«C’est un enfant»: Zharovsky a besoin d’au moins une autre année, plaide son entraîneur Viktor Kozlov


Nicolas Cloutier
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Pendant qu’à Montréal ils croisent les doigts pour qu’Alexander Zharovsky soit libéré par miracle par son club en Russie, Viktor Kozlov ne vit pas du tout dans le même monde. L’entraîneur-chef du Salavat Ioulaïev d’Oufa craint la guigne de la deuxième année pour son jeune attaquant.
« Pour les jeunes, la deuxième saison est souvent plus difficile, prévient l’ex-ailier des Panthers de la Floride au téléphone. Ils pensent que tout sera pareil et ils arrêtent de travailler. »
Le message est lancé.
« Tout va dépendre de son été d’entraînement. Je lui ai dit de ne pas être satisfait de son niveau actuel. Je crois qu’il n’est pas assez stupide pour merder (“to f*ck it up”)», rigole le sympathique homme de hockey.
Kozlov dit ne pas avoir eu de discussions avec le Canadien. En fait, la question le laisse un peu incrédule.
« On ne travaillait pas avec lui pour Montréal, mais parce qu’il pouvait nous aider cette saison et que l’on pense qu’il peut nous aider la saison prochaine, précise notre interlocuteur. On pense qu’il peut nous aider s’il fait la bonne chose cet été. C’est ce qui me préoccupe réellement.
« Dans mon livre à moi, il a besoin d’au moins une autre année. »
On met l’accent, ici, sur « au moins ».

Lever de la fonte
L’affirmation de Kozlov en sous-entend deux autres : il ne croit pas que Zharovsky est prêt pour la Ligue nationale et il n’est pas 100 % sûr qu’il le sera dans un an.
Plusieurs recruteurs s’émerveillent devant le potentiel de Zharovsky et se demandent bien comment il a pu être disponible au 34e rang du repêchage de 2025. Avec 42 points, il a établi le record pour un joueur de moins de 19 ans dans la KHL. Mais le potentiel de Zharovsky et sa maturité physique sont deux choses entièrement différentes.
On veut qu’il lève de la fonte. Qu’il fasse pousser ses troncs d’arbre, ses jambes de hockeyeur.
Qu’il « transforme son corps de junior en charpente pro ».
« C’est un enfant dans une ligue d’hommes, a illustré Kozlov. Il continue de progresser, d’apprendre. »
Les dernières séries ont été un apprentissage, justement, pour Zharovsky, limité à deux aides en 10 rencontres.
C’est surtout contre le Lokomotiv de Iaroslavl, dirigé par Bob Hartley, qu’il en a arraché. Il a été blanchi en quatre matchs dans cette série de deuxième tour et il n’a pas su s’imposer physiquement.
« Cette équipe est grosse et puissante, justifie Kozlov. C’est pour ça qu’il est important de gagner ses batailles. Il était correct contre les autres clubs, mais quand on joue contre les puissances de la ligue, il doit être un peu mieux. »
Kozlov marque une pause et se reprend.
« Non, en fait, il peut être beaucoup mieux. »
Avant de juger que le ton de l’entraîneur est sévère, rappelez-vous une chose : Kozlov est un ancien sixième choix au total du repêchage qui a mis du temps avant de prendre son erre d’aller dans la LNH.
Il sait très bien ce qu’il fait.
« Je crois en lui, affirme Kozlov. Mais c’est lui qui a la réponse. »

Situation différente
Après Michael Hage, Zharovsky, c’est l’autre espoir très attendu à Montréal. Et comme le SKA Saint-Pétersbourg avait accepté de libérer Ivan Demidov plus tôt, il y aura toujours cet espoir que le club d’Oufa en fasse autant.
« Il a un contrat pour l’an prochain. Toute décision sur son avenir sera prise à la conclusion de son entente », indique le directeur général d’Oufa, Rinat Bashirov, dans une déclaration relayée par le relationniste du club à TVA Sports.
Une différence majeure dans le cas de Zharovsky par rapport à celui de Demidov : le longiligne attaquant a encore une année complète de contrat à écouler dans la KHL.
Demidov, de son côté, avait fini sa saison avec le SKA quand on lui a donné la permission de quitter. Cette permission a été accordée deux mois plus tôt qu’espéré, soit le 8 avril 2025 alors que son contrat prenait officiellement fin le 31 mai dans la KHL.
Matvei Michkov a, lui, été libéré deux ans plus tôt par le SKA pour rejoindre les Flyers de Philadelphie, où il a immédiatement obtenu de grosses minutes.
« La direction prendra une décision avec vous, les gens en Amérique du Nord, à la fin de la saison prochaine, lance Kozlov au bout du fil. En ce moment, le Canadien a une bonne et jeune équipe. “Zharo” devra travailler deux fois plus fort pour se tailler une place. »

Avec ou sans Kuznetsov ?
Le club d’Oufa semble voué à des jours meilleurs après avoir traversé une sérieuse crise financière qui a notamment mené à la résiliation du contrat de Josh Leivo et à la vente de Sasha Chmelevski à l’Ak Bars de Kazan.
Le groupe de propriétaires pourra déterminer son budget lorsque quelques dossiers en suspens seront réglés.
On ne sait toujours pas si les futurs joueurs autonomes Evgeny Kuznetsov et Sheldon Rempal retourneront avec Oufa.
« Tu ne peux pas jouer tant que tu ne connais pas tes cartes », image Kozlov.
D’après l’agent de Kuznetsov, Shumi Babaev, des négociations préliminaires ont commencé avec le club. « De bonnes chances qu’il reste », assure-t-il à TVA Sports.
Même s’il a jumelé Zharovsky et Kuznetsov à quelques occasions cette saison, Kozlov avait quelques réticences vis-à-vis de ce duo.
« Quand tu joues avec Kuzy, tu dois lui donner la rondelle, et c’est ce que j’aime moins, explique l’entraîneur. Je n’aime pas que “Zhar” commence à moins en faire [puisqu’il s’en remet à Kuznetsov]. Ça vient avec une pression supplémentaire quand tu joues avec un nom connu de la sorte. »