Canadien et Islanders: deux philosophies vouées à l’échec

Jean-Charles Lajoie
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Samedi soir, on a eu droit à une collision entre deux équipes aux philosophies opposées.
Il y a 32 équipes dans la Ligue nationale. Les 32 clubs veulent gagner chacun des matchs qu’ils disputent. Mais ils n’empruntent pas tous le même chemin, la même route.
Un exemple décapant nous en a été offert samedi soir: les Islanders et le Canadien. Patrick Roy et Martin St-Louis, Lou Lamoriello et la paire Jeff Gorton & Kent Hughes.
Vendredi, je vous suggérais de regarder attentivement le travail minutieux des Islanders dans leur territoire. Comparé à celui du Canadien, mettons que c’est plus clair et limpide.
Dans les faits, Martin a raison. Son club aurait si bien pu sortir de New York avec deux points, samedi soir, que ce n’aurait pas été un vol.
Les deux clubs ont joué leur propre match et, au bout du compte, ce sont les Islanders qui en sont sortis vainqueurs.
Les Islanders n’ont pas un début de saison fracassant. Ils se maintiennent toutefois en jouant beaucoup de matchs serrés et en arrachant souvent des points bonis au-delà des 60 minutes réglementaires.
Le Canadien n’a pas non plus un début de saison éclatant, loin de là. Le CH est impliqué dans des matchs à hauts pointages, à l’exception du court gain de 1 à 0 contre Toronto en lever de rideau, un gain signé Samuel Montembeault.
La nuance entre les deux équipes qu’on avait sous nos yeux samedi soir se trouve dans la manière. Les deux équipes ont pour objectif de gagner, mais tout est dans la manière.
Et dans la manière, on a l’impression que le CH manque cruellement de structure, est en mode apprentissage des habiletés individuelles, avec ce qu’il faut de lousse offert par le coach afin de s’exprimer comme il se doit.
À l’opposé, les Islanders ont énormément de structure, ils sont méthodiques et de toute évidence leur coach est exigeant dans l’exécution des schémas et dans la responsabilisation de ses joueurs par rapport aux actions sur la glace.
Résumer ça bêtement: samedi soir, j’aurais dit que les Islanders jouaient pour ne pas perdre et que le Canadien jouait pour gagner.
L’objectif est identique: amasser deux points de classement. Le chemin pour y arriver est bien différent.
Maintenant, laquelle des deux formules est la meilleure? Difficile de trancher.
Il y a du bon dans le fait de tenir ses joueurs serrés, de leur demander le sacrifice défensif avant de leur permettre de s’exprimer dans le tiers offensif. Le cas des Islanders est éloquent en ce sens.
D’un autre côté, pour le simple partisan, il y a quelque chose de formidable à voir les jeunes joueurs de talent s’exprimer librement sur la glace, ce qui est le cas du Canadien.
Je pense que les deux méthodes sont toutefois vouées à l’échec. L’échec de l’atteinte de l’objectif d’entrer en séries de fin de saison.
Patrick Roy dirige les Islanders comme Lou Lamoriello aime que ses équipes soient dirigées: avec fermeté et exigence d’un engagement plein et entier. Gagner 0 à moins 1 n’est pas un problème pour le vieux Lou.
Martin St-Louis n’a aucun problème à gagner un match 6 à 5, je pense même qu’il aime ça autant que vous pis moi.
Est-ce que Patrick est trop exigeant pour les joueurs de l’actuelle génération? Est-ce que Martin, de son côté, est trop lousse?
Est-ce que l’idéal se trouve quelque part entre les deux modèles? Et, si oui, est-ce que Patrick autant que Martin en sont conscients?
Et qu’en pensent leurs patrons à la direction générale? Sur ce dernier point, je suis convaincu qu’ils en pensent bien différemment. Lamoriello a toujours visé la coupe Stanley... la paire Gorton et Hughes n’a aucune pression de même entrer en séries éliminatoires.
Est-ce que ceci explique cela?