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Coupe du monde 2022

Pas une seule minute de jeu pour Samuel Piette

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On était deux heures après le match, il ne restait que des journalistes canadiens dans la zone mixte et les derniers joueurs du Canada se faisaient attendre.

On nous a dit que ceux-ci passaient du temps avec leurs familles sur le bord du terrain au stade Al Thumama. Une dernière chance de savourer l’expérience avant de rentrer à la maison.

Théoriquement, les joueurs sont obligés de déambuler dans la zone mixte après le match ou en route vers l’autobus de l’équipe.

Samuel Piette est l’un des rares Canadiens à ne pas être passé dans cette salle où les nombreux journalistes attendent pour parler aux joueurs des deux équipes.

Par texto, il nous dira qu’il est désolé et qu’il espère que nous comprenons. Il n’a pas à s’en faire, les médias québécois présents à Doha ont très bien compris pourquoi le milieu de terrain n’avait pas envie de se soumettre à l’exercice.

Ignoré

Même s’il a plus d’une soixantaine de titularisations avec l’équipe nationale depuis 2012 et qu’il a été partie prenante de la qualification de l’équipe à la Coupe du monde, il n’a pas joué une seule minute dans l’un ou l’autre des trois matchs de l’équipe.

Évidemment, il ne s’agit pas d’un match entre amis au parc, mais pour ses états de service, Piette méritait d’avoir ne serait-ce que quelques minutes pour vivre le moment. Après tout, il n’aurait certainement pas pu faire pire que Mark-Anthony Kaye qui a remplacé Stephen Eustaquio jeudi soir.

L’allure de la rencontre n’a sans doute pas joué en la faveur du Québécois de 26 ans. Le but en fin de première demie, qui resserrait l’écart à 2 à 1, redonnait espoir au Canada d’accrocher au moins un point et les changements de John Herdman ont été offensifs.

Quand David Wotherspoon est entré pour remplacer Junior Hoilett à la 76e minute, Piette savait qu’il ne jouerait pas. C’était la dernière substitution de Herdman.

Lors de la conférence de presse d’avant-match, il avait été question de l’utilisation des réservistes dans ce dernier match. John Herdman avait mentionné qu’il avait une conversation difficile avec un vétéran de plusieurs saisons. Il faut se demander s’il faisait référence à Piette.

Joueur apprécié

Piette est un guerrier qui mouille le maillot sans relâche quand on l’envoie dans la mêlée. Les partisans du CF Montréal le savent bien.

À n’en pas douter, c’est un joueur qui est populaire auprès de ses coéquipiers à Montréal. Après tout, il est cocapitaine de l’équipe.

Mais il est également dans les bonnes grâces de ses coéquipiers chez les Rouges. Steven Vitoria ne s’est pas fait prier pour parler de lui après la rencontre.

«Sam est un joueur spécial pour ce groupe. Il est encore jeune et il a un avenir brillant devant lui. Je suis fier de l’avoir avec nous.»

Pas déçu

Deux autres des six joueurs du CF Montréal n’ont pas touché le terrain, soit le défenseur Joel Waterman et le gardien James Pantemis.

Le premier était surtout là pour l’expérience et pour servir de doublure à l’entraînement alors que le second savait à quoi s’attendre quand il a été appelé en relève de Maxime Crépeau qui s’est fracturé une jambe en finale de la Coupe MLS.

«Je connaissais mon rôle et je suis juste très content d’être avec le groupe, a confié Pantemis. C’est un rêve accompli pour moi. Je dirais même qu’il y a 10 ans, je ne croyais pas que c’était un rêve qui était possible.»

Il en a profité pour faire le plein d’expérience et s’inspirer des meilleurs.

«Je regarde des gardiens comme Thibaut Courtois [de la Belgique], on est sur le même terrain et on a des conversations après le match avec eux. J’essaie d’apprendre le plus possible de ces gardiens qui sont au plus haut niveau.»

Pantemis va maintenant retourner à Montréal où il s’attend à passer la prochaine saison même si le CF Montréal n’a pas levé l’option sur son contrat avant le début de la Coupe du monde.

«Je suis encore en discussion avec Montréal et je crois que ça va être réglé d’ici la fin de l’année. J’aimerais bien rester à Montréal et on a de bonnes discussions, je suis optimiste.»