Mairie de Québec: voici 10 moments clés qui ont marqué la campagne
Tramway, sondages, débats : plusieurs faits saillants ont jalonné les dernières semaines
Stéphanie Martin, Dominique Lelièvre et Taïeb Moalla
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Après 52 jours d’une campagne allongée d’une semaine en raison de la pandémie, les chefs et les partis arrivent maintenant à la ligne d’arrivée. Retour sur un parcours marqué par quelques soubresauts.
1) 22 SEPTEMBRE : MARCHAND OUVRE LA PORTE À UNE REDEVANCE LE LONG DU TRAMWAY

Bruno Marchand connaît sa première tempête en répondant en conférence de presse qu’il pourrait étudier la possibilité d’imposer une redevance pour compenser l’augmentation de la valeur des propriétés le long du futur tramway de Québec.
Ses adversaires tentent de lui apposer des étiquettes négatives, comme « marchand de taxes ». Il reconnaît le lendemain s’être « mal exprimé » et précise que cette éventuelle redevance ne toucherait pas les propriétaires actuels, comme il l’avait laissé entendre, mais uniquement les promoteurs de nouveaux projets immobiliers d’importance.
Il plaide que cela permettrait de financer le tramway autrement qu’en pigeant dans les poches des citoyens. Cet épisode le suivra néanmoins pendant deux semaines.
2) 24 SEPTEMBRE : UNE PREMIÈRE HISTORIQUE

Pour la première fois dans l’histoire de Québec, cinq partis présentent une équipe complète de candidats lors d’une élection municipale. Les formations Québec 21, Équipe Marie-Josée Savard, Québec Forte et Fière et Transition Québec ont toutes complété leur équipe pour la date du lancement de la campagne, le 17 septembre. Pour Démocratie Québec, il aura fallu quelques jours de plus. Mais en date du 24, chacun des partis avait en lice un candidat à la mairie et 21 candidats aux postes de conseillers municipaux. La campagne durera 52 jours, une semaine de plus que d’habitude, en raison de la pandémie.
3) 4 OCTOBRE : QUÉBEC 21 CONSERVE SON CLIMATOSCEPTIQUE

Le Journal révèle que le candidat Claude Duplessis, qui brigue un poste de conseiller municipal pour l’équipe de Jean-François Gosselin, a tenu des propos climatosceptiques sur les réseaux sociaux. Il juge que l’être humain a peu d’emprise sur le climat, que l’ONU est infiltrée par Greenpeace et que la jeune militante écologiste suédoise, Greta Thunberg, est « instrumentalisée par les gens ».
Le candidat, ingénieur géologue, conseille M. Gosselin sur son projet de métro souterrain. Malgré la controverse, le chef a choisi de conserver le candidat dans son équipe, affirmant que « les écrits ont pu dépasser la pensée de Claude. C’est un homme très coloré ».
4) 13 OCTOBRE : GOSSELIN OUVRE LA PORTE À UN 4e LIEN, PUIS LA REFERME

Lors d’une conférence de presse, Jean-François Gosselin propose sa vision pour le transport entre Québec et Lévis et affirme qu’il faut deux nouveaux liens : un tunnel pour les bus entre les deux centres-villes et un autre lien autoroutier interrives, à l’est, que ce soit un pont ou un tunnel. Critiqué de toutes parts par ses adversaires politiques, le chef de Québec 21 recule dès le lendemain, affirmant qu’il s’était mal exprimé. La question du troisième lien rebondira plus tard, alors que le gouvernement Legault annonce qu’il abandonne la sortie du tunnel dans le quartier Saint-Roch, ce qui n’apaise pas complètement les inquiétudes des opposants.
5) 20 OCTOBRE : UN DÉBAT DIFFICILE POUR MARIE-JOSÉE SAVARD
Lors du premier débat télévisé de la campagne, la dauphine de Régis Labeaume est la cible de toutes les attaques, et est mise dans les câbles sur les questions du traitement des employés municipaux et du patrimoine.
De plus, elle trébuche lors du quiz sur les questions de connaissances générales sur la Ville, se trompant sur le montant de la dette, sur la masse salariale et sur le coût d’un billet d’autobus. Elle récolte le score de 4 sur 10, alors que les quatre autres candidats ont tous obtenu 7 ou plus.
Admettant que cette bourde lui « collera à la peau », Mme Savard affirme qu’on ne choisit pas une mairesse selon un quiz. Elle est néanmoins talonnée par ses adversaires qui qualifient cette performance d’« inquiétante ».
6) 21 OCTOBRE : DES « CACHETTES » SUR L’INSERTION DU TRAMWAY ET LA COUPE D’ARBRES

Lors d’un débat à l’Université Laval, les candidats à la mairie exigent de Marie-Josée Savard et de l’administration Labeaume qu’elles divulguent les informations fournies au ministère de l’Environnement concernant les scénarios d’insertion du tramway sur le boulevard René-Lévesque. Le refus déclenche des attaques continues et des accusations de faire des « cachettes » sur cet enjeu. Le Journal dévoile que le scénario qui semble être privilégié prévoit d’importantes restrictions aux automobilistes. Après une semaine, la Ville convoque finalement les journalistes pour confirmer les informations et ajouter que 1584 arbres seront coupés tout au long du parcours du tramway.
7) 28 OCTOBRE : UN CANDIDAT ÉJECTÉ

Le Journal révèle que Bertrand de l’Epinay, candidat de Démocratie Québec (DQ) dans le district du Plateau, cumule au moins 25 billets d’infraction impayés depuis 2011, totalisant plus de 10 000 $. En août 2020, ce dernier a également reçu un constat pour avoir injurié un agent de police de Québec.
« J’ai eu des laisser-aller, certes, mais c’est réglé », mentionne-t-il lorsqu’il est confronté à ces faits. Ces explications ne convainquent pas le chef du parti, Jean Rousseau, qui expulse carrément son candidat en assurant ne pas vouloir « cautionner de tels comportements ».
8) 28 OCTOBRE : DEUXIÈME SONDAGE
En juin, un premier sondage Le Journal/Léger annonçait une course à trois entre Marie-Josée Savard (29 %), François Gosselin (18 %), et le nouveau venu Bruno Marchand (13 %). Quelques jours avant le vote par anticipation, un deuxième sondage Le Journal/Léger révèle que Bruno Marchand est en forte remontée dans les intentions de vote, ayant augmenté de neuf points ses appuis depuis le mois de juin, alors que ses adversaires font du surplace.
Sur le plan de l’image, le chef de Québec Forte et Fière est celui qui est le mieux perçu au sein de la population. Marie-Josée Savard conserve son avance à 31 %, mais les indécis fondent et la course à trois se resserre, avec Jean-François Gosselin à 22 %. Jean Rousseau et Jackie Smith restent en queue de peloton, malgré leurs bonnes performances lors des débats.
9) 28 OCTOBRE : UN TRAMWAY À 4 MILLIARDS $
Une autre révélation du Journal retient particulièrement l’attention. On apprend que le tramway coûtera finalement près de 4 milliards $, soit 600 millions $ de plus que prévu à cause des retards, de l’inflation et des modifications au mégaprojet. Attaquée de toutes parts et accusée de « cachotteries », Marie-Josée Savard jure n’avoir « jamais vu ce chiffre-là ». Elle soutient qu’il s’agit d’une simple estimation et que les coûts réels ne seront connus qu’au moment de la signature du contrat avec le consortium choisi.
10) 3 NOVEMBRE : UN CHEF SUR LA DÉFENSIVE
La dernière semaine de campagne est marquée par des sorties pour le moins mouvementées du chef de Québec 21, Jean-François Gosselin. Celui-ci a d’abord exposé sur une table de nombreux documents apparemment déjà publics et portant essentiellement sur le tramway, affirmant qu’il s’agissait des études utilisées pour concevoir son projet de métro léger. Il en a cependant empêché la consultation par les médias, arguant qu’il demandait à ses adversaires de faire la même chose pour leur projet de tramway. Le lendemain, il a convoqué les journalistes pour leur présenter des personnalités qui l’appuient, mais a refusé de répondre à leurs questions, du jamais-vu dans cette campagne électorale pour un chef de parti. Finalement, le jour suivant, dans une autre conférence de presse convoquée par M. Gosselin, son chef de cabinet Richard Côté est sorti de sa réserve habituelle pour s’en prendre aux médias, les accusant de vouloir « détruire » le projet de métro. Ce qui a fait dire à ses adversaires que le chef de Québec 21 est « en mode panique ».