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Coupe du monde 2022

Que peut-on retenir de l'expérience du Canada à la Coupe du monde?

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Le Canada repart du Qatar avec trois défaites, un gros bagage d’expérience, du respect nouvellement gagné et l’impression qu’il aurait pu faire mieux.

Certes, l’équipe a dépassé l’édition de 1986 qui avait été blanchie à chacun de ses trois matchs. Celle-ci aura marqué un but, celui d’Alphonso Davies contre la Croatie. Face au Maroc ? C’était un but contre son camp à la suite d’une déviation sur un défenseur.

Une seule autre équipe aura cumulé trois défaites avant de plier bagage à cette Coupe du monde. Allez, on vous donne une chance. Vous le savez, non ? Le Qatar, pire pays hôte de l’histoire sur le plan des résultats.

Avouez que ce n’est pas le genre de compagnie que l’on veut avoir quand on s’est présenté à un tournoi comme meilleure équipe issue des qualifications de sa confédération.

Fierté

Lors de leur dernier passage devant les médias, jeudi soir, les joueurs canadiens ont beaucoup parlé de fierté et d’apprentissage.

Quand on veut bien être honnête, on savait d’avance que c’était ce qu’ils venaient chercher ici, de l’expérience, en vue de la Coupe du monde de 2026, qui sera partiellement présentée au Canada.

Mais on s’est laissé prendre au jeu et on a commencé à avoir des attentes. C’est normal, cette équipe avait presque survolé la compétition lors des qualifications de la CONCACAF. Elle était inspirante, jeune, fougueuse et belle à voir jouer.

Et surtout, elle marquait des buts, beaucoup de buts, et elle n’en accordait pas beaucoup.

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Failles

Mais cette défensive qui faisait un boulot plus qu’honnête dans nos contrées n’était pas taillée pour l’élite mondiale.

Steven Vitoria était trop lent, tandis que Kamal Miller et Alistair Johnston manquaient un peu d’expérience pour faire face à cette clientèle. Mais c’est correct, c’est le métier qui rentre et ce sera précieux dans quatre ans.

En milieu de terrain, outre Stephen Esutaquio, c’était mince. Les Canadiens ont perdu la bataille du milieu pendant 90 min face à la Croatie, ils ont été meilleurs contre la Belgique et ils ont eu du mal en première demie contre le Maroc, jusqu’à ce que les Marocains stationnent l’autobus et abandonnent la lutte au milieu.

On s’est même privé des services de Samuel Piette, qui aurait eu son utilité pour stabiliser l’aspect défensif du milieu.

Et cette formidable attaque explosive. C’était un pétard mouillé au Qatar. Trop fébriles, voulant trop en faire trop vite, les attaquants canadiens ont bousillé toutes les chances qu’ils se sont créées, et ils en ont créé.

Et le pauvre Jonathan David a été pratiquement invisible, ce qui n’est pas son habitude. Mais on a un début d’explication dans les paragraphes qui suivent.

Contenir Davies

Alphonso Davies est un joueur d’exception, un pur-sang, mais il faut bien le gérer et John Herdman a failli à la tâche.

Il lui a donné les clés de la maison et le prodige de 22 ans a fait tout ce qu’il voulait, c’est-à-dire trop, comme les jeunes très doués ont tendance à le faire.

Il a pris un tir de pénalité contre la Belgique, alors qu’il aurait dû laisser le ballon à un coéquipier qui en avait plus sous la cravate. C’était seulement son troisième en carrière, le premier contre un gardien d’élite.

Herdman l’a essentiellement utilisé comme attaquant, alors que Davies joue comme latéral gauche en temps normal à Munich. C’était aussi le cas dans les qualifications.

Le positionner si haut sur le terrain ouvrait la porte aux excès. Il a multiplié les séquences de possession trop longues où il perdait le ballon en tentant de dribler la moitié de l’équipe adverse. On perdait aussi son explosion qui le rend si menaçant dans le couloir.

Herdman

Puisqu’il est question de Herdman, il n’a pas connu un bon tournoi. Sur le plan des choix tactiques, il a démérité et n’a pas toujours pris les bonnes décisions lors de ses substitutions.

Il a surtout commis une énorme erreur avec une déclaration-choc à l’endroit de la Croatie, laquelle a servi de motivation à l’adversaire qui lui a passé sur le corps quatre jours plus tard.

Les joueurs ont beaucoup vanté les talents de motivateur de Herdman. Il a maintenant quatre ans pour nous montrer qu’il peut aussi être un bon tacticien.

Il est sous contrat avec Canada Soccer jusqu’en 2026 et a affirmé qu’il souhaitait rester en poste jusqu’à la prochaine Coupe du monde pour la jouer à la maison.

Bien franchement, il ne semble pas y avoir de meilleur candidat pour le moment et il faudra le retenir s’il devait décider d’écouter le chant des sirènes qui émane de sa mère patrie, l’Angleterre, où des clubs ont de l’intérêt pour lui.

Mais comme ses joueurs, Herdman aura des progrès à réaliser afin de démontrer qu’il peut tenir son bout sur la plus grande scène mondiale.