3 ans après avoir annulé sa tournée, Peter MacLeod se demande s’il retournera sur scène

Érick Rémy
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Il habite une maison aux allures de chalet luxueux au bord de l’eau. Tout dans son environnement indique qu’il profite de la vie: sur son grand balcon, il a installé un brûleur, un foyer extérieur, des sacs de granules et de l’équipement de plein air. Dans la maisonnée, plein d’animaux, de luminosité et de paix! En novembre 2021, Peter MacLeod a stoppé net ce qui devait être sa sixième tournée. Depuis ce temps, il se demande s’il y reviendra un jour.
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Si je n’ai toujours pas fait de shows, ce n’est pas parce que j’en serais physiquement incapable, c’est un choix pour ma santé mentale. J’élabore constamment des idées avec mon producteur, Éric Young, et l’auteur Louis-Philippe Rivard. Si je revenais, j’aimerais que ça soit dans un concept unique, avec un calendrier pas trop chargé qui ferait en sorte que j’aurais du plaisir sur scène», explique le populaire humoriste et animateur.
En novembre 2021, à quelques semaines de reprendre la route à travers le Québec avec son équipe de tournée et son nouveau spectacle, Zen en kilt, Peter MacLeod a levé le drapeau rouge. «Avec le recul, je suis persuadé que ç’a été la meilleure décision. Contrairement à ce que beaucoup ont pensé, je n’ai pas fait un burn-out; c’était de l’anxiété de performance. J’ai vu des humoristes frapper le mur, devant moi. L’un d’eux, que je ne nommerai pas, avait même fait son numéro et, en sortant de scène, ne se rappelait plus qu’il y était monté. J’ai arrêté avant que ça ne m’arrive. J’ai découvert d’où venait la source de mon anxiété. Ça m’a aussi permis de m’occuper du sentiment de culpabilité qui m’habitait depuis l’enfance. Ça allait aussi loin que lorsque je n’amenais pas mon chien avec moi dans mon camion. (rires)»

Ses 30 ans de carrière, près d’un million de billets vendus, la possession de bébelles, les voyages, les conquêtes, l’argent et la célébrité, rien n’avait réussi à le rendre entièrement heureux. «La réponse est rarement dans le présent, mais souvent dans le passé. Je ressentais un vide que j’avais tenté de combler par la consommation matérielle et en travaillant sept jours par semaine. Durant ce temps-là, je n’y pensais pas. Mais la vie est bien faite: elle te ramène toujours là où tu dois t’en occuper. Dans mon cas, c’était relationnel. Tous mes amis, souvent depuis des décennies, étaient en couple. Inconsciemment, j’en rêvais moi aussi, mais je n’avais pas les outils. Je me suis aperçu que je souffrais de la blessure de l’abandon. Aussitôt que j’étais en couple et que cette personne me demandait où je nous voyais dans un an, je me sentais pris au piège. C’était le début de la fin. Je préférais abandonner plutôt qu’être abandonné», avoue Peter. Depuis plus de deux ans, il est en couple avec Karine, une femme de 47 ans autonome et indépendante dans tous les domaines de sa vie.
Rendu à l’heure des bilans et des choix à venir, regrette-t-il de ne pas avoir eu d’enfant? «Non. Pour moi, ça équivaudrait à me demander combien d’argent j’aurais en banque si je n’avais pas acheté telle ou telle chose. J’en connais qui, parce qu’ils avaient plein de problèmes personnels, ont été incapables de donner à leurs enfants ce dont ils auraient eu besoin. Je trouve ça encore plus triste. Ma copine a un fils de 21 ans. Lui et moi avons des conversations incroyables. Je l’aime tellement!»
Une autre chance
Dire qu’il y a 11 ans, Peter a bien failli ne jamais goûter à ce simple bonheur. En septembre 2013, son hydravion était entré en collision avec un autre, en plein vol. «Quand j’ai compris que j’allais m’écraser, j’ai tout fait pour sauver ma peau. Bien d’autres pilotes auraient préféré amortir leur chute par l’arrière de l’avion, mais pas moi. En poussant sur le manche à balai et en voyant les arbres où j’allais m’écraser, j’étais zen et n’avais qu’une pensée: “Wow! Quelle belle vie j’ai eue!” J’acceptais de mourir. Je n’ai pas subi de choc post-traumatique. Le plus dur, après l’accident, ç’a été de réaliser qu’il me fallait continuer à vivre», confie celui qui, depuis, n’a jamais cessé de s’adonner à sa passion de l’aviation.
Au-delà de sa capacité à nous faire rire, il n’hésite aussi jamais à nous faire réfléchir. Sa façon de voir et de vivre sa vie se retrouve d’ailleurs dans son récit personnel, L’homme de ma vie (2019). «Jamais je n’aurais imaginé que mes écrits feraient l’objet d’un tel ouvrage. Ce sont des gens autour de moi qui, en lisant mes textes, m’ont incité à les publier sous la forme d’un livre.»
Il n’est pas que prolifique, il est aussi authentique. Au cours des dernières années, Peter s’est même invité dans nos cuisines avec sa gamme de produits Pete Authentique: pizzas, pâtés, entrées, saucisses, sauces à spaghetti, bouillons à fondue, huiles, bières, et même un four à pizza. «J’ai eu plein d’autres compagnies. J’ai investi dans des terrains et je viens de commencer à faire de l’immobilier. Je m’amuse comme un enfant. Je veux essayer plein d’affaires. Maintenant, avec ce que j’ai appris, je mets mes énergies à de meilleurs endroits.»
Qu’envie-t-il à son chien Happy — un border colley de 11 ans — et à ses cinq chats — Conrad, 10 ans, Scott, 9 ans, Margot Taylor, 5 ans, Beth, 13 mois, et Gordy, 1 an? «Pendant que tu cours comme un innocent, eux restent couchés. Ils se réveillent, s’étirent, te regardent dans les yeux et se recouchent. Si je pouvais me réincarner, c’est ça que je choisirais! (rires)»
Écoutez Peter MacLeod à Midi Fun qu’il coanime avec Julie Boulanger et Pierre Pagé, diffusée en semaine dès 11 h 25, sur les ondes d’Énergie.