Rétrogradé et ignoré au ballottage: «Je trouve ça dur», avoue Jakob Pelletier


Kevin Dubé
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Jakob Pelletier n’a pas peur de l’avouer: il a reçu deux bonnes claques au visage en quelques heures lorsqu’il a été soumis au ballottage par les Flames de Calgary et qu’aucune des 31 autres formations de la LNH ne l’a réclamé.
«Pour être honnête, je trouve ça dur», a-t-il lancé sans détour lorsque joint par Le Journal, mercredi après-midi.
Des claques au visage, l’attaquant de 23 ans en a encaissé plus d’une au cours des derniers mois. Lors du camp d’entraînement de l’an dernier, il a dû être opéré après avoir subi une blessure à l’épaule gauche et a par la suite raté quatre mois d’activité. Puis, en février, à son quatrième match suivant son retour, le robuste défenseur Jacob Trouba, des Rangers de New York, l’a frappé à cette même épaule, l’envoyant à nouveau sur le carreau pour quelques semaines.

De retour au camp des Flames, cette année, «en forme comme je n’avais jamais été en forme», l’ancien choix de premier tour n’a pas été en mesure de s’imposer offensivement, forçant l’organisation à le renvoyer dans la Ligue américaine de hockey mais, surtout, prenant le risque de le perdre pour rien au ballottage.
Et Pelletier ne s’en cache pas, d’ailleurs: il aurait aimé être réclamé.
«Je suis bien à Calgary et j’aime jouer pour les Flames, mais c’est sûr que si une équipe m’avait réclamé parce qu’elle me voyait dans son alignement de la LNH, je n’aurais pas dit non. Ceci étant dit, je ne suis pas un gars qui abandonne et cette situation me motive plus qu’autre chose.»
Pas le même joueur
Pelletier est capable d’introspection et sait pertinemment qu’il a une part de responsabilité dans ce qui lui arrive.
«Je pense que je n’ai pas joué une seule bonne game de hockey depuis que je suis revenu de ma deuxième blessure, avoue-t-il humblement. Je suis peut-être revenu un peu tôt et, sans dire que j’étais craintif, j’avais toujours en arrière-pensée l’idée que si je recevais une autre grosse mise en échec, je pouvais me blesser encore.»
La dernière saison a eu un effet néfaste sur son moral, ajoute-t-il.
«Tu es absent pendant quatre ou cinq mois, tu reviens et, bang! même pas une semaine et demie plus tard, tu es encore blessé. Ça m’a mis à terre. [...] Après, c’est comme si j’avais perdu un peu l’étincelle. Mais je suis revenu au camp en pleine forme et je faisais toutes les bonnes choses sauf que la rondelle ne roulait pas pour moi.»
Le CH et les réseaux sociaux
Lorsqu’il a été placé au ballottage, le nom de Pelletier a circulé à Montréal comme d’un candidat intéressant pour le Canadien. Pelletier avoue ne pas en avoir entendu parler.
La raison: il a supprimé son compte X.
«Tu retiens toujours la seule chose négative qui se dit sur toi, même s’il y en a 1000 positives. J’ouvrais Twitter et je voyais des gens dire que je n’étais pas assez bon, que je n’étais plus le même. À la fin, c’était rendu que je le croyais aussi, à force de le lire.»
Mais, il ne le croit plus: il a confiance qu’il sera un joueur permanent de la LNH. Et plus tôt que tard.
«J’y crois encore. C’est un défi de plus qui va faire que, quand je vais m’établir dans la LNH, je vais le savourer encore plus. Dans 10 ans, quand je vais regarder en arrière, je vais me rappeler d’à quel point j’étais fâché et comment ça m’a donné une claque dans la face, pour le mieux.»