50 ans de carrière: Michel Bergeron profondément ému par un hommage surprise rendu à «JiC»

Jonathan Bernier
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Connaître une carrière de 50 ans, peu importe le domaine, on ne voit pas ça tous les jours. Particulièrement dans le monde du sport, où le roulement de personnel est constant.
C’est le tour de force qu’a réalisé Michel Bergeron, de son embauche au poste d’entraîneur-chef des Draveurs de Trois-Rivières, en 1974, à ses apparitions à l’émission JiC.
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Un demi-siècle de hockey qui a été célébré en grande pompe mercredi soir, justement sur le plateau de JiC. Félix Séguin, Élizabeth Rancourt, Éric Fichaud et Patrick Lalime, ses collègues des dernières années à TVA Sports, ainsi que Rodger Brulotte et le célèbre Ménick, comparses de la première heure, sont venus lui rendre hommage.
«Je suis sans mot. C’est tout un honneur de la part de mes patrons, a lancé le “Tigre” à l’auteur de ces lignes, après coup. J’ai l’impression que j’assiste au film de ma vie.»
Un film qui, soutient-il, n’a pas toujours été tranquille.
«Que ce soit à Trois-Rivières, à Québec ou à New York, je voulais toujours gagner. Et mon plus grand défaut, c’est que j’amenais ça à la maison. Je n’ai jamais été capable de faire une séparation entre l’aréna et la maison. Quand on perdait, les enfants ne parlaient pas.»
Un défaut qu’il attribue à la passion qui l’habitait et à sa crainte de perdre son emploi.
«Coacher, j’aimais tellement ça que, chaque soir, je me disais que, si je voulais garder ma job, il fallait que je gagne.»
Un seul regret... avec les Nordiques
Heureusement pour sa femme Michèle et leurs quatre enfants, les équipes du Montréalais ont gagné plus de matchs qu’elles en ont perdus. Si, bien sûr, on fait exception de son retour derrière le banc des Nordiques, lors de la saison 1989-1990. L’une des pires de l’histoire de la LNH.
D’ailleurs, de ses 50 ans de carrière, l’homme aujourd’hui âgé de 78 ans n’a qu’un seul regret: avoir accepté de revenir derrière le banc de l’équipe qu’il avait dirigée de 1980 à 1987.
«Ça a été la pire décision de ma vie. Il me restait une saison de contrat avec les Rangers. J’aurais pu attendre. Et j’aurais dû attendre. Mais quand les Nordiques m’ont appelé...»
Le «Tigre» n’a pas besoin de compléter sa phrase. On comprend que la passion et son amour pour les Nordiques ont eu le dessus sur la raison.
«Ça faisait trois ans que cette équipe-là était dans les bas-fonds. Ça allait tellement mal que Peter Stastny et Michel Goulet étaient venus me voir dans mon bureau pour me dire je devais leur donner une chance de partir. Comme moi j’avais eu la chance de partir pour New York.»
Vidés de ses meilleurs éléments, les Nordiques ont terminé la saison avec un piètre dossier de 12-61-7. Ce fut la fin de la carrière de coaching de Bergeron, congédié après une seule campagne d’un contrat prévu pour six.
La retraite approche
On dit souvent qu’une porte qui se ferme permet à une autre de s’ouvrir. Approché par CKAC et TVA, Bergeron a fait le saut du côté des médias.
«Je ne connaissais rien là-dedans, le rôle d’analyste. J’étais tellement nerveux au début. Mon vocabulaire n’était pas à point. Je recevais des lettres de l’Office de la langue française. Richard Garneau et Danielle Rainville m’ont beaucoup aidé. Ma femme aussi.»
Trente-quatre ans plus tard, il peut se targuer, avec Yvon Pedneault, d’être le seul à avoir fait complètement le tour du jardin: Radio-Canada, TVA, TQS, RDS, TVA Sports.
Quand on célèbre 50 ans de métier, ça veut dire qu’on est pas mal avancé en âge. Veut veut pas, ça signifie que la retraite approche.
«J’adore encore le hockey, mais j’y pense de plus en plus. Je suis rendu à cette étape-là, a-t-il admis. Deux fois par année, je m’assois avec Louis-Philippe Neveu, mon patron. On parle de ça. J’ai toujours l’impression qu’il me laisse prendre la décision. C’est la même chose à la maison avec ma femme.»
Profitons-en encore pendant que ça dure.
Voyez l’hommage bien spécial rendu à Bergie en intégralité dans la vidéo ci-dessus.