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18 vies sacrifiées en combattant la COVID

Illustrations Élisabeth Simard
2021-03-13T10:08:15Z

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Après un an de pandémie, 10 526 Québécois sont morts de la COVID-19, dont 18 vaillants travailleurs de la santé et des services sociaux qui ont combattu inlassablement le coronavirus au péril de leur vie.     

  • Écoutez la journaliste Nora Lamontagne ici   

Le Journal est parvenu à mettre un nom et un visage sur 14 d’entre eux afin de leur rendre hommage comme il se doit. 

L’histoire de ces hommes et de ces femmes fait ressortir les risques énormes auxquels ils ont été confrontés en temps de pandémie, et leur courage.

« Ils savaient que c’était dangereux, meurtrier, mais ils n’ont pas été se cacher », nous rappelle Nino Rosine, dont le mari préposé aux bénéficiaires, Charles Yonkeu Ndjiya, a été fauché par la maladie. 

Malgré tous nos efforts, il a été impossible de retrouver 4 des 18 travailleurs de la santé décédés de la COVID-19 inclus dans le sombre bilan de l’Institut national de santé publique du Québec.

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Les préposés surreprésentés  

Chose certaine, au moins 10 préposés aux bénéficiaires en sont morts, victimes collatérales de l’hécatombe dans nos CHSLD. 

« Oscar [Anibal Rodriguez] a donné sa vie pour aider les aînés québécois », illustre Christian--- Robledo, grand ami d’un Argentin qui s’était reconverti en préposé grâce au programme de formation accélérée. 

Comme lui, 11 des 14 soignants que nous avons retrouvés sont nés à l’étranger. 

Plusieurs accomplissaient leurs tâches avec la crainte d’attraper le virus, nous ont rapporté des proches, qui témoignaient parfois pour la première fois. 

Sans un au revoir  

Pour ajouter à la tragédie, la plupart sont décédés sans que leurs proches aient pu leur faire leurs adieux. 

« Je suis allé porter Stéphanie [Tessier] à l’hôpital de Lachute un samedi et je ne l’ai plus revue vivante », confie Kevin McCarthy, dont la conjointe est la plus jeune victime connue parmi ces travailleurs de la santé. 

Elle n’avait que 31 ans, et la vie devant elle. 

D’autres, comme Jean Rigaud Fontaine, 72 ans, ou Ezra Jeffrey, 71 ans, repoussaient leur retraite tant ils se sentaient utiles et appréciés.

Plusieurs d’entre eux étaient en si bonne santé que leurs proches étaient convaincus qu’ils guériraient en moins de deux. 

« Pour nous, c’était clair que Sam [Laguerre] allait sortir des soins intensifs tout de suite », se rappelle Thomas Lalime, qui a 44 ans, le même âge que son ami qui y a laissé sa peau. 

Leur absence laisse un vide immense. 

Rose Martine, qui a perdu son mari 56 jours après leur union, en sait quelque chose.

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Arno également. Du haut de ses 4 ans, il s’ennuie de sa maman, Laurence Ménard, qui avait décidé toute seule de tomber enceinte de lui. 

Oséna Charles et Nino Rosine, dorénavant seules à la tête d’une famille nombreuse, aussi.

Voici donc les portraits de nos « anges gardiens », accompagnés d’aquarelles d’Élisabeth Simard, pour commémorer leur sacrifice. 

Un ultime coup de main à ses collègues lui est fatal 

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Un préposé aux bénéficiaires de 71 ans, qui avait retardé l’heure de la retraite pour épauler ses collègues, a passé un mois hospitalisé à se battre contre le virus avant d’y succomber. 

Il reportait sans cesse sa retraite 

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La COVID-19 a fauché la vie d’un travailleur de la santé de 72 ans qui repoussait sans cesse sa retraite tant il adorait son boulot.

Gentil géant terrassé par la COVID 

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Un informaticien argentin qui avait suivi la formation accélérée pour se reconvertir en préposé aux bénéficiaires est mort de la COVID-19 pendant les Fêtes, en voulant redonner à sa province d’adoption.

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Décédé 56 jours après son mariage 

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Le coronavirus a arraché la vie d’un père de trois enfants qui travaillait comme adjoint administratif dans un CHSLD, moins de deux mois après son mariage.

Fuir la guerre pour mourir au combat ici 

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Un préposé aux bénéficiaires aux urgences ayant fui la guerre du Vietnam avec les boat people est finalement mort au combat contre la COVID-19 au Québec.

Emportée par la COVID-19 avant sa mère centenaire 

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Une préposée aux bénéficiaires dévouée qui veillait aussi sur sa mère de 106 ans est décédée de la COVID-19 chez elle en mai dernier.

La mémoire d’un médecin honorée 

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Un médecin mort de la COVID-19 au Québec était si apprécié que ses pairs ont créé en son nom un prix universitaire qui reflète son souci pour la santé des plus vulnérables.

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Il répondait toujours présent  

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Un dévoué préposé aux bénéficiaires qui cumulait les « doubles » est mort du coronavirus après avoir partagé son temps entre cinq établissements, dont deux en éclosion.  

Elle est partie trop tôt à 31 ans 

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Stéphanie Tessier serait, à 31 ans, la plus jeune soignante décédée de la COVID-19, qu’elle aurait attrapée... cinq jours après son retour d’un arrêt de travail.

Vaillant demandeur d’asile foudroyé 

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Un demandeur d’asile haïtien, arrivé au Canada par le rang Roxham en 2017 et devenu préposé aux bénéficiaires pour subvenir aux besoins de sa famille, est mort terrassé par la COVID sans avoir osé consulter un médecin.

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Le coronavirus fait un petit orphelin d’à peine 4 ans 

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Une technicienne en travail social monoparentale de 33 ans, attitrée à des résidences pour aînés, a succombé au coronavirus avant de pouvoir célébrer le quatrième anniversaire de son fils.

Elle était aussi dévouée à ses fils qu’à ses patients 

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La COVID a arraché la vie d’une préposée aux bénéficiaires d’origine philippine qui ne comptait pas les heures supplémentaires pour envoyer ses garçons à l’université.

Un préposé fier de ses racines acadiennes 

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Un préposé aux bénéficiaires fier de ses racines acadiennes, employé dans un CHSLD de l’Outaouais, a perdu la vie durant la première vague de la pandémie.

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Calme, douce et patiente 

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Marina Thenor Louis, 45 ans, prenait soin de personnes sourdes et aveugles au CHSLD Cartierville, à Montréal, depuis une douzaine d’années. 

Pour ne pas les oublier non plus 

Le Journal a multiplié les démarches pour retrouver les 18 travailleurs de la santé qui ont payé de leur vie le combat contre le coronavirus. Il a néanmoins été impossible de retracer quatre d’entre eux. Malgré nos nombreux essais pour contacter famille, amis et collègues des défunts, certains ont préféré ne pas répondre ou souhaitaient vivre leur deuil en paix, ce que nous avons respecté. Il nous apparaissait toutefois important de les inclure afin que leur mort ne passe pas sous silence. 

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