L'hérésie promulguée par Gary Bettman

Jean-Charles Lajoie
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La finale de la Coupe Stanley va voir s’opposer deux équipes construites de manière totalement différente.
Cette collision des genres est attribuable presque exclusivement à la géographie. Cet affrontement entre le Canada et les États-Unis met en relief une hérésie règlementaire de la Ligue nationale de hockey. Une hérésie promulguée par Gary Bettman et ses penseurs, puisque basée sur un déséquilibre fiscal nettement à l’avantage de certains marchés américains.
Voilà pourquoi la Floride, l’un des États les moins taxés aux États-Unis, se retrouve en finale de la Coupe Stanley pour une cinquième année de suite. Les Panthers comptent 10 joueurs issus des emplettes du 1er juillet et vraiment du premier juillet.
Pas des gars de profondeur embauchés rendu au 10 ou au 15 juillet en désespoir de ne pas recevoir d’offres d’un club américain. Non, des «top gun» comme Sergei Bobrovsky, notamment.
Les Panthers, c’est aussi plusieurs éléments d’impact acquis par voie de transaction. Les deux Sam, Bennett et Reinhart entre autres, sans oublier Matthew Tkachuk et Brandon Montour. Des éléments névralgiques et qui seraient venus en Floride à la nage au milieu des requins pour jouer dans un endroit peu taxé et plutôt douillet.
En fait, la Floride ne va compter que trois joueurs repêchés par l’organisation dans sa formation de départ de cette finale : Barkov, Ekblad et Lundell.
En comparaison, Edmonton va en compter 11, dont bien entendu McDavid et Draisaitl, mais aussi Nugent-Hopkins et Gagner, en plus de Nurse, Bouchard et Broberg à la ligne bleue et du partant Skinner devant le filet.
Deux équipes, deux marchés, deux pays, deux philosophies d’organisation... et je ne veux ici rien enlever à Bill Zito et Paul Maurice qui méritent de disputer cette finale autant que leurs joueurs. Mais il faut aussi être totalement honnêtes et admettre que toutes les équipes de la Ligue nationale ne se battent pas à armes égales.
Il serait pourtant si facile de centraliser les retenues à la source de tout un chacun en pondérant la moyenne des taxes des 32 marchés afin de ramener un taux de taxation identique pour tous les joueurs de toutes les équipes via une redistribution selon les taux en vigueur par la ligue, au nom de ses joueurs.
En même temps, ça risquerait de rétablir un peu le rapport de force des sept équipes canadiennes avec les 25 équipes américaines. Invariablement, ça risquerait aussi de permettre à la coupe Stanley d’être gagnée au Canada plus souvent, ce que ne souhaite évidemment pas Gary Bettman derrière des portes closes.
Une fois tout cela dit, je maintiens que les Panthers ont assemblé une équipe profonde et redoutable, quelque chose comme un club sans failles qui ne peut pas manquer son coup une deuxième année de suite en finale.
Surtout qu’ils sont en santé cette année, contrairement à il y a un an. Surtout, aussi, parce que devant eux, la menace demeure moins grande qu’il y a un an alors que Vegas, autre État parmi les moins taxés aux États-Unis, s’est dressé devant les Panthers.
Ce sera donc les Panthères, mais les Oilers vont puiser et parvenir à étirer la série jusqu’au terme du sixième match, qu’ils vont perdre devant leurs partisans le 21 juin à Edmonton.
Et ne soyez pas surpris que la consolation canadienne soit le Conn-Smythe remis à Connor McDavid dans une cause perdante.
Je veux maintenant terminer cette portion éditoriale de l’émission et de la saison avec un hommage à quelque chose comme une grande équipe.
L’équipe de TVA Sports! Il règne actuellement un climat de morosité dans les médias traditionnels du monde. Les grandes années sont derrière nous, les schémas changent, évoluent...
Mais malgré le vent mauvais, l’équipe de TVA Sports, les gens que vous voyez à l’écran, mais aussi ceux qui nous y font bien paraître par leur exceptionnel travail derrière l’écran, sont des humains d’exception, des talents créateur de génie. Ils sont, nous sommes... unis. Nous formons une famille, nous nous tenons, nous sommes là les uns pour les autres, nous sommes fiers de porter le chandail et nous nous amusons à travailler pour vous, le public, les gens.
Cette équipe de TVA Sports en est une vraie. Lorsque vous me dites au hasard d’une rencontre qu’on a vraiment l’air d’avoir du fun, vous ne vous trompez pas. On a du gros fun et, surtout, du vrai fun. On ne fait pas semblant, on n’est pas dans le paraître, on est dans l’être...
Et cette famille, cette équipe gagnante et déterminée, elle a été assemblée par un gars qui mérite énormément de crédit, un meneur d’hommes et de femmes humain et sincère, un patron qui ne te fait jamais sentir qu’il en est un, mais qui en contrepartie te rassure toujours sur le principe que le Boeing vole dans la bonne direction.
Hommage ce soir à notre coach Louis-Philippe Neveu, certainement la meilleure tête de média sportif au Québec. L-P, merci du fond du cœur à toi... et longue vie à nous autres de la belle et grande famille de TVA Sports! Une équipe gagnante de la coupe chaque année!!