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Vondrousova triomphe à Wimbledon

Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-07-15T14:32:43Z

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LONDRES | Marketa Vondrousova est devenue samedi la première joueuse de l'histoire moderne du tennis à remporter le titre à Wimbledon sans être l'une des têtes de série du tournoi, devant une Ons Jabeur qui a éclaté en sanglots quand Kate Middleton, la princesse de Galles, lui a remis pour une deuxième année de suite le trophée de la perdante sur le plus prestigieux des terrains.

La Tchèque, 42e mondiale, s'est imposée 6-4 et 6-4 aux dépens de la Tunisienne, sixième favorite, qui a maintenant perdu les trois finales en Grand Chelem auxquelles elle a participé, elle qui s'était aussi inclinée au US Open l'an dernier. 

Carrière ralentie

Vondrousova, 24 ans, en était pour sa part à sa deuxième finale dans un tournoi majeur, après sa présence dans le match ultime à Roland-Garros en 2019, à seulement 19 ans.. 

Ce couronnement inattendu de la Tchèque, c'est en quelque sorte un baume sur une carrière qui s'annonçait prometteuse, mais qui a été jusqu'à tout récemment ralentie par de nombreuses blessures, dont une à un poignet qui lui a fait rater six mois d'activités, l'an dernier. 

Avant même que le match ne s'amorce, elle était fort palpable, la nervosité de Jabeur, dans les corridors menant jusqu'au terrain où elle faisait les 100 pas. 

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«Honnêtement, je ressentais beaucoup de pression, beaucoup de stress, a-t-elle pointé en conférence de presse. Mais comme dans chaque finale, je me disais que c'était normal. J'ai donné tout ce que je pouvais.»

Et cette tension s'est transportée sur le central tôt en première manche, quand la Tunisienne a commencé à multiplier les fautes directes. 

Jamais vraiment en contrôle

Aidée par sa patte gauche et par le toit qui était fermé pour cette finale, Vondrousova en a vite profité. 

Quoiqu'elle n'a pas eu à trop forcer: à l'instar du rêve qui habitait Jabeur, le filet semblait trop haut pour l'ancienne numéro 2 mondiale, qui a y a fait aboutir bon nombre de balles. 

La sixième tête de série a craqué pour de bon à 4-4, au premier set, alors qu'elle avait auparavant mené 4-2. 

Elle a ensuite amorcé la deuxième manche aussi mal qu'elle avait terminé la première. 

Un bref sursaut d'orgueil lui a permis de prendre à nouveau les devants au pointage, 3-1. Il lui a sans doute donné espoir, aussi: dans cette quinzaine où elle avait hérité d'un tableau incroyablement difficile, Jabeur était revenue de l'arrière contre Bianca Andreescu au troisième tour, puis face à Elena Rybakina en quarts et contre Aryna Sabalenka, en demi-finale. 

Mais la Tunisienne a de nouveau été brisée deux fois, dont à la neuvième partie, laissant à la tenace Vondrousova le privilège d'embrasser le plus convoité des trophées. 

«Le tennis, c'est fou!»

«Le tennis, c'est fou!» a déclaré sur le terrain la championne qui, il y a un an, était à Londres comme spectatrice afin d'encourager une amie, elle qui était sur la touche en raison de cette blessure au poignet.

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Un mal si sérieux qu'elle ne savait pas si elle pourrait à nouveau atteindre un si haut niveau. 

«Après tout ce que j'ai traversé, c'est incroyable de me tenir là, avec le trophée», a poursuivi la gagnante, qui percera le top 10 de la WTA pour la première fois, lundi. 

Surtout que le gazon est loin d'être la surface favorite de Vondrousova qui, avant ce Wimbledon, n'avait jamais fait mieux que le deuxième tour à Londres. 

«C'était le tournoi majeur qui me semblait le plus impossible à gagner, a-t-elle soulevé. Quand nous sommes arrivés ici, je me suis dit, d'accord, essaye seulement de remporter quelques matchs.»

La plus dure de sa carrière

Ce qu'elle a fait, en éliminant notamment la quatrième tête de série, Jessica Pegula, en quarts, puis l'Ukrainienne Elina Svitolina, ancienne top 3, dans le carré d'as. 

Avant, bien sûr, ce grand triomphe face à Jabeur. 

«On y arrivera un jour, je vous le promets», a lancé, le visage encore rougi par l'émotion, la finaliste à son équipe, dans son discours d'après-match. 

Pendant ce temps, son mari, Karim Karoum, qui est également son préparateur physique, essuyait lui aussi des larmes dans les estrades.

«Ça doit être la défaite la plus dure de ma carrière, a ajouté Jabeur. C'est une journée difficile pour moi, mais je promets de revenir plus forte et de gagner un titre du Grand Chelem. Je vais gagner ce tournoi.» 

Un câlin de la princesse

En effet, la déception habitait encore la Tunisienne une heure plus tard, quand elle a rencontré les journalistes. Mais Jabeur ne voulait pas sombrer dans le négativisme. «Si je suis déprimée, ça ne m'aidera pas beaucoup», a-t-elle concédé. 

Cette dernière a d'ailleurs été réconfortée dans le vestiaire par la Belge Kim Clijsters, ancienne première mondiale et quadruple championne en Grand Chelem, qui a perdu ses quatre premières finales avant de finalement remporter son premier titre. 

«On a pleuré ensemble, a raconté Jabeur. Elle est une grande inspiration pour moi, je l'aime tellement. [...] En effet, il y a peut-être du positif à retirer de tout cela. Ce n'était pas dû pour moi aujourd'hui. 

Et Kate Middleton a également réconforté la perdante, sur le terrain. 

«Elle ne savait pas si elle pouvait me faire un câlin ou non, a dit la Tunisienne. Je lui ai dit que j'aimais toujours les câlins. C'était un très beau moment, elle est toujours très gentille avec moi.»

AFP
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