Je suis de tout cœur avec Martin St-Louis

Michel Therrien
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Nous avons appris la semaine passée que Martin St-Louis quittait temporairement les Canadiens pour des raisons familiales. Bien entendu, la nouvelle a créé une onde de choc à Montréal.
Je suis de tout cœur avec lui. Je le comprends parfaitement, pour être déjà passé par là durant ma carrière d’entraîneur.
En 2007, alors que je dirigeais les Penguins, je suis rentré à Montréal après un match à Ottawa pour être au chevet de mon père, qui avait subi un cinquième accident vasculaire cérébral (AVC) et dont les jours étaient comptés.
J’étais déchiré avant de prendre cette décision. Je me demandais si c’était la bonne chose à faire. Avec le recul, je suis heureux d’avoir choisi d’aller le voir dans le Centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) où il était puisque j’ai pu lui parler une dernière fois et lui dire que je l’aimais et le remercier pour tout ce qu’il a fait pour moi au cours de sa vie. Il est décédé le lendemain, à mon retour à Pittsburgh. J’ai donc ensuite manqué un match pour assister aux funérailles.
Je compatis avec ce que St-Louis vit ces jours-ci. La famille passe avant tout dans la vie.
C’est un privilège de «coacher» dans la Ligue nationale de hockey, mais ça vient aussi avec beaucoup de sacrifices. Ça fait en sorte que tu dois passer à côté de bien des affaires et que ta famille doit s’adapter pour te permettre d’atteindre ton rêve.
Durant ma carrière, j’ai dirigé à Fredericton, à Québec, à Wilkes-Barre et à Pittsburgh, et mes enfants m’ont toujours suivi. Ils ont donc changé souvent d’école et ont dû s’adapter à mon horaire.
Je ne m’en suis pas vraiment rendu compte sur le moment. Quand j’ai pris ma retraite, c’est là que j’ai réalisé que j’avais été un peu égoïste en pensant avant tout à ma carrière, ce qui a eu comme effet de négliger ma famille.
La famille est tout ce qui compte vraiment
Ma famille a également dû composer avec mes humeurs. Par exemple, lorsque j’étais en congé et que j’avais perdu la veille, j’étais présent physiquement, mais pas mentalement. C’était aussi souvent le cas après des victoires tellement j’étais accaparé par mon métier. Tu essaies de faire du mieux que tu peux, mais ce n’est pas toujours évident de concilier travail et famille.
Loin de moi l’idée de me plaindre. Je suis pleinement conscient que j’ai été privilégié d’être entraîneur dans la LNH. Je n’y serais jamais arrivé sans un entourage aussi compréhensif.
Une fois rendu à la retraite, tu t’aperçois que c’était seulement un chapitre de ta vie. Lorsque ta carrière est terminée, ta famille, elle, est toujours là. C’est pour ça que c’est ce qu’il y a de plus important.
St-Louis a laissé sa femme et ses enfants derrière lui en devenant entraîneur des Canadiens. Je sais pertinemment que ce n’est pas une situation facile à vivre.
Je lui souhaite la meilleure des chances dans cette épreuve et que les choses se règlent le plus rapidement possible. Mais St-Louis doit prendre tout le temps nécessaire pour ne pas le regretter plus tard.