TENNIS-AUS-OPEN

Photo : « Vous devez trouver vos propres solutions, être votre plus grande cheerleader, votre plus grande fan », a commenté Leylah Fernandez après sa victoire de lundi à Melbourne contre Alizé Cornet. Crédit : Photo AFP

Internationaux d'Australie

La «dureté du mental» de Leylah Fernandez

Publié | Mis à jour

C’est une Leylah Fernandez «plus vite, plus forte» qui s’est présentée sur le terrain pour affronter Alizé Cornet mardi, à Melbourne. 

Le résultat de ses dernières semaines à l’entraînement, aux côtés de son nouveau conseiller, Julian Alonso.

Un dur labeur sous le soleil de la Floride qui a bien servi la petite gauchère dans cette victoire en deux manches au tour initial, sa toute première ici, à Melbourne, en quatre participations.  

Mais si elle a ajouté de la vitesse à ses frappes et à son service, c’est surtout sur l’importance de l’aspect mental du tennis que la Québécoise de 20 ans s’est épanchée en conférence de presse. 

On aurait pu croire que l’intérêt des journalistes internationaux envers la jeune raquette aurait diminué après les résultats plus difficiles qui ont suivi sa fracture de stress au pied, subie à Roland-Garros. 

Eh bien, non, ils étaient quelques-uns, mardi, dans l’énorme salle de conférence du Melbourne Park, qui a des allures de salle de cinéma. Le New York Times était présent, notamment. 

Comme à son habitude, Leylah a pris le temps de répondre sur un ton posé, tant en anglais qu’en français. Elle le fait aussi souvent en espagnol, quand des scribes hispanophones sont sur place. 

Et mardi, Fernandez semblait avoir envie de philosopher. 

Non, elle n’a pas cité Bob du film Les Boys et sa fameuse «dureté du mental» quand elle a parlé de l’aspect psychologique de son jeu. 

Mais si elle dit toujours vouloir améliorer «sa vitesse et l’intelligence de son jeu, ne pas toujours frapper à travers le court», il s’avère que, pour la Lavalloise, l’aspect mental compte pour 75 % dans le tennis. 

C’est son père, Jorge, son principal entraîneur depuis des années, qui lui a inculqué cette mentalité, a-t-elle relevé. 

«C’est ce qu’il m’a enseigné, plus que la technique [M. Fernandez a plutôt joué et entraîné au soccer avant], a pointé la 40e joueuse au monde. Parce que vous savez, le tennis, c’est dur. Vous êtes seule sur le terrain. Souvent, vous n’avez pas votre entraîneur avec vous ou vous ne pouvez pas lui parler durant les points.

«Vous devez trouver vos propres solutions, être votre plus grande cheerleader, votre plus grande fan.»

Les émotions intactes

C’est ce que la Québécoise a dû faire mardi, contre Cornet, 34e au monde. À 32 ans, la Française – une amie de Fernandez, d’ailleurs – est désormais une vieille routière sur le circuit. 

La gauchère s’est rapidement retrouvée derrière 2-0 au premier set, incapable de viser entre les lignes. 

«À 3-1, j’ai trouvé la solution pour changer la vitesse de la rencontre. Je suis heureuse d’être restée patiente et que les choses ne se soient pas bousculées dans ma tête, que mes émotions soient demeurées intactes.»

Cet aspect du sport est particulièrement mis en lumière dans la série Balle de bris, produite par Netflix, qui est sortie juste avant le début de ces Internationaux d’Australie. 

L’Espagnole Paula Badosa, qui a atteint le deuxième rang mondial l’an dernier, s’est notamment épanchée sur sa difficulté à gérer la pression. 

«Quand je joue bien, je me sens comme à la maison sur le terrain, a-t-elle précisé au site web de la WTA. Mais je peux passer de cette sensation à avoir le goût de dire : "Sortez-moi d’ici, j’ai envie de mourir".»

Une inspiration pour tous

Leylah n’a pas encore visionné Balle de bris. Elle se dit toutefois bien consciente que ce stress, cette pression ne se limitent pas qu’au sport qu’elle pratique. 

Elle a évoqué sa grande sœur, Jodeci, qui voulait devenir dentiste, mais qui n’avait pas les notes requises pour entrer dans ce programme. Ou quelques-uns de ses amis, encore aux études, «qui tentent de trouver ce qu’ils souhaitent faire dans la vie». 

«C’est dur, car vous ne savez pas ce qui va arriver. Alors je pense que la série de Netflix permettra à de jeunes athlètes, mais aussi à de jeunes étudiants de voir que nous passons à travers ces situations, et ils ne se sentiront pas seuls.

«Comme ça, ils ne se sentiront pas vaincus. Ils vont voir qu’ils peuvent s’en sortir, eux aussi.»

Philosophe, disait-on.  

«Je dois accepter qu’elle va m’attaquer»  

Leylah Fernandez devra en effet être «sa propre cheerleader» sur le terrain mercredi contre Caroline Garcia, la quatrième favorite à Melbourne. Car Garcia est l’une des joueuses les plus en vue du moment. 

À 29 ans, la talentueuse Française a certes mis plus de temps que prévu à atteindre son plein potentiel. Mais dans les derniers mois, grâce à son tennis à la fois intelligent et puissant, elle s’est adjugé le titre du Masters de fin de saison, en plus de disputer la demi-finale aux Internationaux des États-Unis. 

Des résultats qui lui ont permis de grimper les échelons du classement féminin à une vitesse folle et d’accéder à son meilleur rang en carrière. 

«Je pense que je dois simplement accepter qu’elle va m’attaquer ! » a candidement répondu la Québécoise, lorsque questionnée sur la stratégie à adopter face à Garcia. 

«Elle est très offensive, elle va prendre la balle très, très tôt. Ce ne sera pas facile, a-t-elle concédé. Je vais devoir m’adapter à sa vitesse et ajuster mon jeu en conséquence.» 

Garcia devra aussi s’adapter

Garcia s’est déjà entraînée avec Fernandez par le passé, mais cela fait un moment, a pour sa part pointé la quatrième tête de série mardi devant les nombreux journalistes de «l’Hexagone» qui l’entouraient. 

Dans un tennis français en quête de champions, la sympathique athlète est la saveur du moment. 

«Elle est gauchère, alors ça demande une adaptation. Elle utilise souvent le service sortant, ce à quoi on est moins habitué», a précisé Garcia, avant de rappeler que son entraîneur, Juan Pablo Guzman, est lui-même une patte gauche. 

«Au final, c’est vrai que je ne la connais pas trop, a-t-elle ajouté, mais elle a bien joué en Grand Chelem, surtout au US Open [2021]. Et si elle a battu Alizé [Cornet], ça veut dire qu’elle est aussi assez solide, car on connaît tous les forces d’Alizé dans les tournois majeurs.»

Une chose est sûre, et même Garcia le dit : il s’agit d’une belle affiche pour un deuxième tour. La rencontre sera disputée mercredi soir, au Québec, ou encore, dans la nuit de mercredi à jeudi. 

Ce sera sans doute sur l’un des terrains les plus importants du Melbourne Park. Pour son premier match, en vertu de son statut de quatrième favorite, Garcia s’était vu réserver le Rod Laver Arena, le plus grand stade du site.  

En direct de Melbourne Park 

TENNIS-AUS-OPEN
Crédit photo : Photo d'archives, AFP

La chaleur écrasante a contraint les organisateurs des Internationaux d’Australie à stopper les matchs sur les courts qui ne sont pas dotés d’un toit rétractable pendant une bonne partie de l’après-midi, lors de la deuxième journée d’activités. Il existe à Melbourne un protocole concernant la « chaleur excessive » et celui-ci a dû être mis en place, notamment en raison du mercure qui dépassait les 35 degrés. La bonne nouvelle, c’est qu’on n’annonçait que 21 degrés pour le début des rencontres de deuxième tour, mardi. La mauvaise, c’est que de la pluie était attendue... de quoi donner d’autres maux de tête aux organisateurs.


EN TROTTINETTE SANS CASQUE, ES-TU TOMBÉ SUR LA TÊTE ?

Trotinette
Crédit photo : Photo Jessica Lapinski

Comme dans la plupart des grandes villes de la planète, on retrouve à Melbourne des trottinettes électriques qu’il est possible de louer afin d’accélérer les déplacements. Celles-ci viennent avec un casque... qui n’est pas optionnel. Et bien qu’il soit australien, Nick Kyrgios n’a pas suivi la règle. Forfait à l’Open d’Australie en raison d’une blessure à un genou, le 19e favori a été photographié en train de se déplacer à trottinette sans casque... et avec une passagère (qui semblait être sa copine, Costeen Hatzi). « L’enfant terrible du tennis » pourrait écoper d’une amende de près de 230 $ pour la première offense, et de quelque 185 $ pour la seconde, selon The Guardian


CHAMPAGNE, S’IL VOUS PLAÎT !

Champagne
Crédit photo : Photo Jessica Lapinski

On vous disait mardi qu’au Melbourne Park, c’est le gin qui a la cote. Mais comme dans tous les plus grands tournois de tennis sur la planète, il est aussi possible de siroter une coupe de champagne. Parce qu’après tout, que serait le tennis sans un peu de luxe ? Aux Internationaux d’Australie, vous pouvez le faire assis sur une terrasse couverte. C’est le Piper-Heidsieck qui est en vente sur le site, puisqu’il s’agit également de l’un des commanditaires de l’événement. Au Québec, les 750 ml se détaillent à 64,75 $. Dans l’enceinte du premier tournoi majeur de la saison, une coupe vous coûtera 20 $.