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Un nouveau rôle qui va comme un gant à Emmy Fecteau

Emmy Fecteau dans l’uniforme des Sirens de New York.
Emmy Fecteau dans l’uniforme des Sirens de New York. Photo fournie par la LPHF, LAURENT CORBEIL
Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2025-02-16T20:59:55Z

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Ce fut un samedi assez robuste à Montréal, presque aussi robuste que les tempêtes de neige qui s’acharnent sur le Québec depuis quelques jours. Si trois batailles ont éclaté au Centre Bell en soirée, plus tôt, à la Place Bell, une joueuse a frappé tout ce qui bougeait et cette joueuse est Emmy Fecteau!

Je ne vous apprendrai rien. La Victoire a remporté un sixième gain consécutif. Lina Ljungblom a compté deux fois et Marie-Philip Poulin en a marqué un autre. J’y reviendrai dans mon bilan de mi-saison. Parce qu’au-delà des buts marqués, une joueuse a retenu mon attention et elle ne jouait pas pour Montréal.

La Québécoise Emmy Fecteau a reçu une promotion avant le match, soit l’occasion de jouer sur le deuxième trio des Sirens de New York. L’absence de la joueuse étoile Alex Carpenter combinée à une série de défaites a forcé l’entraîneur Greg Fargo à tenter de nouvelles combinaisons et c’est ainsi que Fecteau s’est retrouvée avec Gabby Rosenthal et Paetyn Levis sur le trio numéro 2 de l’équipe. Le 31 janvier, Fecteau avait aussi joué sur une deuxième ligne, cette fois en compagnie d’Abby Roque et Jessie Eldridge, avant de retourner sur le quatrième trio. C’est d’ailleurs l’une des rares fois qu’elle avait joué plus de 10 minutes cette saison.

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Mais samedi, à Laval, cette position dans l’échiquier new-yorkais revêtait une connotation spéciale, puisqu’elle jouait devant parents et amis.

Et Fecteau en a profité au maximum.

Elle a été un vrai bulldozer pour son équipe. En un peu plus de 12 minutes passées sur la patinoire, elle a eu un total de quatre mises en échec, le plus haut total dans son équipe. D’ailleurs, trois de ces collisions ont retenu mon attention.

Envoyer Poulin au cachot

Fecteau a mis en échec la défenseuse montréalaise Amanda Boulier alors que celle-ci tentait d’attraper la rondelle avec sa main, haut dans les airs, afin de la garder dans la zone adverse. La numéro 29 de New York est arrivé de plein fouet, par devant, et a envoyé la numéro 44 de tout son long sur la glace. Une mise en échec tout à fait légale puisque Boulier avait la rondelle, mais qui n’a pas plu à la capitaine de Montréal Marie-Philip Poulin.

Cette dernière a immédiatement répliqué avec un coup d’épaule qui a envoyé Fecteau percuter violemment la bande. Le problème est que Fecteau n’avait pas la rondelle et Poulin a écopé d’une pénalité de deux minutes.

Fecteau s’est immédiatement relevée et une mini échauffourée s’est enclenchée alors que Jennifer Gardiner a elle aussi laissé savoir à Fecteau sa façon de penser avec un gant à la figure.

Si le visage de Poulin laissait comprendre qu’elle n’était pas heureuse du dénouement, celui de Fecteau au banc de son équipe laissait voir une joueuse qui n’allait pas s’en laisser imposer, que ce soit par Marie-Philip Poulin ou une autre.

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Mais le plus important? La mise en échec de Fecteau a permis à son équipe d’obtenir un avantage numérique.

Un effet papillon avec Stacey

Quelques minutes plus tard, au moment où Kristin O’Neill recevait une passe de Cayla Barnes, Fecteau est arrivée un peu par en arrière et a mis en échec KO. C’était sur la ligne de la légalité, mais les officiels n’ont pas sévi. C’est alors que Laura Stacey a voulu venger sa coéquipière en y allant d’un double échec, mais sur la pauvre Sarah Fillier, qui n’avait rien à voir avec tout ça. Elle s’était malencontreusement retrouvée entre Stacey et Fecteau. Réalisant probablement son erreur, Stacey a continué vers Fecteau pour lui asséner un double échec à son tour et une petite poussée supplémentaire.

Puis, la capitaine de New York Micah Zandee-Hart est venue venger la recrue Fillier, qui était retournée au banc en douleur, avec une solide mise en échec légale sur Stacey. L’attaquante de Montréal avait la rondelle, mais était toutefois un peu loin de la bande et elle l’a fortement embrassé, au grand mécontentement de la foule. Stacey a d’ailleurs eu de la difficulté à reprendre son souffle.

Fecteau sur KO, Stacey sur Fillier et Fecteau, Zandee-Hart sur Stacey. Un effet papillon qui a débuté par la mise en échec de la Québécoise.

Pas de retenue contre son idole

Et finalement, en fin de deuxième période, alors que Jennifer Gardiner avait fait le tour du filet adverse avant de remettre la rondelle devant, Fecteau est arrivée en trombe et a vigoureusement frappé Poulin, qui a atterri sur le poteau droit du filet avant de se retrouver les quatre fers en l’air. Un geste qui aurait certes mérité une pénalité compte tenu du fait que Poulin n’avait pas la rondelle, mais que les arbitres ont décidé d’ignorer.

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Poulin a beau être l’idole de Fecteau, cette dernière porte d’ailleurs le numéro 29 en son honneur, la cadette a décidé qu’elle ne se laisserait pas intimider par Poulin. Ou Stacey, ou qui que ce soit.

La prochaine «peste»?

Fecteau était connue comme une joueuse complète dans les rangs universitaires. Une fille qui pouvait autant marquer des buts que de gagner une mise au jeu importante en zone défensive. Une joueuse qui pouvait jouer sur 200 pieds.

Mais puisque les mises en échec ne sont pas permises chez les universitaires, on ne connaissait pas pleinement la facette physique de son jeu.

« C’est une chose que j’adore. J’ai toujours apporté un côté physique à mon jeu. Ç’a aidé de jouer avec les garçons quand j’étais jeune. C’était robuste », avait dit Fecteau à la collègue Mylène Richard plus tôt cette saison.

D’ailleurs en conférence de presse après la rencontre de samedi, Fecteau en a ajouté.

« Je pense que nous avons la chance d’évoluer dans une ligue qui nous permet d’être physiques et nous l’acceptons. À chaque occasion d’être physique, nous y allons à 129 %. »

129%. Difficile de ne pas y voir un lien avec le numéro qu’elle partage avec Poulin. Une petite flèche supplémentaire dans l’après-match, c’est toujours vendeur!

Ce rôle semble faire à Fecteau comme un gant. Est-ce qu’elle aurait trouvé sa vocation? Est-ce que le rôle de peste, ou disons d’agitatrice, c’est ce qu’elle est appelée à devenir dans la LPHF?

Une joueuse qui par ses mises en échec, son énergie, son courage, le fait qu’elle n’a pas froid aux yeux, tente de jouer dans la tête de ses adversaires, tente de les forcer à faire des erreurs ou à prendre des pénalités, dans le but ultime de faire gagner son équipe.

Est-ce qu’Emmy Fecteau va s’inscrire dans la lignée des Darcy Tucker, Claude Lemieux et Matthew Barnaby?

Je ne connais pas encore la réponse, mais pour cet aspect de son jeu dans le match d’hier, je lui donne une note de...29 sur 30!

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