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Décès de Claude Ferragne: «Il a mis le Québec sur la mappe de l’athlétisme»

JdeM
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-07-10T21:15:41Z

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Première vedette de l’athlétisme québécois, le sauteur en hauteur et olympien des Jeux de Montréal en 1976 Claude Ferragne est décédé, dimanche, à l’âge de 71 ans à Laval.

Au plus fort de sa carrière dans le milieu des années 1970, Ferragne remplissait le Forum pour des compétitions d’athlétisme en salle où le saut en hauteur était l’épreuve reine. Lui et son beau-frère feu Robert Forget faisaient courir les foules au domicile du Canadien de Montréal.

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Le fait marquant de ces trois rencontres est survenu lors du duel face à l’URSS le 23 mars 1973 alors que Ferragne a remporté l’or avec un bond de 2 m 21 pour signer un record canadien en salle et, surtout, vaincre le médaillé d’or olympique des Jeux de Munich en 1972 Youti Tarmak.

Un entraîneur sous le choc

Entraîneur de Ferragne pendant toute sa carrière à l’exception de la première année où Jean-Paul Baert veillait sur le jeune homme de Laval, Michel Portmann était sous le choc quand nous l’avons joint dans une pourvoirie à 300 kilomètres de Montréal.

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«Je suis déconcerté, a exprimé celui qui a représenté la Suisse aux Jeux de Mexico en 1968 au saut en hauteur. Je suis bouleversé parce que je ne m’attendais pas à ça. On a échangé quelques courriels il y a six mois et il me disait que tout allait bien à l’exception d’un problème à un pied. On devait aller à la pêche ensemble.»

LE JOURNAL DE MONTRƒAL/AGENCE Q
LE JOURNAL DE MONTRƒAL/AGENCE Q

Triste, Portmann se rappelait toutefois avec plaisir les exploits de Ferragne et son impact sur l’athlétisme au Québec. «Il a mis le Québec sur la mappe de l’athlétisme, a déclaré l’enseignant à la retraite du département de kinanthropologie de l’UQAM. Ce fut la première grande vedette de l’athlétisme québécois qui était un sport méconnu à l’époque. Claude et son beau-frère Robert Forget que j’ai aussi coaché ont contribué à démontrer que l’athlétisme ce n’était pas seulement la course.»

La pluie gâche tout

Parmi les favoris pour remporter l’or aux Jeux de Montréal, Ferragne avait très bien fait en qualification, mais Dame nature avait gâché la sauce en finale où il n’avait pu faire mieux que 2 m 14, sa pire performance en trois ans. Il s’était contenté de la 12e place derrière notamment son compatriote Greg Joy qui avait remporté l’argent avec une performance de 2 m 23.

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«On avait changé sa course d’élan (pluriligne au lieu de rectiligne) et Claude avait peur de glisser dans les virages en raison de la pluie, a expliqué l’entraîneur de Bruny Surin lorsqu’il a remporté l’or au relais 4X100m aux Jeux d’Atlanta en 1996. Cela avait affecté sa performance.»

Favori de l’épreuve et réputé pour ses coups de gueule, l’Américain Dwight Stone avait soulevé la grogne des amateurs en déclarant dans les médias haïr les Canadiens français la veille des qualifications.

Il avait eu droit aux huées de la foule à chaque saut, mais les Américains présents au stade olympique avaient réservé le même traitement au favori local lorsqu’il s’élançait.

Le boycottage qui le pousse à la retraite

Fort d’une médaille d’or aux Jeux du Commonwealth à Edmonton en 1978 où il avait pris sa revanche sur Joy et d’un record personnel de 2 m 26 lors de la sélection menant aux Jeux de 1980, Ferragne croyait pouvoir se rependre à Moscou, mais le gouvernement canadien a boycotté les Jeux en raison de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS.

«En raison du refus de l’imbécile à Trudeau père de ne pas aller à Moscou, Claude a raté les Jeux même s’il s’était qualifié tout comme Robert. Les deux auraient pu continuer, mais ils ont décidé de prendre leur retraite en 1980. Ils en avaient ras le bol et je peux les comprendre. J’aurais lâché moi aussi.»

«Un fonceur et un athlète avant-gardiste»

Membre de l’équipe canadienne aux Jeux de Montréal, le marcheur olympique Marcel Jobin maintenant âgé de 82 ans conserve de précieux souvenirs de Ferragne.

Pierre Durocher / JdeM
Pierre Durocher / JdeM

«C’était un grand chum et on voyageait souvent ensemble ainsi qu’avec Robert. Je me souviens d’un camp en Martinique où nous étions allés prendre une petite bière après l’entraînement.»

«Claude était un bon travaillant et un athlète avant-gardiste, d’ajouter Jobin qui prendra le départ des Jeux panaméricains des maîtres à Cleveland au 1500 m et au 3000 m du 12 au 21 juillet et au mondial à Göteborg en Suède sur 5 et 10 km du 13 au 25 août. Un peu comme moi, il était fonceur et il avait des objectifs précis qu’il voulait atteindre. Ce n’était pas facile à cette époque avec l’équipe canadienne où tout se passait en anglais.» 

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