Une victoire ultra-expéditive pour Alexis Barrière ; «On aurait aimé que ça dure plus longtemps»
Marc-Antoine Malo
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Alexis Barrière s’attendait certainement à boxer plus longtemps que le premier round pour sa première finale de gala, mais son adversaire Mike Marshall n’a pas fait le poids, en plus de subir une malencontreuse blessure, jeudi soir, au Cabaret du Casino de Montréal.
Le natif de Saint-Jean-sur-Richelieu, affectueusement surnommé «le policier du ring», a servi une solide droite au menton de son rival américain, qui s’est écroulé bizarrement. N’étant pas capable de remettre du poids sur sa jambe, Marshall est resté de longues minutes au tapis.
«Je l’ai touché, mais je pense qu’il s’est fait mal au genou ou à la cheville en même temps. Je l’ai vu devant moi, j’ai essayé de contre-attaquer, mais il est tombé. Au début, je me suis demandé si c’était mon coup de poing, mais je ne l’ai pas vu rentrer tant que ça», a raconté le protégé du Groupe Yvon Michel en entrevue.
Un peu plus petit que Barrière (10-0-0, 8 K.-O.), le boxeur de 34 ans a tenté de compenser par son orgueil. Il avait visiblement des choses à prouver après ses trois revers – maintenant quatre – consécutifs. Il a décoché de nombreux coups qui n’ont pas touché leur cible, le Québécois répliquant promptement chaque fois.
À son premier combat à l’extérieur des États-Unis depuis 2016, Marshall (6-5-1, 4 K.-O.) a été confronté à une foule hostile. Les amateurs étaient derrière le colosse de 6 pi 4 po, qui a semblé à ses aises à sa première finale de gala.
«Au Casino, c’est une autre expérience, un autre défi, plus de pression, mais j’aime ça. Plus j’ai de la pression, plus je performe. C’est un “check” dans ma “bucket-list”. Le prochain, c’est Centre Bell ou Place Bell», a dit Barrière avec confiance.
Une déception
Malgré cette victoire, la 10e de sa carrière professionnelle, Barrière est déçu. Il voulait évidemment envoyer son adversaire au sol, mais le faire dans les règles de l’art.
«On aurait aimé que ça dure plus longtemps. On s’entraîne tellement fort et avec mon coach, on pratique tellement de choses dans le gym, et la cerise sur le sundae, c’est le combat. J’aurais aimé ça le finir – oui, vite – mais d’une manière qu’on a travaillée», a-t-il admis.
«On voulait rester proche de lui pour qu’il panique et lance n’importe quoi, et qu’on fasse le K.-O.», a renchéri celui dont le nom commence à faire frémir la division des poids lourds.
Après deux combats en un mois, et ainsi deux camps d’entraînement succincts, Barrière s’autorisera une ou deux semaines de vacances avant de retourner à la chasse. Avec son entraîneur, le plan est de continuer à étudier et de se faire connaître en se pratiquant avec les meilleurs. Une opportunité auprès de Tyson Fury a avorté dans les dernières semaines, mais ce n’est que partie remise.
Dans le ring, il faudra trouver un boxeur qui saura toucher Barrière, et surtout, lui donner plus de 2 min 45 s d’action.
La deuxième vie de Terry Osias
Plus tôt dans la soirée, c’est avec beaucoup d’aisance que Terry Osias a monté sur le ring pour une deuxième fois en un peu plus d’un mois. Tout en style et en puissance, le Longueuillois a signé une belle victoire avant la limite contre Niclas Elfstedt.
Le boxeur de 36 ans, qui a combattu le cancer ces dernières années, se battait pour une deuxième fois depuis qu’il a envoyé au tapis le plus féroce des adversaires. Il n’a eu besoin que de deux rounds pour venir à bout du champion mi-moyen de la Suède.
«Le temps avance et je veux en profiter pendant que le fer est chaud. Je ne suis pas pressé, mais j’ai faim. L’engouement est là. Je pourrais remplir la salle à moi seul, les gens veulent me voir, et moi, je veux monter», a expliqué celui qui voudrait se battre pour une ceinture à son prochain duel.
«Je suis chanceux [de pratiquer] ce sport, alors j’en profite», a-t-il renchéri, heureux d’être toujours là pour donner un spectacle.
Osias (12-0-0, 6 K.-O.) est demeuré invaincu, étant le premier pugiliste à se battre 10 fois au Casino de Montréal. Elfstedt (11-2-1, 6 K.-O.), quant à lui, n’avait pas connu la défaite depuis 2018.