Neuf saisons à Edmonton: une expérience à la dure qui a façonné Danny Maciocia sur les plans professionnel et humain


Richard Boutin
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EDMONTON | Malgré une fin très difficile où il a été cloué au pilori, Danny Maciocia estime que son séjour à Edmonton à la barre des Eskimos a été profitable à bien des égards et lui a servi de tremplin pour son grand retour chez les Alouettes de Montréal 19 ans après son départ pour la capitale albertaine.
La présentation du camp d’évaluation de la LCF à Edmonton est l’occasion idéale pour discuter avec le principal intéressé de ses années où il a connu l’ivresse de la victoire avec deux titres de la coupe Grey en 2003 et en 2005, mais aussi où il a vécu un véritable calvaire avant qu’on lui montre la porte de sortie le 31 juillet 2010. Il avait été embauché en 2002 comme coordonnateur offensif.
« Mes années à Edmonton m’ont mis sur la mappe du football professionnel, reconnaît d’emblée Maciocia. Si je n’étais pas venu à Edmonton, il y a de fortes possibilités qu’on ne serait pas ici en train de se parler en ce moment. »
Les Canadiens de la LCF
Maciocia se souvient très bien des discussions qu’il a eues avec le porteur de ballon Mike Pringle et le joueur de ligne offensive Pierre Vercheval avant d’accepter l’offre des Elks. Les deux membres du Temple de la renommée de la LCF qui ont porté les couleurs des Elks tenaient le même discours.
« Ils me disaient que les Eskimos à l’époque équivalaient dans la LCF à ce que les Canadiens représentaient dans la LNH, a raconté le directeur général des Alouettes. Ils me disaient que jamais je n’allais trouver une meilleure équipe pour bâtir ma réputation. Je ne pensais pas que ça me prendrait 19 ans pour revenir avec les Alouettes, mais ça valait la peine. »
« Ce fut toute une école de vie où j’ai beaucoup appris sur le plan professionnel, mais aussi personnel, de poursuivre Maciocia. J’ai plus appris sur moi-même lors des deux dernières années que lorsqu’on gagnait. Ce fut tellement difficile dans les deux dernières années. Les gens d’Edmonton connaissent leur football et tu ne peux pas te cacher. En plus je n’étais pas un gars du coin. Ce n’était pas facile avec la perception qu’ils avaient déjà des Québécois. Cette expérience m’a aidé à bâtir les Carabins de l’Université de Montréal [de 2011 à 2020] et à me préparer pour mon retour avec les Alouettes. »
Un mandat clair
Cet exil dans l’Ouest canadien a été bénéfique. « J’avais besoin de vivre ce type d’expérience pour retourner à la maison. Je suis revenu à Montréal avec beaucoup plus de crédibilité. Je pensais partir pour quelques années seulement. »
En 2020, quand il a été embauché par les Alouettes, Maciocia avait une idée en tête pour éviter que des Québécois ne doivent s’exiler pour vivre de leur passion. « Je voulais que les joueurs, les dirigeants et les entraîneurs qui sont de calibre n’aient pas à quitter le Québec. Je voulais leur offrir une opportunité de gagner leur vie et de connaître du succès à la maison. Les plus jeunes peuvent maintenant s’identifier à ces gens-là. »
En plus de ses deux victoires en trois participations à la Coupe Grey dans le courant de ses neuf saisons où il a occupé le poste de coordonnateur offensif (2002 et 2003), d’entraîneur-chef (de 2005 à 2008) et de directeur général (de 2007 à 2010), Maciocia a vécu de bons moments à l’extérieur du terrain. Sa fille, Alessia, a vu le jour à Edmonton en 2008, il a noué des amitiés avec des gens de la Petite-Italie qui sont devenus une extension de sa famille et il a découvert les beautés des célébrations de l’Action de grâces.
« Pour un Italien du Québec, c’était complètement inconnu. On a maintenu cette tradition à notre retour à Montréal et ma femme cuisine pratiquement pendant deux jours pour accueillir une vingtaine d’invités chaque année. »