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Autre surprise de taille à la Coupe du monde

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Deuxième surprise de taille au Mondial: après l'Argentine battue par l'Arabie Saoudite, l'Allemagne a craqué mercredi 2-1 contre le Japon, audacieux et sans complexe, dans le premier match du groupe E, à Doha.

Les Allemands ont-ils été déconcentrés par leur geste "politique" d'avant-match? Pour protester contre les menaces de sanctions brandies par la Fifa pour empêcher le port du brassard inclusif "One Love", le capitaine Manuel Neuer et ses coéquipiers se sont ostensiblement mis la main devant la bouche sur la traditionnelle photo d'équipe qui précède le coup d'envoi.

Les hommes du sélectionneur Hansi Flick, fidèles à eux-mêmes, ont affiché leurs convictions. A défaut d'afficher leurs certitudes sportives.

Car la Nationalmannschaft a souffert. Et s'est déjà mise en grande difficulté dans un groupe difficile où évoluent également l'Espagne et le Costa Rica, opposés à 17h00.

D'entrée de jeu, les "Samurai Blue" ont offert aux quadruples champions du monde un avertissement sans frais, sous la forme d'un but de Daizen Maeda - refusé pour hors-jeu - dès la 8e minute, au bout d'un contre mené à la vitesse de l'éclair.

En face, l'Allemagne a mis 20 bonnes minutes à entrer dans son match, mais elle a peu à peu pris le contrôle, et l'on a pu penser, à la demi-heure de jeu, que la dynamique du match avait basculé en sa faveur.

Après des occasions nettes d'Antonio Rüdiger (17e), Joshua Kimmich (20e) et Ilkay Gündogan (27e, 29e), le gardien nippon Shuichi Gonda a bousculé dans la surface David Raum: Gündogan a transformé le pénalty, concrétisant la domination allemande (1-0, 33e).

Japonais de Bundesliga

La deuxième période est partie sur le même rythme, avec notamment un tir puissant mais au-dessus de la barre, de la pépite du Bayern Munich Jamal Musiala (51e), et encore un tir sur l'extérieur du poteau de Gündogan, superbement servi par Musiala (60e).

L'Allemagne semblait sereine, mais à 1-0, l'exploit restait à la portée du Japon, et les joueurs du pays du soleil levant n'ont jamais baissé les bras.

Tout a basculé en quelques minutes. D'abord lorsque les Allemands ont vu quatre tirs (Hoffmann et Gnabry trois fois) repoussés en quelques secondes par des parades spectaculaires de Gonda, à la 73e minute. On reparlera dans les prochains jours de l'absence d'un véritable buteur!

Quasiment sur le contre, Manuel Neuer a sauvé la patrie, d'une manchette dont le portier de 36 ans a le secret, alors que les remplaçants japonais sur le banc s'étaient déjà levés, voyant le ballon au fond.

C'était juste partie remise. Sur l'action suivante, Ritsu Doan, le joueur du FC Fribourg, a égalisé à l'arrivée d'une combinaison collective qui a donné le tournis à la défense germanique (1-1, 75e). 

Huit minutes plus tard, un autre Japonais de Bundesliga, Takuma Asano (Bochum) donnait le coup de grâce d'une tir puissant sous la barre (2-1, 83e). Les Japonais pouvaient exulter, et les Allemands baisser la tête. En 2018, au Mondial en Russie, la Mannschaft avait déjà été battue par une équipe asiatique, la Corée du Sud (2-0) et piteusement éliminée au premier tour.              

Le Maroc tient la Croatie en échec

La Croatie de Luka Modric, finaliste de la dernière Coupe du monde, n'a pas trouvé de solution contre le Maroc (0-0), bien organisé mais maladroit, mercredi au stade Al-Bayt d'Al-Khor, dans le groupe F du Mondial-2022 (1re journée).

Que le Mondial-2018 semble loin! Le temps où l'équipe au maillot frappé du damier blanc et rouge balayait ses adversaires en phase de groupe, qu'il s'agisse du Nigeria (2-0), de l'Argentine (3-0) ou de l'Islande (2-1), est révolu.

De cette épopée fantastique, conclue par une défaite en finale contre la France (4-2), certains cadres sont toujours là, comme le défenseur Dejan Lovren, le milieu Marcelo Brozovic, les attaquants Andrej Kramaric et Ivan Perisic, et surtout le capitaine Luka Modric.

Mais le Ballon d'or 2018, qui dispute peut-être sa dernière grande compétition internationale à 37 ans, n'a pas su sortir son équipe de l'étau marocain.

Il a bien essayé par moments, en s'infiltrant dans la surface de réparation après un joli passement de jambes (15e), en décochant une frappe puissante du pied gauche au-dessus des cages gardées par Yacine Bounou (45e+2), ou encore d'une belle ouverture pour Josip Juranovic (51e).

Mais son match fut à l'image de son équipe, sans folie ni créativité, loin du surnom dont elle est affublée, la "Vatreni" ("les Flamboyants").

Peu après l'heure de jeu, le milieu de terrain du Real Madrid a même levé les bras de dépit après une nouvelle passe mal ajustée d'un de ses coéquipiers (67e).

Le Maroc bien organisé

En face, le Maroc a été solide et a eu quelques opportunités, dans un match parfois rugueux mais qui n'a occasionné qu'un seul carton jaune. En première période, ce sont les Lions de l'Atlas qui se sont procurés le plus d'opportunités, devant un public largement acquis à leur cause.

Le latéral droit du Paris Saint-Germain Achraf Hakimi s'est montré à son avantage, usant de sa vitesse pour déborder sur son aile, adresser des centres dangereux, et même forcer Dominik Livakovic à un arrêt après une frappe (65e).

À l'inverse, son compère de l'aile droite, Hakim Ziyech, a été maladroit. Le joueur de Chelsea effectuait son retour en sélection après une année d'absence à cause d'une brouille avec l'ancien sélectionneur, Vahid Halilhodzic.

Il a tenté une frappe (13e) qui a été contrée, trois transversales -ratées- en première période, et un joli centre pour Youssef En-Neyri (18e), qui a manqué sa tête.

Après ce match nul décevant, la Croatie affrontera le Canada dimanche (17h00) avant de retrouver une équipe en rouge, la Belgique, le 1er décembre (16h00), dans le choc du groupe F.