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Notre hockey junior est en danger

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-10-11T22:31:16Z

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Les temps changent, les mœurs évoluent... y’a juste les fous qui ne changent pas d’idée. Le monde du hockey n’échappe pas à ces principes au moins aussi vieux que le monde.

La puissante NCAA américaine, qui régit le sport universitaire chez nos voisins du Sud, s’apprête à abattre la frontière entre le Canada et les États-Unis.

Dorénavant, les joueurs juniors canadiens auraient le droit de joindre un programme universitaire américain, ce qui leur est jusqu’ici impossible dès qu’ils ont passé plus de 48 heures ou joué un match dans l’une des trois ligues juniors majeures au pays.

Le principal motif des Américains dans ce règlement tenait de la considération que les juniors canadiens étaient perçus comme des professionnels puisqu’ils empochent 600 $ d’allocation de dépenses mensuellement.

La NCAA a rigoureusement interdit toute allocation ou partenariat en commandites à ses athlètes jusqu’à tout récemment. Désormais, les collégiens américains peuvent monnayer leurs services aux universités et encaisser de succulents contrats publicitaires.

L’exemple le plus frappant est celui du quart-arrière Caleb Williams qui a touché plus de 20 millions $ pour jouer à l’Université de la Californie du Sud (USC) la saison dernière.

Cet assouplissement des règlements est ce qui permet à la NCAA d’ouvrir toutes grandes ses portes aux hockeyeurs canadiens.

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Je trouve que cette motion est absolument dangereuse. Je suis sous impression qu’encore une fois, notre hockey canadien se soumet aux volontés du hockey américain et qu’on leur lèche les bottes sans rien demander en retour.

Certains voient du bon dans ce qui se prépare... j’aimerais qu’ils m’expliquent en quoi le hockey junior canadien peut bénéficier de ce désastre.

Un joueur canadien de qualité qui sera courtisé par les Américains ira en courant compte tenu de la bourse qui viendra avec son passage au sud, et il risque fort d’y aller à 17 ou 18 ans et non pas à 19 ou 20 ans après son stage junior ici au Canada comme certains voudraient qu'on le croie.

Ils disent toutefois que la contrepartie est possible. En ce sens, un jeune Américain de 17 ou 18 ans pourra aisément venir jouer une ou deux saisons au Canada et retourner ensuite dans les rangs universitaires de son pays.

Est-ce que le Canada trouvera une équitabilité dans le niveau de jeu perdu et regagné? J’en doute. Si un Sidney Crosby de 17 ans part avec les Wolverines du Michigan, y’a peu de chances que celui qui sera coupé quelque part et qui décidera de venir jouer au Canada lui sera égal ou supérieur.

Qui plus est, les Américains qui viendront dans nos équipes juniors au Canada vont occuper des casiers qu’auraient occupés de jeunes joueurs de chez nous.

À moins que nos ligues juniors ne tiennent la ligne dure quant à leurs règlements sur les joueurs étrangers, ce qui risque d’être le cas au départ, mais honnêtement ça ne tiendra pas la route.

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Et je ne parle même pas de fric encore... comment nos clubs juniors, qui peinent à survivre en versant un modeste 600 $ CAN par mois à leurs joueurs, vont-ils pouvoir rivaliser avec les grands programmes américains qui n’hésiteront pas à verser entre 100 000 $ et 250 000 $ US à de jeunes sensations comme Connor Bedard et autres? Et tout ça, pour jouer beaucoup moins de matchs et jamais en semaine?

Et comment la Ligue nationale va-t-elle gérer le règlement assassin qui oblige ses équipes à mettre sous contrat à l’intérieur de deux ans un junior canadien repêché comparativement à quatre ans pour un collégien américain?

Honnêtement, ce qui se trame me semble être une véritable catastrophe! Une catastrophe qui à moyen terme pourrait signifier la mort des ligues juniors canadienne ou à tout le moins leur refonte en profondeur.

Sans dire qu’on aurait pu éviter tout ça facilement, je pense que la résistance à la création d’une vraie ligue universitaire québécoise aurait pu atténuer en partie les effets de cette révolution en gestation. Une vraie ligue universitaire et un programme national de développement hautement financé. Des éléments possibles sans le protectionnisme et l'obscurantisme outrancier des dinosaures d'Hockey Canada.

Je suis désolé, mais personnellement, j'ai perdu mes illusions et ma confiance envers le développement des jeunes hockeyeurs canadiens et québécois!!

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