«C’était hors de question pour Kent Hughes»: l’agent de Guhle nous raconte les dessous des négociations


Nicolas Cloutier
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Quand les Sénateurs d’Ottawa ont accordé un contrat de huit ans et un peu plus de 8 millions $ par saison au défenseur Jake Sanderson en septembre dernier, on se doutait bien que Kaiden Guhle et son agent se frottaient les mains.
Et le contrat de Sanderson, c’est d’ailleurs exactement ce que l’agent de Guhle, Allain Roy, a tenté d’obtenir pour son client.
«Si on s’était rendus à huit ans, pour nous, ç’aurait été dans cette région-là, a admis Roy en entrevue avec le TVASports.ca, mercredi. Mais ça, c'était hors de question pour l'équipe [non-starter]. Kent [Hughes] ne voulait pas se rendre là. C’est pour ça qu’on a atterri au milieu avec six ans.
«À sept ou huit ans, on voulait quelque chose dans ces eaux-là, 8 millions $ et plus...»
N’empêche, un contrat de six ans est une très belle piste d’atterrissage pour les deux parties. Le plafond salarial ne fera que grimper dans les prochaines années. Au moment où il deviendra joueur autonome sans compensation à 29 ans, Guhle se sera établi comme l’un des bons défenseurs du circuit et aura fait mousser sa valeur.
«Ça donne une bonne chance à Kaiden de pouvoir signer un gros contrat, a noté Roy au téléphone. Vingt-huit ou 29 ans, c’est un bon âge pour un défenseur de la Ligue nationale de hockey. Il va avoir beaucoup plus de valeur à ce moment-ci. Ça lui donne de la sécurité, mais aussi une bonne occasion dans le futur.»
Les discussions entre Guhle et le CH ont commencé «vers la fin des championnats mondiaux», mais ont réellement débloqué «il y a deux semaines», dixit son agent.

Plusieurs options étaient sur la table: un contrat passerelle, le contrat de huit ans mentionné ci-haut et même un contrat de cinq ans qui aurait été très avantageux pour le défenseur... mais moins pour le CH.
«Kent ne voulait pas aller à cinq ans, parce que les Canadiens achetaient seulement une année d’autonomie complète. Ils voulaient au moins deux années. À cinq ans, ç’aurait été un coup de circuit pour nous. Il aurait pu devenir joueur autonome sans compensation à 28 ans.»
C’est pourquoi le contrat de six ans était ultimement la meilleure façon de couper la poire en deux. «On voulait le meilleur des deux mondes : un peu de sécurité, mais on ne voulait pas s’engager pour huit ans à moins d’avoir le chiffre qu’on voulait.»
L’avenue du contrat de six ans est rarement empruntée dans la LNH. À ce sujet, Roy a mentionné quelque chose d’intéressant. Le contrat signé par Alex Vlasic avec les Blackhawks de Chicago ne semble pas avoir aidé sa cause.
Il existe peu de points de comparaison chez les défenseurs pour les contrats de six ans. Et Vlasic en devenait un : entente de six ans, sur laquelle les Blackhawks achetaient deux années d’autonomie complète. Mais à une valeur annuelle moyenne de 4,6 millions $... trop basse aux yeux de Roy.
«On n’aimait vraiment pas ce contrat-là», a-t-il confié.
Un gars qui va «manger des minutes»
Pour un défenseur, il y a deux façons de mousser sa valeur et, finalement, d’empocher une bonne somme d’argent: passer beaucoup de temps sur la patinoire et/ou produire.
On sait que Guhle passera beaucoup de temps sur la patinoire. C’est le cas depuis son année recrue et ce n’est pas près de changer.
La variable inconnue dans l’équation, c’est sa production.
«J’ai vu Guhle dans le junior pratiquer un style plus offensif, s’est rappelé son agent. Il évoluait en avantage numérique et à cinq contre cinq, il se joignait au jeu plus souvent. Je pense que, quand tu arrives dans la LNH, tu pratiques un style plus défensif pour avoir du temps de jeu.»
Maintenant, est-ce que cette facette bien présente dans son jeu dans la WHL se transposera dans la LNH, où un joueur doit souvent accepter un rôle et une identité pour s’établir?
«Je l’ai vu dans le junior et je pense qu’il peut le faire chez les professionnels aussi, a souligné Roy avant de nuancer son propos. De l’autre côté, tu as aussi Lane Hutson et d’autres gars qui s’en viennent. Je pense qu’ils vont accaparer beaucoup de minutes offensives.»
Guhle devra donc mettre des points au tableau à forces égales. Et c’est manifestement difficile pour un défenseur.
«Ça va être un minute-muncher à cinq contre cinq, a conclu Roy. Il va jouer sur la première vague d’infériorité numérique et peut-être sur la deuxième d’avantage numérique. Je regarde ce qui s’en vient chez le CH, et ça va être difficile de lui trouver du temps sur le jeu de puissance.»
Cela n’empêchera pas, au contraire, Guhle d’occuper un rôle de premier plan au sein du Tricolore.
«C’est un numéro deux qui va jouer avec ton numéro un, parce qu’il est tellement fiable, a expliqué Roy. On ne sait jamais, il pourrait développer une chimie avec d’autres joueurs en avantage numérique. Pour le moment, je m’attends à ce que les Canadiens donnent une bonne chance à Hutson de prendre la relève du côté offensif.»