Pandémie: 22 000 constats d’infraction pour non-respect du couvre-feu

Agence QMI
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Tandis que l’efficacité du couvre-feu pour freiner la pandémie n’a pas été prouvée, les effets néfastes de celui-ci ont été observés : en une année, près de la moitié des constats émis par la police l’ont été pour non-respect du couvre-feu.
Parmi les 46 563 constats émis entre le 21 septembre 2020 et le 3 octobre 2021, plus de 22 000 l'étaient pour non-respect du couvre-feu, lequel a été en vigueur entre le 9 janvier et 28 mai 2021.
« L’approche punitive a alimenté des pratiques policières discriminatoires et abusives comme le profilage racial et social, l’interpellation et la judiciarisation, sans pour autant freiner la propagation du virus! » a expliqué via communiqué vendredi, Catherine Descoteaux, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés (LDL)..
«Le couvre-feu constitue une mesure liberticide dont l’efficacité scientifique n’a pas été prouvée pour réduire la transmission de la COVID-19 alors qu’au contraire, on sait pertinemment qu’il a eu des effets néfastes disproportionnés sur plusieurs populations marginalisées », a déclaré Mme Descoteaux.
Pour la LDL, la crise sanitaire n’est pas une raison pour avoir recours à ces pratiques, citant l’exemple de la Colombie-Britannique. La province aurait choisi des moyens différents que le Québec, avec «un discours fondé sur la compassion et l’empathie plutôt que le blâme».
Le rapport de l’Observatoire des profilages (ODP) sur lequel s'appuie la LDL, a par ailleurs révélé que Montréal est la région où le taux de remise de constats d’infraction COVID est le plus élevé.
« En considérant le montant faramineux des amendes qui sont associées aux constats d’infraction, il devient évident que cette répression a eu des effets préjudiciables pour les personnes à statut précaire ou marginalisées», a déploré la coordonnatrice.
En effet, les montants par constat seraient de l’ordre de 1 000 $ à 6 000 $ sans compter les frais additionnels.
«Rappelons-nous aussi que ce climat répressif a été renforcé par des appels publics à la délation, ce qui a nécessairement eu pour effet d’aggraver la stigmatisation de ces populations», a ajouté Mme Descoteaux.
En décembre 2021, la Santé publique de Montréal avait émis un avis défavorable sur l’utilisation du couvre-feu pour gérer la pandémie. Celui-ci a cependant été instauré durant quelques semaines en début d’année.