Euphorie au Centre Bell pour le 50e but de Caufield: On a compris ce que Félix Leclerc voulait dire

Jonathan Bernier
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« Quand il compte, les sourds entendent », a déjà écrit Félix Leclerc à propos de Maurice Richard.
Lorsque la foule s’est levée d’un bond, hurlant sa joie pour célébrer le 50e but de Cole Caufield, on a exactement compris ce que le grand poète voulait dire.
Le niveau de décibel était si élevé qu’on a même eu de la misère à entendre Michel Lacroix confirmer l’exploit du franc-tireur. Et pourtant, l’annonceur maison s’est donné.
À travers cette foule, Paul Caufield applaudissait son fils tout en essuyant ses yeux rougis par l’émotion. On le savait habité d’un immense sentiment de fierté.
Quant au héros lui-même, devenu le septième joueur de l’histoire du Canadien à atteindre ce plateau, il a traversé la patinoire le sourire fendu jusqu’aux oreilles, accompagné de ses principaux complices, Suzuki et Juraj Slafkovsky.
Ce sourire qui fait sa marque de commerce depuis son arrivée avec le Tricolore en avril 2021. Ce sourire qu’il avait perdu sous le poids de l’exploit qui était à sa portée.
D’ailleurs, une fois de retour au banc, après avoir reçu les félicitations de chacun de ses coéquipiers et de ses entraîneurs, on a pu le voir expirer un profond soupir de soulagement.
On l’a vu venir
On dit toujours qu’on apprécie plus ce qu’on met du temps à obtenir. Caufield se souviendra donc longtemps de cette quête aux 50 buts.
Il lui aura fallu quatre matchs étendus sur sept jours pour finalement parvenir à atteindre le mythique plateau.
Le hasard a voulu qu’Andrei Vasilevskiy, qui représente pas mal la crème des hommes masqués de la LNH, concède ce but historique. C’est quand même ironique considérant que Caufield a marqué chacun de ses 50 buts contre un gardien.
Les 21 000 spectateurs présents à l’intérieur du Centre Bell ont vu le jeu se dessiner depuis la ligne bleue du Lightning. Lorsque Nick Suzuki a remis la rondelle à Caufield en entrée de zone, ils ont tous retenu leur souffle. Incluant les journalistes juchés sur la passerelle de presse.
Même si on a un devoir de neutralité, il y a de quoi d’excitant à être témoin d’un événement que Montréal n’avait pas connu depuis Stéphane Richer, en 1990.
L’excitation a atteint son paroxysme lorsque la rondelle a déjoué Vasilevskiy, au-dessus de l’épaule droite.
Ça promet pour les séries
Dès lors, le cours normal des choses pouvait reprendre. Désormais, les joueurs du Tricolore pouvaient se concentrer sur leur principale tâche : tenter de se hisser le plus haut possible au classement de la division Atlantique.
Le hic, c’est que le Lightning avait exactement les mêmes visées. Ce qui a occasionné un match physique au possible que le Canadien a finalement remporté 2 à 1, à l’arraché, grâce au 30e but de la saison de Slafkovsky.
On ne compte plus le nombre de bousculades et d’altercations qui ont suivi les coups de sifflet des officiels. D’ailleurs, ceux-ci en ont souvent eu plein les bras en raison du nombre de joueurs impliqués dans ces escarmouches.
Josh Anderson, qui avait un peu donné le ton à la fin de la dernière confrontation entre les deux équipes, le 31 mars, a remis ça en mettant en échec à peu près tout ce qui bougeait du côté floridien.
Même Nikita Kucherov a fini par pogner les nerfs. Anderson est dans sa forme des séries éliminatoires. C’est bon signe.