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Calendrier préparatoire: laxisme et aveuglement volontaire

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-10-02T22:03:01Z

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L’explosion des salaires des athlètes professionnels et la nécessité de la multiplication des revenus pour les ligues professionnelles font en sorte que le sport est devenu une industrie dont le principal objectif est d’imprimer des dollars.

La valeur des équipes n’a de cesse d’augmenter. Les propriétaires sont avides et, hélas!, trop souvent cela amène une grande hypocrisie... l’hypocrisie des profits.

Certains circuits se donnent les moyens de leurs ambitions. Ils gèrent et réglementent en fonction de protéger au maximum leurs investissements, nommément les athlètes, la matière première, les vendeurs de billets et autres dérivés. La NFL en est un exemple éloquent depuis quelques années.

Malheureusement, certaines autres ligues n’ont pas les mêmes moyens et font preuve de laxisme et d’aveuglement volontaire.

C’est le cas de la Ligue nationale de hockey (LNH), le parent pauvre des ligues professionnelles nord-américaines. Un circuit en progression, mais encore très loin de ses grands frères que sont la NFL, la NBA, le baseball majeur et même dans une certaine mesure la MLS.

Cette fragilité enlève un peu du rapport de force du bureau de direction de la ligue envers sa table des gouverneurs.

En clair, si Geoff Molson décide que le Canadien peut et doit jouer six matchs préparatoires, dont quatre à domicile, Bill Daly et Gary Bettman répondent: «Grand bien te fasse Geoff, pis on va prendre notre part du gâteau dans la caisse collective de revenus de la ligue».

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Je suis désolé, mais ce raisonnement est primaire et dommageable. Cette saison, c’est plus vrai que vrai.

Deux réalités atroces ont été exposées au grand jour dans les rencontres préparatoires du Canadien jusqu’ici.

D’abord, la quantité de matchs à disputer fait en sorte que les équipes doivent garder des effectifs de seconde zone, l’exemple de Cédric Paré des Maple Leafs de Toronto est au bas mot frappant.

La présence de joueurs de bas niveau, des gars qui ne joueront jamais un match dans la Ligue nationale augmente le risque d’incidents disgracieux comme celui impliquant Paré et Patrick Laine samedi dernier.

Et puis, mardi, on a vu des vétérans aguerris de la ligue s’en donner à cœur joie... pourquoi? Parce qu’avec autant de matchs préparatoires à jouer on peut se permettre de se lâcher lousse, de sortir des schémas et des plans de match et de s’adonner à des gestes regrettables.

Mon constat est aussi clair que brutal et alarmant: il y a trop de joueurs dans les camps des équipes de la ligue nationale, et celles-ci jouent trop de matchs préparatoires.

La LNH doit comprendre qu’un Laine qui joue 82 matchs va rapporter plus que deux matchs préparatoires de trop en septembre et en octobre.

C’est à Bettman, Daly et leurs conseillers de réagir, d’extrapoler la mathématique de revenus plutôt que de la comptabiliser bêtement en nombre de matchs, significatifs ou non. Ils doivent légiférer et réglementer les camps d’entraînement.

Pas de farce, combien de joueurs de ligue américaine sont susceptibles d’être rappelés dans le cours d’une saison? Avec le plafond salarial et la convention collective, trois, quatre, maximum 5 s’il y a une épidémie de COVID dans le club en haut?

Alors pourquoi 45-50-60 joueurs dans un camp d’entraînement? Pour donner des «nananes» aux agents?

La solution est simple: maximum 35 joueurs au camp d’entraînement d’une équipe première. Les gars avec des contrats à un volet Ligue nationale, les quatre ou cinq gars susceptibles d’être rappelés de la Ligue américaine, quelques hauts choix de repêchages pis des essais professionnels pour finir le plat.

On parle de 35 gars maximum et d’une formation réduite à 27 gars maximum, 10 jours avant le début de la saison. Obligation de mettre sur la glace au moins 12 gars possédant un contrat à un volet LNH pour chacun des matchs préparatoires et un maximum de quatre rencontres, dont au moins un sur la route.

Fini le niaisage, on met l’accent sur le système de jeu, les répétitions et on se prépare pour vrai en disputant des matchs significatifs en partant.

Et comprenez-moi bien, j’ai adoré comment Kirby Dach a réglé son compte ouvert avec Ridly Greig mardi soir, mais l’ensemble du cirque dans un contexte où le résultat du match ne compte pas était carrément gênant!

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