Les preneurs aux livres ne respectent pas le CH... ont-ils raison?

Wilson Salaun
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À première vue, la série opposant le Canadien de Montréal au Lightning de Tampa Bay s’annonce comme l’une des plus équilibrées du premier tour éliminatoire dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Or, ce n’est pas nécessairement l’avis des preneurs aux livres, qui placent les hommes de Jon Cooper nettement favoris face à ceux de Martin St-Louis.
Avant l’ultime match du calendrier régulier des « Bolts », mercredi soir, les deux équipes étaient au coude à coude au classement général. Le Lightning est assuré de terminer cinquième, tandis que le Tricolore sera sixième, quoi qu’il arrive d’ici la fin des activités dans le circuit Bettman.
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En revanche, les différents sites de paris sportifs ne donnent pas cher de la peau du Tricolore. En date du 15 avril, vous empocherez 1,35 fois votre mise si vous pariez sur une victoire du Lightning, contre 3,30 fois si vous décidez de faire confiance aux Montréalais.
Aucune des trois autres séries de première ronde dans l’Association de l’Est ne présente un tel écart dans les cotes offertes aux amateurs de paris sportifs.
Mais alors, comment expliquer une telle différence ? Nous avons tenté d’y répondre, chiffres à l’appui.
Force contre force
Si l’on regarde les statistiques de plus près, le Canadien devance légèrement Tampa Bay au chapitre des buts marqués (3,51 contre 3,40) et en avantage numérique (23,1 % contre 21 %). Les Floridiens, eux, dominent nettement le CH pour ce qui est des buts accordés (2,78 contre 3,06) et du désavantage numérique (82,7 % contre 78,2 %).
Sur le plan individuel, Montréal peut compter sur un joueur de 101 points en Nick Suzuki, un buteur de 50 filets en Cole Caufield et un défenseur de 78 points en Lane Hutson. La formation québécoise compte d’ailleurs cinq joueurs de plus de 60 points (Suzuki, Caufield, Hutson, Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov), un sommet dans la LNH en 2025-2026.
Du côté du Lightning, Nikita Kucherov a amassé 130 points jusqu’à maintenant, tandis que Jake Guentzel (88 points), Brandon Hagel (74 points) et Darren Raddysh (70 points) complètent le groupe de joueurs ayant franchi le plateau des 60 points cette saison.
Devant le filet, le Lightning détient sans équivoque un avantage marqué. Si Jakub Dobes a été excellent en fin de saison pour le CH, Andrei Vasilevskiy demeure l’un des meilleurs gardiens du circuit, sinon le meilleur. Il présente d’ailleurs la deuxième meilleure moyenne de buts alloués (2,31) parmi les gardiens ayant débuté au moins 25 matchs cette saison.
Ce qui pourrait toutefois rassurer les partisans du Tricolore, c’est que le Russe de 31 ans a connu des difficultés en séries au cours des trois dernières années, n’ayant jamais affiché un taux d’efficacité supérieur à ,897 depuis 2023.
Sur papier, on devrait donc assister à une bataille féroce pour accéder au deuxième tour : les deux clubs ont leurs forces et leurs faiblesses, même si Tampa Bay semble offrir un meilleur équilibre, notamment en défense. Et comme le veut le vieil adage, ce sont les défenses qui remportent des championnats.
Une inexpérience qui fait mal
Mais si les défenses remportent des championnats, l’expérience aussi. Et à ce chapitre, le Lightning déclasse complètement le Canadien.
En se fiant au nombre de matchs éliminatoires disputés, l’écart est frappant. Les joueurs de Tampa Bay totalisent 1507 matchs en séries, contre seulement 446 pour ceux du Canadien - une différence de 1061 rencontres en faveur de Kucherov et de ses coéquipiers.
Aucun joueur du CH ayant disputé au moins 25 matchs en saison régulière en 2025-2026 n’a joué plus de 100 matchs éliminatoires en carrière. Les plus expérimentés sont Brendan Gallagher (76 matchs), Phillip Danault (62 matchs), Josh Anderson (48 matchs) et Nick Suzuki (37 matchs). Et encore, le valeureux numéro 11 du CH pourrait amorcer la série dans les gradins...
Du côté du Lightning - et accrochez-vous -, quatre joueurs ont disputé plus de 150 matchs de séries : Corey Perry (237 matchs), Ryan McDonagh (196 matchs), Victor Hedman (170 matchs) et Kucherov (152 matchs).
Quant au nombre de coupes Stanley remportées, l’écart est tout aussi frappant. Le Canadien, grâce à Alex Newhook, compte une conquête dans son alignement. Le Lightning, lui, en accumule 20.
Quid des autres séries dans l’Est ? Les Hurricanes de la Caroline possèdent un avantage de 664 matchs d’expérience sur les Sénateurs d’Ottawa, les Bruins de Boston de 323 sur les Sabres de Buffalo, et les Penguins de Pittsburgh de 792 sur les Flyers de Philadelphie. Il convient toutefois de préciser que, dans ce dernier cas, 506 des 1000 matchs d’expérience des « Pens » ont été disputés par Sidney Crosby, Evgeni Malkin et Kristopher Letang.
Et l’avantage de la glace, dans tout ça ?
La série s’amorcera au Benchmark International Arena de Tampa Bay, et l’histoire montre que le Lightning excelle lorsqu’il amorce une série à domicile, avec une fiche de 16-5. Le Canadien, pour sa part, a remporté 26 de ses 62 séries sans l’avantage de la glace.
Tampa Bay est également sorti vainqueur de trois de ses quatre séries face au Tricolore, la plus récente étant la finale de la Coupe Stanley en 2021, remportée en cinq matchs. Le Canadien avait balayé son adversaire en 2014, tandis que le Lightning avait eu le dessus en 2004 et en 2015, cette dernière fois en six rencontres.
En fin de compte, cette panoplie de statistiques montre qu’il est plutôt logique de favoriser le Lightning. Reste maintenant à voir si les preneurs aux livres auront vu juste. Réponse dans quelques semaines...