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Un 5e milliard $ pour des compétitions de camions au Stade olympique

Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2023-12-15T20:04:27Z

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Tant qu’à s’attacher au Stade olympique, pourquoi ne pas injecter un 5e milliard de dollars pour le garder en mode survie ?

Après, ce sera un 6e. Pas de problème. On trouvera une solution rendue au 7e ou au 8e. 

C’est 3,5 G$ que le stade a couté entre 1976 et 2018, a rapporté mon collègue Michel Girard. Ajoutons des frais d’entretien depuis cinq ans et la somme de 750 M$ à 1 G$ qu’il faudrait investir de façon urgente pour sauver le stade, et voilà. On arrive à près de 5 G$, dont une partie importante payée par les contribuables. 

Et tout ça pourquoi ? 

Pour accueillir le camp d’entraînement et quelques matchs du CF Montréal ? 

Si dans huit ans, pour une raison inexpliquée, quelque chose de majeur voulait s’implanter à Montréal, pensez-vous qu’ils voudront s’installer au Stade olympique ?

C’est impossible. Aucune rénovation ne pourra amener le stade à un niveau convenable pour une nouvelle équipe. 

L'importance du symbole

Il reste quoi ? Des compétitions de gros camions, de motos, des salons de métiers d’art, quelques shows rock, une exposition de dinosaures ? J’écris ça en tout respect pour les bigfoot, les salons et les dinos. 

Je comprends, le Stade est un symbole important à Montréal. Le symbole qu’on peut accomplir de grandes choses au Québec. C’est la nostalgie des grands projets à Montréal. 

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Mais comme bijou architectural, ça peut se débattre, mais à mon avis, ce n’est pas le Château Frontenac non plus. 

Concernant le symbole, le Yankee stadium en était tout un aussi. Mais il a été rasé quand même pour passer à autre chose. 

D'autres stades

Les Jeux d’été avant Montréal, c’était ceux de Munich. Le stade est là-bas est encore debout. Mais le Bayern Munich n’y joue plus depuis 2006. Un autre splendide stade a été construit et la page a été tournée. 

Celui de Moscou (1980) a été démoli. Celui de Barcelone (1992) ne sert plus à grand-chose. Celui d’Atlanta (1996) a été transformé pour les Braves au baseball majeur et l’équipe l’a quitté en 2016. 

Je le sais, je suis de Québec et j’entends très bien certaines critiques.

« Vous avez bien construit un amphithéâtre et vous n’avez même pas d’équipe de la LNH ». 

Oui, 370 M$, c’est beaucoup d’argent pour le Centre Vidéotron. Mais Seattle a payé 1,15 G$ en 2021 pour rénover le Climate Pledge Arena pour accueillir le Kraken. 

Photo d'archives, Getty Images via AFP
Photo d'archives, Getty Images via AFP

Le Centre Vidéotron accueille des évènements environ 100 jours par année, dont la moitié sont des évènements culturels. 

C’est environ 800 000 billets vendus par année. Selon l’entreprise Pollstar, qui comptabilise l’achalandage dans les amphithéâtres, c’est mieux que le Rogers Arena à Vancouver et le Canadian Titre Center à Ottawa. 

En fait, c’est le 4e amphithéâtre le plus occupé au Canada concernant la vente de billets. 

Bien non, ce n’est pas comme le Centre Bell. Mais Québec ne peut pas se comparer avec Montréal. 

Québec est une ville de taille moyenne. Ça ne veut pas dire qu’elle ne doit pas avoir un amphithéâtre qui a du bon sens pour voir Pearl Jam ou Morgan Wallen. 

La nostalgie coûte cher

Donc, si on injecte 1 G$ pour que le Stade olympique continue de présenter des évènements sporadiques, peut-on commencer à reconnaitre que le 370 M$ pour le Centre Vidéotron n’a pas servi à rien. On peut dénoncer la décision politique d’investir dans une infrastructure pour le divertissement, mais on ne peut pas ignorer qu’il répond à un besoin le Centre Vidéotron. 

Bref, oui, on peut injecter un cinquième milliard de dollars dans le Stade olympique. On peut aussi payer cher pour le démanteler en tentant de conserver un héritage ou même une vocation pour le site, mais ne plus vivre dans la nostalgie, et attendre un projet quand un investisseur voudra repartir à neuf. Voir grand et tourner la page au lieu d’essayer de recycler du compost.

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