2 nouvelles grèves en novembre: la STM devrait-elle rembourser ses usagers?


Genevieve Abran
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La Société de transport de Montréal (STM) pourrait-elle imiter le Réseau de transport de la Capitale (RTC) et indemniser ses usagers qui ont été privés de services à cause de grèves? Une majorité de Montréalais le réclame, mais est-ce vraiment possible?
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Qu'est-ce que propose le RTC?
Le RTC offre un dédommagement à ses usagers pour les cinq journées de grève du personnel d’entretien survenues au printemps et à l’été.
Les utilisateurs qui avaient payé pour un laissez-passer mensuel, une carte de session ou un titre FestiBUS peuvent remplir un formulaire en ligne avant le 17 décembre prochain.
La STM pourrait-elle faire pareil?
Un tel scénario est difficilement envisageable dans la métropole, estime la professeure associée au Département d'études urbaines et touristiques de l’UQAM, Florence Junca-Adenot.
«C’est une bonne idée, mais dans l’opérationnalisation, c’est plus complexe qu’il ne parait. Vous avez beaucoup de personnes qui prennent la passe mensuelle pour la zone ABC ou la zone ABCD», souligne celle qui est également porte-parole de l’Alliance TRANSIT pour le financement des transports collectifs.
«La STM, si elle embarquait dans une opération de remboursement, elle rembourserait qui, quoi et jusqu’où?.»
À cause d’une telle opération de remboursement, la STM risquerait aussi «frapper un mur financier», prévient Mme Junca-Adenot.
Surtout que les temps sont déjà durs pour la société de transport.
«On est dans une phase qui est très difficile où il y a des coupures gouvernementales en matière de contribution au transport collectif, mais aussi de l’entretien des infrastructures», précise la professeure.
«C’est certain que s’ils acceptent de rembourser, ils vont devoir couper ailleurs», souligne pour sa part le co-directeur général et porte-parole de Trajectoire Québec, Philippe Jacques.
Que dit l’ARTM?
L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui est responsable de la tarification des titres de la STM, ne prévoit pas dédommager les usagers.
«Nous encourageons tout le monde à consulter l’horaire de service réduit durant la période de grève à la STM, dès qu’il sera disponible, et à sélectionner le titre qui correspondra le mieux à leurs besoins en matière de transport durant cette période», suggère l’organisation par courriel.
Sachez aussi qu’il est possible de se faire rembourser un titre mensuel ou hebdomadaire acheté en prévision du mois de novembre. Il faut en faire la demande avant le 1er novembre ou dans les six jours suivants l’achat.
Quels impacts sur l’utilisation du transport en commun?
Les grèves répétées des employés de la STM pourraient inciter des usagers à prendre leur voiture et à délaisser le transport en commun pour de bon, s’inquiète Florence Junca-Adenot.
«S’il y a toujours des menaces de grève, les gens vont hésiter à prendre un titre mensuel, vont peut-être y aller avec des billets à l’unité. Ça va être moins un automatisme de prendre l’autobus et le métro si j’ai à payer chaque fois plutôt qu’un titre mensuel», mentionne pour sa part Philippe Jacques de Trajectoire Québec.
«On veut que les gens utilisent le transport collectif, on veut retrouver les chiffres d’avant pandémie. C’est certain que ça envoie le mauvais message au niveau de l’achalandage et de l’intérêt à utiliser la STM s’il y a régulièrement des grèves», poursuit-il.
«Le transport collectif, c’est un service essentiel dont dépend un très grand nombre de personnes pour aller travailler, pour aller étudier. Ce sont les plus dépendants, les plus pauvres qui vont être affectés le plus», rappelle finalement Florence Junca-Adenot.
Qu’en pensent les Montréalais?
Pas moins de 80% des Montréalais croient que les détenteurs d’un titre de transport mensuel ou annuel devraient être indemnisés pour compenser la baisse des services pendant les grèves, révèle un sondage du groupe Transport Research at McGill.
Quelles sont les grèves à venir à Montréal?
Une troisième grève des employés d’entretien est prévue du 31 octobre au 28 novembre.
Les chauffeurs d’autobus et opérateurs de métro prévoient pour leur part de débrayer les 1er, 15 et 16 novembre prochains.