Coupe du monde 2022

Un journaliste interpellé au Qatar

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Dans un pays reconnu pour bafouer les droits de l’homme, un journaliste danois a eu maille à partir avec des gens de la sécurité lors d’un reportage en marge de la Coupe du monde de soccer, mercredi au Qatar.

Rasmus Tantholdt, de la chaîne TV2, a été interrompu au cours d’un segment en direct. Un groupe de trois hommes l’a interrompu, menaçant même d'endommager la caméra en cas de refus malgré la présentation d'une accréditation en bonne et due forme.

«Monsieur, vous avez invité la planète entière ici, a lancé le journaliste. Pourquoi ne pouvons pas filmer? C’est un endroit public. Vous pouvez briser la caméra. Vous voulez la casser? Allez-y. Vous nous menacez.»

Depuis, le Comité suprême du Qatar a avoué qu’il s’agissait d’une erreur et qu’il avait fait le nécessaire afin d’éviter ce genre d’interruption à l’avenir. L’équipe de tournage a confirmé avoir été contactée par celui-ci à la suite de l’incident.

«Après inspection de l'accréditation valide du tournoi et du permis de tournage de l'équipe, des excuses ont été présentées au diffuseur par la sécurité sur place avant que l'équipe reprenne son activité», peut-on lire dans un communiqué.

«Les organisateurs du tournoi ont depuis parlé au journaliste et ont émis un avis à toutes les entités pour qu'elles respectent les autorisations de tournage en place pour le tournoi.»

De la grogne

Le contingent danois pourrait bien faire l’objet d’une attention particulière en sol qatari. En effet, l’équipe nationale avait indiqué son intention de porter sur le terrain un chandail pour faire la promotion des droits de l’homme. Or, la FIFA a utilisé son droit de veto pour l’interdire.

Il ne s’agit qu’un des nombreux gestes proposés aux quatre coins du globe pour condamner la tenue du Mondial au Qatar, allant jusqu’à un appel au boycottage qui ne semble pas trouver écho auprès des nations qualifiées.

Le président de la France, Emmanuel Macron, avait notamment indiqué qu’il ne fallait politiser le sport.

Le traitement des travailleurs étrangers, dont plusieurs sont morts pendant la construction des installations sportives, le traitement des dissidents et la persécution vécue par certaines minorités sont au cœur des inquiétudes par rapport à cet état du golfe Persique.