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Internationaux d'Australie

Australie: Leylah Fernandez s’illustre... mais perd

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Après sa défaite au deuxième tour à ces Internationaux d’Australie, Bianca Andreescu rappelait que le tennis était parfois ingrat. «C’est l’un des rares sports dans lequel on peut gagner plus de points que son adversaire et perdre le match quand même», avait pointé la Canadienne.

Jeudi, Leylah Fernandez a remporté exactement le même nombre d’échanges que la Française Caroline Garcia. Dans la colonne des statistiques, il est inscrit « 81 points gagnés » à côté de leurs deux noms.

C’est toutefois la quatrième favorite, l’une des femmes fortes du moment sur le circuit, qui a triomphé dans cette rencontre de deuxième tour, 7-6 (5) et 7-5, en 1 h 52 min.

La Québécoise a peut-être joué un meilleur tennis que la Française, mais cette dernière a remporté les points les plus cruciaux. Notamment grâce à un service imparable dans ces moments clés : Garcia a sauvé six des neuf balles de bris auxquelles elle a fait avec des as.

«Je ne me rappelle pas avoir déjà vu ça», a concédé Leylah devant les journalistes.

Six as sur balles de bris

Un peu plus d’une heure après avoir serré la main de sa rivale et quitté le central, la 40e mondiale semblait sereine.

Sans se dire fière de sa performance, elle était contente d’avoir tenu tête à la championne du dernier Masters de fin d’année. Une joueuse qui, à 29 ans, obtient depuis quelques mois les meilleurs résultats de sa carrière.

«Mes émotions sont mitigées, a précisé Leylah, qui trouvait tout de même le moyen de sourire un peu. Je suis déçue parce que j’ai perdu même si j’ai disputé un bon match. Mais en temps, il y a beaucoup à apprendre de cette performance, et je trouve cela excitant pour la suite de ma saison.»

En manteau en plein été

Car le résultat de ce match aurait pu être fort différent, n’eût été de l’état de grâce dans lequel s’est retrouvé Garcia chaque fois qu’elle avait le dos au mur.

Les organisateurs avaient réservé le Rod Laver Arena, le plus grand stade de Melbourne, pour cette affiche intéressante entre la demi-finaliste du dernier US Open et la finaliste en 2021.

Animé pour la rencontre précédente entre le Norvégien Casper Ruud, deuxième tête de série, et l’Américain Jenson Brooksby, 39e (remportée en quatre manches par ce dernier), le central s’est peu à peu vidé vers 17 h, quand les deux joueuses y ont mis le pied.

Hormis quelques «allez Caro!» et «let’s go Leylah!», l’ambiance était froide, à l’instar des 18 degrés ambiants, qui avaient forcé les spectateurs à revêtir des vêtements chauds en plein cœur de l’été australien.

Le vol de Garcia

Mais sur le terrain, c’était chaud. Il y a deux ans, à New York, la petite Leylah avait pris l’habitude de faire tomber des géantes. Elle ne craint pas ces grandes rencontres sur ces grandes scènes. Et c’est elle, moins erratique, qui a réussi le premier bris de la rencontre à 2-2.

Au jeu suivant, la Québécoise de 20 ans a mené 30-0 sur son service. Dépitée, Garcia a cogné sa raquette contre le sol. Un geste de frustration qui a semblé la libérer, puisque la Française a alors commencé à additionner les coups gagnants, pour briser à son tour.

Puis, Fernandez a pris les devants 4-0 au bris d’égalité. Une avance, en apparence presque insurmontable, que sa rivale a rapidement effacée, notamment grâce à une double faute de Leylah, avant de remporter le set sur l’un de ses 11 as de la rencontre.

«Après la balle de manche, j’avais l’impression d’avoir commis un vol, a imagé la quatrième tête de série. J’étais toujours en retard dans ce set. J’étais incapable de faire un point sur son service. Toutes ses parties au service étaient très rapides et sur les miennes, j’étais en difficulté.»

Encore à apprendre

Au second set, la Lavalloise a été incapable de profiter de trois chances de bris que lui a offertes Garcia. C’est plutôt cette dernière qui a brisé la première, grâce à deux erreurs de Leylah, se donnant une avance précieuse de 6-5.

Malgré une autre partie serrée sur son service, la Française a tenu bon. Et malgré qu’elle ait joué l’un de ses meilleurs matchs des derniers mois, c’en était fait du parcours de Fernandez en simple à Melbourne. Elle le poursuivra en double jeudi, aux côtés de l’Américaine Bethanie Mattek-Sands.

«J’ai encore des choses à apprendre. J’ai appris dans ce match qu’une petite ouverture comme celle que j’ai eue au bris d’égalité, ce n’est pas suffisant», a regretté Leylah.