Voici pourquoi Cole Caufield peut espérer atteindre les 50 buts

Jean-Charles Lajoie
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Le plus jeune public s’en soucie moins parce que, pour lui, une Coupe Stanley c’est de la science-fiction. La dernière gagnée au Canada est aussi la dernière gagnée par le Canadien en 1993.
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Moindrement que tu es né à partir de 1990, Lance et Compte, Les Filles de Caleb pis un capitaine du CH avec la coupe Stanley au bout des bras, ça semble tout droit issu d’un monde paranormal.
C’est exactement la même affaire en ce qui a trait à un marqueur de 50 buts œuvrant pour les Glorieux. Le dernier qui en a scoré 50 avec le Canadien, c’est Stéphane Richer lors de la saison 1989-1990 alors que l’énigmatique ailier en avait scoré 51.
Si la Coupe Stanley n’a d’égal que le vaisseau spatial d’E.T. l’extra-terrestre dans l’œil du partisan, un possible scoreur naturel qui atteindra les 50 buts semble en revanche beaucoup plus réel.
Évidemment que le joueur ciblé pour redonner cette noblesse perdue est Cole Caufield.
Caufield a huit buts après neuf matchs. En octobre 89, Stéphane Richer avait seulement inscrit trois buts lors des 10 premiers matchs de la saison. C’est une remarquable poussée de 30 buts lors des 33 derniers matchs qui avaient permis à Richer de soulever le compteur jusqu’à 51 buts.
Plus intéressant encore, c’est le ratio d’efficacité de Caufield. Le diminutif attaquant n’a eu besoin que de 26 tirs au but en neuf rencontres pour en scorer huit, un taux d’efficacité de 30,8%.
Aucun franc-tireur de l’ère moderne n’est parvenu à maintenir plus de 30% de ratio d’efficacité de buts marqués versus les tirs cadrés vers le filet adverse.
Ce taux de Caufield va assurément descendre. En même temps, Cole ne lance que 2,88 fois par match au filet actuellement ce qui est trop peu. La saison dernière, il a atteint le cadre adverse à 314 reprises pour une moyenne de 3,88 tirs par match.
Quoi qu’il ait pu en dire la semaine dernière, Caufield n’avait pas sa touche naturelle à son retour d’une longue absence et d’une opération à l’épaule. Son ratio la saison dernière n’a été que de 8,9%. C’est beaucoup plus proche de Gallagher que de Mike Bossy, mettons.
William Nylander des Leafs, qui a tiré seulement deux fois de plus que Cole la saison dernière, mais qui a maintenu un respectable rendement de 12,7%, a atteint la barre des 40 buts.
Et voici deux autres exemples et points de comparaison intéressants: Zach Hyman des Oilers d’Edmonton a scoré 54 buts à l’aide de seulement 290 tirs l’an dernier, bon pour un ratio plus qu’appréciable de 18,6%. Artemi Panarin des Rangers de New York a raté la barre des 50 par un seul petit but malgré 303 tirs cadrés et 16,2% d’efficacité.
Si Caufield atteint cet objectif et maintient une moyenne de 15% d’efficacité, c’est une saison de 45 buts qui l’attend, avant les impondérables. Ceux-ci sont la qualité des adversaires et l’enjeu des matchs à disputer dans le dernier tiers de la saison, outre évidemment demeurer en bonne santé.
Et si Cole réédite ses 314 tirs de la saison passée et le 18,6% d’efficacité de Zach Hyman, il atteindrait alors 58 buts, à deux du record absolu de toute l’histoire du Canadien qui est de 60 francs buts pile-poil et qui est partagé entre Steve Shutt et le légendaire Guy Lafleur! Il serait aussi au cœur de la lutte pour une première obtention du Trophée Maurice-Richard par un joueur du Canadien, un beau grand rêve.
Plus réalistement, est-ce que Cole peut rêver scorer 40 buts cette saison? Assurément. Il réussirait là ou Max Pacioretty a échoué, arrêtant son compteur à 39 buts en 2013-2014.
Au fait qui est le dernier joueur qui a scoré 40 buts ou mieux avec le Canadien? Vincent Damphousse en 1993-94. Vincent qui est désormais le plus grand oublié du temple de la renommée du hockey encore vivant, une hérésie à corriger sans plus attendre!