entre Québec et Lévis au sortir de la pandémie?
