Un champion sans bague de la Coupe Stanley


Marc de Foy
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Brendan Gallagher n’aura pas joué au bon moment avec le Canadien pour que l’on grave son nom sur la coupe Stanley. Comme Carey Price, Andrei Markov, Tomas Plekanec et Saku Koivu avant lui. N’empêche, il aura joué avec l’âme d’un champion.
Pendant 14 saisons, il a sué sang et eau pour le CH. Pour reprendre l’expression consacrée, il donnait tout pour le logo sur le devant de son chandail et non pour le nom qui figurait derrière. Il a laissé ses tripes sur la glace.
Certains diront que Martin St-Louis aurait dû lui donner une chance de revenir dans la formation dans la série contre les Hurricanes.
Peut-être que oui.
Aurait-il pu insuffler de la fougue à ses coéquipiers, comme il l’avait fait lorsqu’il a été utilisé au premier tour contre le Lightning ?
Peut-être que oui.
Assez pour permettre aux siens de renverser les Hurricanes ?
Non.
Sans faire référence à Gallagher, c’est ce que Jeff Gorton et Kent Hughes sont venus nous dire lors de leur bilan de fin de saison. Leur formation ne faisait pas le poids face à l’équipe qui représentera l’Association de l’Est en finale.
On l’a tous vu.
Deux exploits
Que le Canadien se soit rendu à cette étape relève de l’exploit. Que ceux qui l’avaient prédit m’envoient la preuve contresignée par au moins un témoin crédible. Même Kent Hughes ne visualisait pas une telle saison avant que la barrière ne se mette en mouvement, en octobre dernier.
« Si tu m’avais dit au début de la saison qu’on finirait avec 106 points et qu’on se rendrait en finale d’association, je ne t’aurais pas cru », a-t-il dit à un confrère journaliste.
Ça a le mérite d’être honnête.
Mais le public en voudra plus la saison prochaine.
Après avoir goûté à un amuse-gueule l’an dernier et à un repas assez copieux cette année, les amateurs voudront le repas gastronomique l’an prochain, c’est-à-dire deux entrées, un repas gargantuesque, un dessert royal, le tout accompagné de bonnes bouteilles de vin finement choisies.
Est-ce que ce sera trop demandé ?
Tout dépendra des ingrédients que Hughes réussira à ajouter dans ses plats cet été. Ces éléments, tous les directeurs généraux de salon que nous sommes les connaissent.
On en a parlé toute la saison.
McDavid ? Du calme !
Dans le cas d’un deuxième centre, le sujet alimente les conversations depuis l’an dernier. Sauf que pour la première fois, peut-être, Hughes a de la bonne monnaie d’échange.
Encore là, il ne devra pas déshabiller son équipe pour en habiller une autre. Dans les réseaux sociaux, plusieurs ont déjà lancé la « Loto-McDavid » en affirmant que Montréal se trouve sur la courte liste des villes où le plus grand joueur de la planète serait prêt à poursuivre sa carrière.
Aussi bien vous le dire tout de suite, ça coûterait au moins un bras et une jambe. Vaudrait peut-être mieux baisser vos attentes.
Mais, au bout du compte, il y a lieu d’être optimiste.
Depuis que les dirigeants du Canadien ont décidé de procéder à une refonte en profondeur de ses effectifs il y a quatre ans, l’équipe a fait un bond de 38 points au classement, dont 30 au cours des deux dernières années. Ce n’est quand même pas rien.
L’avenir est dans le futur !