Année sabbatique pour revenir en force pour les Jeux de Milan-Cortina: «Mon corps m’a demandé une pause»


Richard Boutin
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Vainqueur de trois médailles au championnat mondial pour clore sa dernière saison sur les chapeaux de roues, le patineur de vitesse sur longue piste Antoine Gélinas-Beaulieu a néanmoins connu des creux de vague importants qui l’ont incité à prendre une année sabbatique avant de foncer tête première dans les prochains mois afin de réaliser son objectif ultime de gagner une médaille aux Jeux olympiques.
Cette saison 2024 qui a culminé avec une médaille d’or et un record du monde au sprint par équipe; un écu d’argent au départ groupé et une troisième place à la poursuite par équipe ne se sont pas révélés une balade dans le parc pour le patineur de 32 ans qui a dû surmonter des ennuis de santé.

«Le mondial a été riche en exploits, mais j’ai été cloué au lit pendant une semaine à mon retour de Calgary, résume Gélinas-Beaulieu. J’ai vécu des moments difficiles pendant la saison en raison de fortes crises d’asthme. J’ai été malade souvent. Ce fut une décision difficile et très risquée d’arrêter l’année avant les Jeux, mais mon corps m’a demandé une pause. Je n’avais pas beaucoup le choix.»
Décision commune avec son entraîneur
Gélinas-Beaulieu croyait être sur la ligne de départ des sélections en octobre dernier à Québec, mais il a dû renoncer aux deux premières Coupes du monde. «J’ai eu des problèmes de santé à la fin de l’été et je suis revenu à l’entraînement trop vite, raconte-t-il. J’ai fait l’impasse sur les sélections et, d’une décision commune avec mon entraîneur [Muncef Ouardi], on a décidé que j’allais me concentrer sur ma préparation sur les Jeux de Milan-Cortina.
«Parce que j’avais raté plusieurs blocs d’entraînement, je ne voulais pas me brûler en tentant de récupérer pour me qualifier, de poursuivre Gélinas-Beaulieu. J’ai donc oublié les deuxièmes sélections en janvier à Calgary. Ces problèmes physiques ont eu une influence sur ma santé mentale. C’est difficile de voir mes coéquipiers voyager et de regarder les courses à distance, mais il n’y a pas de risque de tomber malade à la maison.»
De retour à l’entraînement en salle et sur la glace à raison d’une à deux séances par semaine, Gélinas-Beaulieu estime qu’il est bien outillé pour retrouver une forme optimale pour les prochaines sélections qui auront lieu en septembre. Les sélections olympiques, elles, se dérouleront à Québec au début janvier.
«Ma santé mentale en a pris un coup»
«Mes problèmes physiques ont fait que ma santé mentale en a pris un coup, confie-t-il, mais je suis bien entouré et c’est la raison pour laquelle je force pour continuer. L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) travaille fort à trouver des solutions pour mes problèmes d’asthme et je consulte un préparateur mental.»
Gélinas-Beaulieu est confiant en l’avenir. «J’en ai eu des difficultés au cours de ma carrière et j’ai toujours tiré quelque chose de ces épreuves pour en sortir grandi. Je vais avoir encore plus d’outils quand je vais me présenter à la ligne de départ.
«Le but est de me présenter dans une bonne forme à l’automne pour me qualifier pour les épreuves de la Coupe du monde. J’ai toujours aimé l’entraînement et retrouver ma forme pour réussir à me qualifier pour les Jeux représente une bonne source de motivation.»
S’il souhaite vivre ces deuxièmes Jeux après ceux de Pékin en 2022, Gélinas-Beaulieu voit beaucoup plus grand. «L’objectif ultime est de remporter une médaille aux Olympiques. Mes meilleures chances sont à la poursuite par équipe et au départ groupé.»