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Coupe du monde 2022

Le Brésil vaincu à son dernier match

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Les Brésiliens faisaient une Coupe du monde sans faille au Qatar jusqu’à ce qu’ils croisent les Camerounais sur leur route. Les représentants africains ont fait honneur à leur surnom de «Lions indomptables» en l’emportant 1 à 0, vendredi à Lusail.

Avant ce match, le Brésil n’avait pas perdu et n’avait pas accordé le moindre but. L’entraîneur-chef Tite avait choisi de reposer certains de ses joueurs pour cette rencontre, notamment le gardien Alisson Becker, auteur de deux blanchissages jusqu’ici.

Ederson, qui évolue à Manchester City, a longtemps préservé la fiche immaculée de son pays, mais il n’a rien pu sur le filet de Vincent Aboubakar. Dans les arrêts de jeu de la seconde mi-temps, l’attaquant camerounais a dévié de la tête le service de Jérôme Ngom Mbekeli.

Très heureux de ce but important, Aboubakar a aussitôt retiré son maillot pour célébrer, ce qui est passible d’un carton jaune. Après une poignée de main, l’arbitre l’a expulsé de la rencontre puisqu’il s’agissait de sa deuxième pénalité. Son pays a ainsi dû se défendre à 10 contre 11 pour les six dernières minutes, mais sans conséquence.

Défaite amère

Malheureusement, le Cameroun ne détenait son destin que partiellement entre ses mains. Une victoire face au Brésil était nécessaire, mais aussi une défaite de la Suisse. Or, les Helvètes se sont défaits des Serbes par la marque de 3 à 2 dans l’autre duel du groupe G.

«C’est une bonne victoire, mais après, la qualification ne dépendait pas de nous parce que la Suisse a gagné, a souligné Aboubakar, en entrevue avec beIN Sports après le match. C’est dommage, c’est une victoire amère. On sort quand même de la compétition la tête haute.»

Signe que l’écart s’est resserré entre les grandes puissances et le milieu du peloton, aucun pays n’a terminé la phase de groupes avec trois victoires. Le Cameroun, lui, a signé son premier gain au Mondial depuis 2002. Il avait perdu ses trois matchs en Afrique du Sud (2010) et au Brésil (2014).

«L’objectif était d’être premier de ce groupe, a affirmé au réseau qatari le milieu de terrain du Brésil Fabinho. C’était un groupe très difficile. Je pense que dans les trois matchs, nous avons été supérieurs. On a créé des occasions et défensivement, on a été solide. Ce match démontre qu’en une seconde, tu peux perdre.»

Le Brésil n’aura que deux journées de congé avant de croiser le fer avec la Corée du Sud en huitièmes de finale, lundi.

La Suisse poursuit sur sa lancée

Pour une troisième édition de la Coupe du monde de soccer consécutive, la Suisse s’est qualifiée pour les huitièmes de finale, vendredi à Doha, grâce à une victoire enlevante de 3 à 2 face à la Serbie.

Les Helvètes se devaient de l’emporter pour passer à la prochaine étape en raison de la victoire-choc du Cameroun face au Brésil. Ils y sont parvenus de justesse, profitant des largesses défensives de la deuxième nation ayant accordé le plus de buts (huit) depuis le début de la compétition.

Vétéran de la délégation suisse, Xherdan Shaqiri a complété une manœuvre de Djibril Sow pour ouvrir la marque à la 20e minute. Par le fait même, Shaqiri est devenu le seul joueur, mis à part Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, à avoir enfilé l’aiguille lors des trois dernières Coupes du monde.

C’est ce même Shaqiri qui a mis la table pour le but décisif de la rencontre, tout juste au retour de la mi-temps après une première demie rocambolesque. Le joueur du Fire de Chicago a vu son centre dévier jusqu'aux pieds de Remo Freuler à la 48e minute, et cette réussite a ultimement permis aux Suisses de prolonger leur séjour au Qatar.

«Compliments à cette équipe, qui a gardé la tête calme dans un match aussi émotionnel pour beaucoup de gens, a lancé Breel Embolo en entrevue avec beIN Sports, auteur du deuxième but des siens, après la rencontre. On est très heureux, on va prendre les trois points et on va les savourer.»

La Suisse tentera d’accéder aux quarts de finale pour la première fois depuis 1954 lorsqu’elle se mesurera au Portugal, mardi prochain.

«Ce n’est pas si simple, a averti Embolo. On est content d’être passé. On va se régénérer, analyser, savourer cette victoire et essayer de passer les huitièmes de finale.»

Les Serbes ne lâchent rien

Depuis que la Serbie est un pays indépendant, elle n’a jamais franchi la phase de groupes à une Coupe du monde. Ses espoirs de qualification étaient bien minces à l’aube de ce match ultime, mais elle s’est battue avec l’énergie du désespoir.

À la 27e minute, Aleksandar Mitrovic a trompé Gregor Kobel à l’aide d’une superbe tête décroisée pour créer l’égalité. Puis, après s’être fait complice de cette première réussite, Dusan Tadic en a ajouté en préparant le but de Dusan Vlahovic, à la 35e.

Les Serbes ont joué avec intensité jusqu’au coup de sifflet final, si bien que cinq de leurs joueurs ont écopé de cartons jaunes. Le dernier est venu à la 95e minute, alors que Nikola Milenkovic et Granit Xhaka s’en sont donné à cœur joie dans les dernières secondes du duel.

La Serbie termine ainsi la compétition au 29e échelon; un résultat quelque peu décevant pour un pays occupant le 21e rang mondial de la FIFA.