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Cas Ivan Provorov : «Ça va souder l’équipe»

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L’entraîneur-chef des Flyers de Philadelphie, John Tortorella, est loin de regretter l’histoire Ivan Provorov, puisqu’il s’est porté à sa défense, jeudi avant-midi, quelques heures avant le match contre les Blackhawks de Chicago.

Le Russe continue d’être l’objet de nombreuses critiques pour avoir refusé de porter un chandail aux couleurs de l’arc-en-ciel durant la séance d’échauffement de mardi, à laquelle il n’a pas participé. Il a évoqué sa religion orthodoxe pour justifier sa décision de ne pas enfiler le dossard des Flyers sensibilisant à la cause LGBTQ+. Et pour sa part, le pilote de l’équipe a réitéré son opinion, disant respecter les convictions d’autrui et estimant ne pas avoir de motifs raisonnables de clouer le joueur au banc ou dans les estrades. De plus, il croit que la controverse aura un effet bénéfique dans le vestiaire.

«[Je ne suis pas inquiet] d’aucune façon. Durant nos 15-20 minutes ensemble, la discussion fut vraiment saine et le processus pour aborder une situation délicate a été très bon, a affirmé Tortorella en point de presse, relativement à un entretien demandé à ce propos par le hockeyeur quelques jours avant le duel de mardi face aux Ducks d’Anaheim. Selon moi, ça va souder l’équipe. Je ne suis pas préoccupé par les spéculations voulant qu’il y ait une éventuelle zizanie. Il n’y a aucune chance que cela survienne.»

«Provy n’a rien fait de mal. Si vous êtes en désaccord avec lui, cela ne signifie pas qu’il a commis quoi que ce soit répréhensible», a-t-il également considéré.

Comparaison étrange

D’ailleurs, l’instructeur a appuyé ses mots par une utilisation soutenue de Provorov, qui a passé pratiquement 23 minutes sur la glace lors de la partie contre Anaheim. Interrogé sur sa décision de miser sur le patineur de 26 ans, il a établi un lien plutôt étrange avec le cas du quart-arrière Colin Kaepernick, qui a protesté contre les inégalités sociales.

«En 2016, on m’a questionné sur le drapeau : si un joueur s’agenouille durant l’hymne national, que fais-tu? J’ai répondu qu’il allait rester assis pour le reste de la partie. Or, j’avais tort. J’ai appris beaucoup de cette expérience. Ce que je pense, c’est que toute protestation à l’égard du drapeau et de l’hymne me dégoûte. À ce jour, c’est ainsi. Cependant, je n’aurais pas dû le dire. Je ne peux pas imposer ces sentiments à quelqu’un d’autre.»

«C’est identique ici. Provy n’est pas ici en train de s’insurger contre la soirée de la fierté. Il s’est tranquillement occupé de ses affaires. Lui et moi avons tenu quelques conversations sur la manière de gérer le tout. Il y a l’équipe, lui-même et tout ce qui se passe. On a beaucoup parlé et le processus à suivre est là. Il respecte fortement ses croyances et ça n’a pas changé», a aussi voulu démontrer Tortorella.

Ouvertement gai, l’agent de joueurs Bayne Pettinger n’avait pas paru impressionné par les explications de Provorov et des Flyers.

«Ce n’est pas un choix. Ce n’était pas un choix pour moi d’être gai, c’est comme ça que je suis né et c’est mon identité. Je dois vivre avec ça. Un choix est quelque chose où tu as des options, mais j’ai dû faire cela pour assurer mon bonheur, mon succès et ma continuité au sein du hockey.»