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Internationaux d'Australie

Australie: Novak Djokovic, gêné à la cuisse, accède au carré d'as

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Il a été tourmenté par sa cuisse blessée pendant ses trois premiers tours. Mais depuis deux matchs, depuis que la douleur semble disparue, Novak Djokovic a un but en tête : passer un message à ses rivaux qui sont encore dans le grand tableau des Internationaux d’Australie.

Si Djokovic souhaitait être craint, c’est réussi. En fait, les trois autres joueurs toujours en lice s’en méfiaient sûrement déjà bien avant.

Mais en quart de finale contre le Russe Andrey Rublev, qui ne lui concède pourtant qu’un rang au classement mondial, le quatrième favori a été dominant d’un bout à l’autre, s’imposant 6-1, 6-2 et 6-4 en 2 h 03 min, mercredi.

Le «Djoker» inatteignable

Jamais le Russe n’a su résoudre l’énigme Djokovic, qu’il avait battu une fois en trois rencontres. De retour au banc entre les jeux, on voyait Rublev se prendre la tête à deux mains. Le «Djoker» lui paraissait inatteignable.

Et il l’était, même si certains jeux ont été plus serrés que le pointage final ne l’indique. Sans relâche, Djokovic a fait bouger son adversaire, le contraignant à la faute (Rublev en a commis 29), quand il ne réussissait pas lui-même l’un de ses 32 coups gagnants.

«D’avoir battu sans équivoque, dans ces deux dernières rencontres, de très bons joueurs [l’autre était l’Australien Alex de Minaur, 22e favori], c’est vraiment quelque chose que je recherchais en ce moment», a pointé l’ancien numéro 1 mondial.

«Quand je présente ce genre de tennis, bien sûr que ma confiance monte, a poursuivi le Serbe, souvent très bavard en point de presse. J’ai été dans ce genre de situation souvent dans ma vie.»

«Je n’ai jamais perdu une demi-finale aux Internationaux d’Australie dans ma vie [en 10 occasions], a-t-il aussi rappelé. J’espère que cela restera ainsi.»

«Joyeux anniversaire»

Était-ce en raison de cette envie de ne rien donner? Toujours est-il que la légende de 35 ans, à l’instar de Rublev, a aussi montré quelques signes de frustration sur le terrain.

Comme il l’a fait à quelques reprises depuis le début de la quinzaine, «Djoko» s’est également plaint à l’arbitre de l’attitude de certains spectateurs durant les points. Un partisan de Rublev a parlé à quelques occasions lorsque le Serbe était au service.

Mais une fois la balle de match disputée, le cinquième mondial s’était réconcilié avec la foule, qui a d’ailleurs entonné le fameux «Happy Birthday» quand Djokovic a mentionné sa maman Dijana, présente dans les estrades et qui célébrait son anniversaire mardi.

Faire oublier l’année 2022

Djokovic ne s’en cache pas. Il a un faible pour l’Australie, où il est en quête d’un 10e titre. Car s’il n’a jamais perdu une demi-finale à Melbourne, il ne s’y est jamais incliné lors du match ultime non plus.

Et cette fois, la motivation est double. Il n’y a pas que cette envie de soulever le trophée une fois de plus, dimanche, et d’améliorer son propre record aux Internationaux d’Australie.

Un an après avoir été expulsé du pays en raison d’un visa non valide, le Serbe souhaite faire oublier les événements de 2022.

«Je suis toujours très déterminé, surtout en Grand Chelem, mais il y a un petit extra cette fois, a reconnu Djokovic. Et je joue de mieux en mieux. Je ne pourrais pas me retrouver en meilleure position.»

Un premier en six ans

Cette 10e finale sera disputée vendredi contre l’inattendu Tommy Paul, 35e meilleur joueur au monde. Paul, lui, n’avait jamais atteint le carré d’as d’un tournoi majeur auparavant.

En battant son compatriote Ben Shelton, Paul a mis un terme à la brillante épopée de ce jeune joueur qui n’était jamais sorti des États-Unis avant de mettre les pieds en Australie.

Il est aussi devenu le premier Américain depuis Sam Querrey, il y a six ans, à se rendre à ce stade d’un tournoi majeur.

«De toute évidence [Djokovic], est assez à l’aise en Australie, s’est moqué le joueur de 25 ans après sa victoire. Ce sera un match exigeant. Mais je présente mon meilleur niveau présentement. Ça ne pourrait pas arriver à un meilleur moment.»