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Canadien: un 5e choix, ça donne curieusement un joueur meilleur qu’un 4e choix

Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-05-15T04:00:00Z

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Ça commence à être pénible d’être invité à la célébration des perdants que représente la loterie de la LNH. Ce passage obligé du plan Gorton-Hughes a tout de même donné deux cinquièmes choix au total consécutifs. Mais au fait, un cinquième choix, historiquement, ça donne quoi?

Évidemment, rien n’est jamais garanti avec le repêchage. Un espoir peut virer en désespoir. Mais j’ai reculé jusqu’en 1990 pour analyser quelle sorte de carrière ont récoltée les cinquièmes choix au total.

Et c’est plutôt enthousiasmant.

En moyenne, un cinquième choix joue 839 matchs dans la LNH.

Un seul a joué moins de 100 matchs. C’est le défenseur Olli Juolevi, repêché en 2016.

Trente sur 34 n’ont pas été des flops. En plus de Juolevi, on peut prétendre que les équipes ont regretté ces cinquièmes choix: Michael Dal Colle, Richard Jackman et Stanislav Chistov.

Près du tiers sont devenus des joueurs d’impact dans la LNH: Jaromir Jagr, Thomas Vanek, Blake Wheeler, Carey Price, Phil Kessel, Brayden Schenn, Morgan Rielly, Noah Hanifin et Elias Pettersson.

Et on retrouve plusieurs joueurs qui, sans être les meneurs dans leur club, connaissent ou ont connu des carrières exceptionnelles, comme Daymond Langkow, Darius Kasparaitis, Eric Brewer et Elias Lindholm.

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Deux saisons de plus

Et si vous étiez tristounets parce que le CH n’avait pas grimpé d'un rang (même si c'était mathématiquement impossible avec cette loterie), vous remarquerez qu’on s’en fout pas mal.

Depuis 1990, les cinquièmes ont beaucoup mieux fait que les quatrièmes choix.

La carrière moyenne d’un quatrième choix, c’est 651 matchs. C’est fou, c’est plus que deux saisons de moins.

En moyenne, un attaquant repêché comme quatrième choix au total fait 391 points en carrière. Un cinquième choix, c’est 682 points.

On compte le même nombre de flops parmi les quatrièmes choix: Pavel Brendl, Griffin Reinhart, Alexander Volchkov et Jason Bonsignore.

Et on retrouve encore moins de joueurs d’élite, soit six: Paul Kariya, Roberto Luongo, Nicklas Backstrom, Alex Pietrangelo, Cale Makar et Mitch Marner.

REUTERS/Mike Blake
REUTERS/Mike Blake

Beaucoup plus de flops au 6e choix

Les partisans du CH peuvent aussi se consoler en se disant que le hasard avait bien fait les choses en ne faisant pas reculer l’équipe d’un rang. La qualité des joueurs sélectionnés sixièmes diminue d’une bonne coche par rapport à ceux choisis cinquièmes. Les sixièmes appelés connaissent en moyenne une carrière de 600 matchs.

Et les coups de circuit sont plus rares à ce rang. Mais il en existe. En 1991, Peter Forsberg était le sixième choix des Flyers. En 1994, les Oilers ont visé juste avec Ryan Smith, alors que Radek Bonk, Jeff O’Neill et Jason Bonsignore sont sortis avant lui.

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Cory Stillman est aussi un coup de circuit avec une carrière de 727 points. Les Nordiques l’auraient sans doute préféré à Todd Warriner, qu’ils ont sélectionné deux rangs plus haut. Mika Zibanejad est aussi un sixième choix canon, je dirais. Matthew Tkachuk et Scott Hartnell également.

Mais des flops comme sixièmes choix, attachez-vous, il commence à y en avoir en batinse.

Le sixième choix des Islanders en 1990, Scott Scissons, a joué deux matchs dans la LNH. Imaginez, Martin Brodeur et Keith Tkachuk étaient disponibles.

Le gros attaquant Steve Kelly, un sixième choix des Red Wings, a marqué neuf buts en 149 matchs dans la LNH. C’est tout. On salue Jarome Iginla et Shane Doan qui étaient toujours en attente d’être appelés.

Et on salue aussi au passage Terry Ryan, que le Canadien a sélectionné deux rangs plus loin.

Le sixième choix des Flames Daniel Tkaczuk a joué 19 matchs. Le gardien Brian Finley en a disputé quatre. Rico Fata n’a jamais été le joueur espéré. Jake Virtanen est rendu en Europe après 317 matchs. Ça n’a pas marché non plus pour Gilbert Brulé, malgré une saison de 169 points dans le hockey junior.

On retrouve aussi des Boyd Devereaux, Viktor Kozlov, Nikita Filatov et Scott Hartnell, notamment.

Là, les dépisteurs se trompent rarement

Mais si vous rêviez d’un choix dans les trois premiers, je vous comprends: les dépisteurs se trompent beaucoup plus rarement avec ces sélections.

Celui qui a joué le moins de matchs parmi tous ceux repêchés depuis 1990 est le troisième choix du Lightning en 2001, Alexandr Svitov, avec 179. De 1990 à 2007, sur les 51 joueurs repêchés dans le top 3, 46 ont joué plus de 500 matchs en carrière. Il y en a 27 qui ont pris part à plus de 1000 matchs.

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Comme troisième choix, à part Svitov et Cam Barker, ils ont tous connu une belle ou une exceptionnelle carrière.

En deuxième choix, à part Andrei Zyuzin, c’est la même chose.

Et comme première sélection, à part Rick Dipietro, ce sont tous des joueurs qui ont joué plus de 600 matchs dans la LNH.

Photo Ottawa Sun, TONY CALDWELL
Photo Ottawa Sun, TONY CALDWELL

Ces chiffres ne font pas foi de tout et ne garantissent pas que le Canadien frappera un circuit lors du prochain repêchage. Mais mon humble constat, c’est que ça ne changeait absolument rien qu’il grimpe au quatrième rang. Les chances de repêcher un joueur d’élite en quatrième ou en cinquième place sont les mêmes, historiquement.

Elles sont même meilleures avec un cinquième choix.

Bref, si chaque repêchage peut être perçu comme singulier, les tendances statistiques démontrent qu’ils ne le sont pas tant que ça quand on analyse la carrière moyenne de chacun des rangs de sélection.

EN MOYENNE, ÇA DONNE QUOI UN ATTAQUANT REPÊCHÉ AU:

  • 1er choix

1017 matchs

958 points

Ils ont ces statistiques :  Henrik Zetterberg, Paul Kariya, Brad Richards

Photo MARTIN CHEVALIER
Photo MARTIN CHEVALIER

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  • 2e choix

1024 matchs

838 points

Ils ont ces statistiques :  Stéphane Richer, Alex Tanguay, Jonathan Toews

Photo Stacy Revere/AFP
Photo Stacy Revere/AFP

  • 3e choix

922 matchs

619 points

Ils ont ces statistiques : Patrick Sharp, Mike Cammalleri, Igor Larionov

AFP
AFP

  • 4e choix

651 matchs

391 points

Ils ont ces statistiques : Maxim Afinogenov, Valeri Bure, Steven Reinprecht

  • 5e choix

839 matchs

682 points

Ils ont ces statistiques : Michael Nylander, Daniel Brière, Robert Lang

Martin Chevalier / JdeM
Martin Chevalier / JdeM

  • 6e choix

600 matchs

451 points

Ils ont ces statistiques :  Sami Kapanen, Kristian Huselius, Mikael Renberg


De 1990 à 2007 (années récentes exclues, car trop de joueurs n’ont pas terminé leur carrière). Les joueurs cités en exemple ne sont pas des 1e, 2e, 3e, 4e, 5e ou 6e choix, mais plutôt des joueurs qui ont connu des carrières similaires à la moyenne d’un de ces choix.

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