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Photo : Les olympiens Lewis Irving, Marion Thénault et Miha Fontaine ainsi que l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne Jeff Bean (de gauche à droite) sont heureux de se produire à la maison pour deux étapes de la Coupe du monde. Crédit : Photo Agence QMI, René Baillargeon

Ski et planche

Lewis Irving veut profiter de sa deuxième chance

Publié | Mis à jour

Lewis Irving aura finalement l’occasion de se produire devant ses proches sur la scène internationale à l’occasion des deux étapes de la Coupe du monde de saut acrobatique qui se dérouleront en fin de semaine au Relais.

Irving croyait faire ses débuts à la maison l’an dernier alors que la Coupe du monde effectuait un premier arrêt depuis 1995 au Québec, mais une blessure à un genou subie lors d’une descente d’entraînement précédant la Coupe du monde de Ruka a bouleversé ses plans.

«Ce fut très difficile d’être debout en bas de la piste et de regarder mes coéquipiers descendre, a raconté le gagnant d’une médaille de bronze lors du coup d’envoi de la saison en décembre en Finlande. J’étais très déçu, mais, avec le recul, c’était la bonne décision à prendre puisque les Jeux olympiques arrivaient rapidement et nous avons remporté le bronze dans l’épreuve mixte en équipe.»

Irving a de grands objectifs pour cette année post-olympique. 

«Dans le passé, je connaissais souvent de lents débuts de saison. Avec mon départ en force cette année, je serai en mesure de compétitionner pour le Globe de cristal si je fais bien au Relais. Ces deux étapes joueront un grand rôle pour le reste de la saison.»

Membre de l’équipe mixte qui a remporté le bronze à Pékin en compagnie d’Irving et de Miha Fontaine, Marion Thénault caresse, elle aussi, de grands objectifs pour les deux étapes québécoises et la suite de la saison.

«C’est un objectif très ambitieux, mais j’aimerais me battre pour le Globe, a déclaré la médaillée d’argent de la Coupe du monde du Relais en 2022. Je devrai faire preuve de constance et me maîtriser.»

Les athlètes auront l’occasion de se produire devant leurs proches ce qui n’avait pas été possible l’an dernier en raison de la pandémie. 

«J’ai deux familles reconstituées et il y aura beaucoup de mes proches qui seront présents, a-t-elle raconté. Parce que je veux les rendre fiers, ça ajoute une pression, mais je suis contente de sauter ici. Sauf mes parents, mes proches vont me voir pour la première fois et ils verront pourquoi je ne suis jamais là.»

Médaillée d’argent en 2022 devant ses parents qui agissaient comme bénévoles afin d’être présents sur le site, la sauteuse native de Sherbrooke estime qu’elle peut faire encore mieux que l’an dernier. 

«J’ai déjà gagné une médaille d’or en Coupe du monde et c’est possible de le refaire. Je vais faire mes deux sauts les plus difficiles afin de me préparer pour le championnat mondial alors que j’en faisais uniquement un habituellement. C’est important de relever le niveau.»

Victime d’une chute lors du coup d’envoi de la saison, Fontaine veut rebondir. 

«Ça peut juste aller mieux. Je sais les erreurs que je ne dois pas répéter. L’an dernier au Relais, j’ai effectué mon premier triple périlleux avec trois vrilles en compétition. Ça faisait une semaine que je le pratiquais. Cette année, la qualité de mes sauts est meilleure. Je suis plus constant et plus confiant.»

Les Chinois toujours dans l’attente de leur visa

Plusieurs grosses pointures brilleront par leur absence au Relais.

Aux Russes et Bélarusses qui sont dominants depuis plusieurs années et qui sont exclus du circuit de la Coupe du monde en raison de l’invasion de l’Ukraine, il faut ajouter les Chinois qui n’ont pas encore reçu leur visa. Le médaillé d’or olympique Qi Guangpu s’est accordé une année sabbatique, mais les autres souhaitaient être là.

«Ils peuvent aussi bien arriver vendredi et décider de compétitionner en fin de semaine, mais ils n’ont pas encore reçu leur visa pour le moment, a expliqué Nicolas Fontaine. C’est plus facile maintenant de sortir de chez eux, mais les délais sont serrés. Ils tenaient à venir à Québec et prendront part au Canadian Open, samedi prochain.»

Ces absences notoires ouvrent la porte aux autres. 

«Comme humain, j’appuie la décision de la FIS de les exclure, mais, comme athlète, je suis déçu parce que je veux affronter les meilleurs, a résumé Lewis Irving. Par contre, tout le monde dans le Top 10 peut gagner. Si tu gagnes en l’absence des meilleurs, ça enlève un petit quelque chose.»

Irving pense aux Ukrainiens qui seront à Québec pour les deux étapes de la Coupe du monde. 

«C’est incroyable qu’ils puissent être ici alors que leur famille est à la maison, a-t-il souligné. Sur le circuit, nous sommes tous proches et on développe des amitiés. Les Américains ont beaucoup aidé les Ukrainiens en leur permettant de s’entraîner à Park City tout en ramassant la facture.»

À défaut de moyens similaires, le Canada a invité la communauté ukrainienne de la région de Québec à assister à la Coupe du monde dans la zone VIP.

Effet moindre chez les femmes

L’absence de la Russie et de la Biélorussie se fera moins sentir chez les femmes puisque les sauteuses ne sont pas aussi dominantes que les sauteurs. 

«Comme athlète, tu veux affronter le meilleur plateau, mais le niveau sera super élevé avec les Australiennes et les Américaines qui seront nos principales rivales, a souligné Marion Thénault. Ça fait une moins grosse différence chez les femmes.»

Fontaine est persuadé que les amateurs auront droit à un niveau relevé. 

«Le spectacle va être super bon. Les Américains sont très forts et l’Ukraine mise sur de très bons jeunes à l’image du Canada. Les Suisses ont terminé au premier et au deuxième rang lors de la première Coupe du monde à Ruka.»