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Coupe du monde 2022

C’est fini pour les États-Unis

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DOHA, Qatar | Les États-Unis n’avaient pas tiré de l’arrière une seule minute dans la phase de groupe, mais ils n’auront pas mené une seule minute contre les Pays-Bas, qui ont mis fin à leur tournoi par une victoire de 3 à 1 en huitièmes de finale samedi soir.

Pendant que les Américains vont rentrer à la maison, les Néerlandais vont se frotter à l’Argentine en quarts de finale.

Les Oranges n’ont pas joué un match très sexy, mais ils ont été très méthodiques dans leur exécution.

Ils ont surtout su comment gérer les Américains pour les mettre dans les moins bonnes dispositions possible.

Première demie difficile

Les Américains ont connu une première demie très difficile, malgré une bonne possession, et ils l’ont payée «cash», comme on dit dans le monde du foot. Et le plus frappant, c’est qu’ils ont cédé deux fois sur des jeux presque similaires.

À la 10e minute, après une séquence de possession de vingt passes, les Néerlandais ont ouvert la marque quand un centre bas est arrivé au pied de Memphis Depay en plein milieu de la surface pour lui permettre de battre Matt Turner.

Dans les arrêts de jeu (45+1), une rentrée de touche a mené à une séquence à peu près identique, sauf que Daley Blind se trouvait à l’autre bout du ballon avec un résultat identique.

Les Américains sont revenus avec un drôle de but de Haji Wright à la 76e, mais les Néerlandais ont repris une avance de deux buts en en marquant encore un troisième à partir d’un centre, l’œuvre de Denzel Dumfries à la 81e.

Trop de possessions

Meilleurs techniquement et tactiquement, les Néerlandais ont été futés en laissant le ballon aux Américains.

Ceux-ci n’étant clairement pas à l’aise avec autant de possessions, ils ont commis des gaffes et d’autres gaffes.

De déchets techniques en déchets techniques, les Pays-Bas ont pu saisir les occasions qui se présentaient à eux pendant que les États-Unis peinaient à construire quoi que ce soit qui vaille.

C’est une belle petite équipe jeune, mais qui manque cruellement de justesse technique dans son jeu, et à force de se faire donner de la corde par les Pays-Bas, elle a fini par se pendre avec elle.

Peu de menaces

Après une phase de groupe encourageante où les Américains n’avaient pas tiré de l’arrière une seule minute, oui on le répète et de la même façon, tous les espoirs étaient permis.

Mais un manque d’organisation offensive des États-Unis les a empêchés de bâtir des attaques durables. Il y a pourtant eu de très belles occasions de la part de Christian Pulisic, tôt dans le match, et de Tim Weah, en fin de première demie, mais Andries Noppert a été spectaculaire chaque fois pour repousser la menace.

Autrement, les Américains ont passé du temps dans le territoire des Oranges sans jamais être réellement menaçants. Ils ont été plus entreprenants en seconde demie, sans pour autant avoir du succès.

Et la marque aurait pu être plus sévère sans quelques petits bijoux de Matt Turner en seconde période, dont un double arrêt quand il restait une vingtaine de minutes à jouer.

Attente

C’est la troisième fois de suite que les États-Unis voient leur parcours s’arrêter en huitièmes de finale. Ils avaient vécu le même sort au Brésil, en 2014, et en Afrique du Sud, en 2010.

Ils pouvaient pourtant se permettre de rêver à une première présence en quarts de finale pour la première fois depuis 2002. Ça devra attendre encore au moins quatre ans.

Les États-Unis ont atteint les demi-finales une seule fois dans leur histoire : c’était à la Coupe du monde de 1930.

Mais on parle évidemment d’une autre époque. Des seize pays admissibles, trois s’étaient désistés. Et c’était la première Coupe du monde de l’histoire, un tournoi qui était alors sur invitation.

Seuls quatre pays européens y étaient présents ; les autres venaient tous des Amériques. Une autre époque, on vous l’a dit.

Même constat que pour le Canada

Les États-Unis se sont rendus un match plus loin que le Canada, mais le constat après leur élimination aux mains des Pays-Bas est un peu le même.

«Nous voulions montrer au reste du monde que nous pouvions jouer au soccer et je pense que nous y sommes partiellement parvenus», a d’abord souligné le sélectionneur Gregg Berhalter.

«Ce groupe est proche»

En se tournant vers 2026, Berhalter a plus au moins résumé les propos tenus par les Canadiens il y a quelques jours.

«Il faut se demander si on peut gagner contre les meilleures équipes et si on peut offrir de bonnes performances contre les meilleures équipes. Je pense que ce groupe est proche, les Américains doivent être optimistes.»

Denzel Dumfries, des Pays-Bas, était d’accord avec lui.

«C’est une équipe jeune et énergique qui est vouée à un bel avenir. Je crois que cette équipe peut faire partie de l’élite.»

Plus de qualité

Cette élimination se résume essentiellement à un surplus de qualité dans le camp néerlandais.

«C’est difficile à avaler pour nous, les gars ont tout donné dans ce match, mais nous avons été à court», a reconnu Berhalter.

«La Hollande a une qualité de finition offensive qui nous fait défaut, a-t-il reconnu. C’est normal, nous sommes une équipe jeune, nous n’avons pas de joueurs qui sont au sommet de leur carrière, on n’a pas de Memphis Depay.»

Il a ainsi résumé ce que tous les observateurs disaient avant cette rencontre : cette équipe n’a pas d’attaquant de pointe qui peut changer la donne.

Berhalter estime que son équipe a connu une bonne première demie, mais il a omis de concéder que les Néerlandais leur avaient laissé le ballon.

«Nous avons eu le ballon pour la majorité de la première demie, mais sur deux moments, ils marquent et on se retrouve en retard de deux buts.»

Une très belle chance

Le portrait aurait pu être différent si Christian Pulisic avait mis le ballon au fond du but sur une très belle chance obtenue dans les premières minutes de jeu.

«J’étais excité par le fait qu’on a eu une bonne chance de marquer et on ne peut pas toutes les finir ces chances. Tout est dans la manière de réagir ensuite.»

Ajustement

Il a du même coup rappelé que son équipe ne jouait pas contre des pieds de céleri.

«Il faut accorder du mérite à la Hollande qui a su créer ces occasions et les finir.»

Les Néerlandais ont tendu un piège aux États-Unis et ils sont tombés en plein dedans, a soutenu le sélectionneur Louis van Gaal.

«Les Américains ne se sont pas ajustés, nous avions planifié notre tactique pour attaquer leurs flancs, ce qui nous a permis de l’emporter.»

Méthodiques

Les Pays-Bas ont été très méthodiques dans cette victoire et le jour du match, Denzel Dumfries soutient que les buts prouvent l’efficacité d’un système de jeu aussi bien rodé.

«Dans ce premier but, vous voyez toutes les facettes de ce que nous travaillons à l’entraînement, des mouvements de ballon aux permutations.»

«Ces buts étaient vraiment fantastiques et je suis incroyablement fier», a pour sa part lancé Van Gaal au sujet des trois buts qui avaient tous des airs de famille.