Mathieu Perreault: «Alex Ovechkin, c’est une force de la nature, un surhomme»


Jonathan Bernier
Partager
Si Wayne Gretzky avait son fameux bureau derrière le filet adverse, Alex Ovechkin a aussi le sien: le point de mise en jeu à la droite du gardien. Des 866 buts qu’il a inscrits, la grande majorité l’a été depuis cet endroit.
Comment se fait-il que, même après 19 saisons et 1443 matchs, alors que tout le monde est au courant de cette habitude, il parvienne encore à toucher la cible de façon aussi régulière?
Mathieu Perreault, qui a disputé quatre saisons avec les Capitals, a son opinion là-dessus.

«En plus, ce n’est pas un gars qui vise les coins, rappelle le Drummondvillois. Son tir est tellement puissant. La plupart du temps, elle passe sous le bras du gardien ou à travers ses jambières.»
Aujourd’hui, le Tsar s’économise. Comme les joueurs les plus expérimentés d’une ligue de garage, il ne patine pas pour rien. Mais le jeune Ovechkin, celui pour qui Perreault a été le compagnon sur l’attaque massive, était capable de marquer de plusieurs façons.
«Je l’ai souvent vu déborder les défenseurs pour foncer au filet. À cinq contre cinq, il se mettait souvent le nez dans la circulation pour faire dévier les rondelles, se souvient celui qui a également joué 25 matchs avec le Canadien. C’est une force de la nature, un surhomme.»
Le coup du soulier
Perreault garde de bons souvenirs de ses années passées sur la patinoire avec Ovechkin, «un ailier exigeant». Mais il en garde un encore meilleur en dehors de la glace.
Perreault peut se targuer d’être le seul joueur de l’histoire à avoir réussi à jouer le fameux shoe shine à la vedette russe, un tour qui consiste à appliquer une bonne dose de beurre sur un soulier à l’insu de la victime.
«C’était mon souper des recrues. Scott Hannan, qui était assis à côté de moi, m’a fait signe subtilement. J’ai marché à quatre pattes en dessous de la table jusqu’à lui. Quelques minutes plus tard, quand on a cogné sur nos verres et qu’il s’est rendu compte que c’était lui, il n’était pas content.»
D’autant plus qu’Ovechkin n’était pas chaussé de petits souliers en cuirette.
«C’était des souliers en suède Dolce & Gabbana à 1000$. Je le sais parce qu’il s’est mis à hurler après Marcus Johansson, en pensant que c’était lui, qu’il lui devait 1000$, a raconté Perreault. J’étais content qu’il ne sache pas que ça venait de moi.»
«Moi, j’étais un flo qui arrivait de Drummondville. Je ne savais même pas que ça existait, des souliers à 1000$!» s’esclaffe l’ancien hockeyeur de 36 ans.
On peut comprendre Perreault de s’être senti petit dans ses culottes. Même en souliers de suède, Ovechkin est d’une stature plutôt imposante.