La maison hantée de Sunrise

Jean-François Chaumont
Partager
SUNRISE | Le BB&T Center, le FLA Live Arena ou le Amerant Bank Arena. Si le domicile des Panthers de la Floride change constamment de nom, il y a une donnée qui reste plus stable. Le Canadien ne gagne pas dans le sud de la Floride.
Les Panthers ont signé un huitième gain d’affilée contre le CH dans leur propre enceinte en l’emportant 4 à 1, samedi soir. Les plus optimistes se consoleront à l’idée que le résultat final demeure plus doux que les deux rencontres de l’an dernier : 7 à 2 et 9 à 5.
Jake Allen, qui a connu un départ décent devant le filet du Tricolore, a offert une explication intéressante à cette guigne qui frappe son équipe à Sunrise. Mais il faut dire qu’Allen a de bonnes réponses, peu importe la question.
« Ça fait partie du hockey, il y a des trucs difficiles à expliquer, a répondu le gardien de 33 ans. Je joue dans la LNH depuis longtemps. J’ai vu des séquences assez étranges. À mes débuts à Montréal, je sais que nous ne gagnions jamais à San Jose. »
« J’avais fini par signer une victoire contre les Sharks. Je ne connaissais pas cette statistique après ce match. Mais nous devrons trouver une façon de changer ce mauvais sort en Floride, surtout contre une équipe de notre division. Nous jouons souvent contre les Panthers. Ils sont l’une des bonnes équipes de la LNH, mais nous pouvons rivaliser avec eux. »
Pour la petite histoire, Allen avait battu les Sharks à San Jose en obtenant un jeu blanc de 45 arrêts dans un gain de 4 à 0 le 28 octobre 2021. Avant ça, le CH avait perdu 12 matchs d’affilée à San Jose, la dernière victoire remontant au 23 novembre 1999 !
Dans un autre coin du vestiaire de l’équipe adverse, David Savard a aussi parlé des difficultés de son équipe dans l’amphithéâtre des Panthers, un endroit qui est pourtant toujours envahi par les partisans montréalais en voyage en Floride.
« Je ne sais pas, mais je n’aime pas trop cet édifice, a raconté Savard. Même quand je jouais avec les Blue Jackets ou le Lightning, je n’aimais pas ça ici. Il fait toujours chaud et la glace est souvent molle. Mais c’est la même patinoire pour les deux équipes. Ce n’est pas une excuse. Les Panthers ont gagné les batailles à 50-50 ce soir, plus que nous. Ils ont aussi une très bonne équipe de hockey. »
De mauvaises punitions
Il n’y pas uniquement l’histoire d’un édifice qui porte malheur. Il y a aussi des raisons bien plus tangibles pour expliquer ce revers. Le CH n’a pratiquement pas généré d’attaque contre les Panthers, décochant seulement 19 tirs en direction d’Anthony Stolarz.
Le Tricolore n’a obtenu que cinq tirs en première période et trois autres lors de la période suivante. Ça devient impossible de gagner un match avec une attaque aussi frileuse. Cole Caufield a obtenu l’unique but des siens d’un tir parfait du revers en supériorité numérique.
Mais au-delà de la faible quantité de tirs, le CH s’est aussi tiré dans le pied avec deux mauvaises punitions en territoire offensif. Nick Suzuki, en deuxième période, et Joel Armia, en troisième période, étaient les fautifs.
Eetu Luostarinen a marqué les deux buts des Panthers en supériorité numérique, dont celui de la victoire en troisième période alors qu’Armia se retrouvait au banc des punitions. À son 248e match dans la LNH, Luostarinen a obtenu son premier doublé.
« Je sens que je ne l’avais pas trop retenu (Dmitry Kulikov), mais ils ont appelé la punition, a expliqué Suzuki. Quand tu écopes d’une punition en territoire offensif et que l’autre équipe en profite pour marquer, ça fait encore plus mal. »
En conférence de presse, Martin St-Louis n’a pas hésité à dire que les punitions bêtes en territoire offensif ont coulé son équipe.
« C’était 1 à 1, ce n’était pas un match parfait pour les deux équipes, mais la punition dans la zone offensive a fait mal, a-t-il affirmé. Il faut réaliser un meilleur travail pour tuer nos punitions. Mais tu ne peux pas écoper d’une punition en zone offensive avec un pointage de 1 à 1 en troisième. »
Sans dire son nom, St-Louis a lancé un message à Armia. Mais avec seulement 12 attaquants au sein de son équipe, il peut difficilement le sortir de sa formation pour la rencontre suivante sauf s’il choisit de miser sur une formation à onze attaquants et sept défenseurs.