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110e Tour de France: des frissons devant le paysage

Photo Jean-François Racine
Photo portrait de Jean-François Racine

Jean-François Racine

2023-07-06T14:13:07Z

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TARBES | La 6e journée sur le Tour de France a véritablement commencé en apercevant une affiche bien spéciale sur l’autoroute 64, vers Tarbes.

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Foix 155.  

Pour les néophytes, cet énoncé ne veut peut-être rien dire, mais pour les amateurs du Tour de France, Foix était la 16e étape l’an dernier. Le 19 juillet 2022, entre Carcassonne et Foix. Pas de frissons ni d’émotions encore?  

Hugo Houle, premier Québécois à remporter une étape. Vainqueur en solitaire le doigt pointé vers le ciel pour son frère décédé.  

Photo Jean-François Racine
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Bon, nous sommes loin mais les Pyrénées forgent les légendes. J’ai aussitôt envoyé un message texte à Hugo. Sa réponse fut l’inverse de la mienne: «On n’est pas loin». En pleine préparation dans le bus de l’équipe, Houle n’a pas abusé des mots mais il sait que ce site a changé sa vie, du moins sa carrière sportive. 

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À Lourdes

Au petit matin, nous étions à Lourdes, au pied des Pyrénées. Un endroit connu dans le monde entier pour le sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, lieu de pèlerinage catholique. Chaque année, des millions de personnes visitent la grotte de Massabielle, où la Vierge Marie serait apparue à une jeune fille en 1858. Je n’ai pas de frissons devant le tourisme religieux, mais la paix et le réconfort se ressentent. 

Photo Jean-François Racine
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Au départ à Tarbes, nous sommes tombés par hasard sur François-Olivier Hamel, un voisin de mon quartier d’enfance, à Saint-Augustin. En voyage en solitaire, il a gravi le Tourmalet jeudi et il voulait saluer Hugo Houle, qui a gentiment pris le temps comme toujours. 

Les frissons ont commencé sur le trajet d’une quarantaine de kilomètres vers Tarbes alors que nous avons vraiment découvert les Hautes-Pyrénées pour la première fois, celle parfois impossible à oublier. 

Vers Cauterets

À Soulom, à 17 kilomètres de l’arrivée au sommet à Cauterets-Cambasque, la fête a commencé. 

Ce que les téléspectateurs ne voient pas à l’écran, c’est la manière dont cette foule si dense et si folle parvient à envahir la montagne. Une incroyable procession.  

En véhicule récréatif, à vélo, à pied, en navettes organisées, peu importe mais la route est fermée longtemps à l’avance. Pas pour nous. L’insertion sur le parcours est autorisée à 17 km, avec le badge de voiture hors course. 

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Photo Jean-François Racine
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Le temps est superbe. Une journée parfaite pour profiter du moment. Ma bécane me manque. 

Tout près, Miguel Indurain, idole de mon adolescence au Club cycliste Sainte-Foy, a déjà gagné au plateau de Cambasque, qui n’est pas au même endroit.  

L’ascension est de 16 kilomètres à 5,4%, mais nous pouvons grimper les lacets des 10 premiers kilomètres pour atteindre la salle de presse sous un chapiteau, à l’Esplanade des Œufs. Les noms sont toujours amusants. 

Photo Jean-François Racine
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Les vitres baissées, nous encourageons les cyclistes amateurs en sueur. Avec drapeaux et pyrotechnie, le public se prépare au passage des professionnels plusieurs heures plus tard. Le paysage est époustouflant.  

En 2022, nous avions assisté à la victoire de Tadej Pogacar à La Super Planche des Belles Filles, un sommet du massif des Vosges. En tout respect pour la Haute-Saône, la comparaison m’apparaît boîteuse même si les goûts restent dans la nature. Les cailloux ou les pâturages? 

Côté gastronomie, Cauterets a peut-être lancé un défi aux villages précédents. L’accueil est renversant. 

Des choix déchirants

Pour le volet sportif, l’accès à l’arrivée est permis en covoiturage, mais les autocars des équipes sont à notre niveau. Après avoir enfilé une veste, les coureurs redescendront les 5,5 kilomètres à vélo.  

S’il faut choisir, le meilleur plan sera possiblement d’aller marcher un ou deux kilomètres parmi les spectateurs un peu réchauffés pour se donner quelques frissons de plus.  

Les télécabines du Lys sont ouvertes pour monter s’émerveiller davantage au col d’Ilhéou mais le temps va manquer.  

Au moment d’écrire ces lignes, Wout van Aert mène un groupe d’une dizaine de coureurs qui possède environ quatre minutes d’avance dans le Tourmalet. Le travail sérieux va commencer. Pour eux d’abord, pour nous ensuite. 

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