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Le plus gros dossier de Gary Bettman

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-02-13T23:18:21Z

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Samedi soir, les revigorés Sénateurs de Jacques Martin ont marqué trois fois en deuxième période en route vers un gain de 5-3 contre les Leafs de Toronto. Ridly Greig a scellé la rencontre avec le cinquième but, avec un slap shot violent en fait, mais, dans un filet désert.

Pas un slap shot violent et inutile comme celui d’Austin Watson sur Jérémy Lauzon en fin de match Tampa-Nashville en décembre non... un slap shot dans le but vacant qui ne pouvait pas faire mal à personne.

Sauf à l’orgueil de Morgan Rielly le défenseur des Leafs qui a assené un violent double échec à la tête de Greig.

Comme Dale Hunter à l’endroit de Pierre Turgeon en séries de fin de saison dans les années 80, comme Auston Matthews à l’endroit de Rasmus Dahlin... comme David Perron à l’endroit de Artem Zub.

Mais cette fois-ci, à cause d’un slap shot dans un filet désert qui a beaucoup plu aux partisans des Sénateurs puisque ce but confirmait la victoire des leurs, une troisième de suite et une sixième dans leurs 10 derniers matchs.

Depuis l’incident les commentaires volent de toutes parts et prennent deux directions possibles, mais vivement opposées : d’un côté ceux qui condamnent le geste de Rielly, de l’autre ceux qui sans l’excuser condamnent surtout le geste de Greig

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Cet incident nous met en pleine face le grave problème qui gangrène le hockey de la Ligue nationale et qui lui retient la tête sous l’eau. Le clash de cultures : d’un côté nous avons ceux qui vénèrent le hockey comme dans le temps, comme Eddy Shore, comme Toe Blake.

Puis de l’autre nous avons ceux qui voient le hockey comme un sport de noblesse de grâce et de beauté sur glace, un sport où le talent a le droit de s’exprimer, ou les personnalités ont le droit d’être exposées pour le plus grand plaisir des spectateurs qui assistent aux matchs.

Sur ce même plateau hier, deux agitateurs de carrière, Maxim Lapierre et Antoine Roussel.

Maxim qui confesse qu’il aurait été du genre à commettre le geste de Greig, mais aussi celui de Rielly, mais qui a regardé cette scène en se disant que le geste de Rielly ne faisait aucun sens et qu’en 2024 il ne croit pas qu’il aurait réagi comme le défenseur des Leafs.

Et Antoine qui réplique qu’au nom du code, Greig a agi en agent provocateur et qu’il lui aurait fait subir le même traitement que Rielly lui a fait subir.

Deux garçons brillants, deux analystes formidables pour TVA Sports. Deux gars au même ADN sur la glace à quelques détails près et deux gars qui pensent carrément dans des directions opposées face au même événement.

Clash culturel important, clash difficile à gérer pour Gary Bettman qui a le devoir de faire monter le hockey au niveau supérieur, d’assurer la pérennité de sa ligue, de limiter les pertes de plusieurs de ses équipes et assurer une rentabilité collective importante.

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Bettman n’est pas fou. Il a vu son ancien employeur, la NBA, prendre des parts de marché de manière exponentielle lorsque prisonnier de sa formule, la ligue a choisi de donner la parole aux joueurs, de les écouter et ensuite de légiférer dans le but de leur permettre de s’exprimer, sur et hors des courts.

Résultat, les seules vedettes de la NBA sont les joueurs et même s’ils portent 30 camisoles différentes sur le court, on comprend à les voir se respecter en jeu qu’ils portent tous la même camisole, celle de leur association.

Si un joueur de la NBA dont le club mène par 10 avec quelques secondes à faire y va d’un slam dunk digne du match des étoiles, les chances sont de zéro à nulles qu’un adversaire lui ramasse un coude sur le nez.

Pourquoi ? Parce que le seul code qui existe dans la NBA est celui du respect du partisan, de l’importance de lui donner le meilleur show possible et de la nécessité pour y arriver de se respecter les uns les autres sur le court.

Les incidents y sont donc beaucoup plus rares.

Dans la LNH, l’incident Rielly–Greig n’est pas un cas isolé, il fait naître le débat sur le bien fait ou non du geste de Rielly, alors que dans une société normalement constituée tout le monde devrait condamner cette attaque vicieuse et dangereuse.

Et le gros Ryan Reaves qui s’en mêle alors que lorsqu’il se relève après avoir attaché ses patins il voit des étoiles pis il a besoin d’une pompe de ventolin.

Clash culturel grave au hockey... probablement le plus gros dossier à régler pour Gary Bettman... bonne chance !!

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