Mital

Photo : Le receveur de passes Kevin Mital tout sourire lors du match contre les Stingers de Concordia, le 25 septembre dernier. Crédit : Photo d’archives, Didier Debusschère

Football universitaire RSEQ

« On aime ça aller gâcher des partys »

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Le Rouge et Or de l’Université Laval s’apprête à débarquer en territoire ennemi avec l’intention d’ébranler la meilleure équipe de football au pays. « On aime ça aller gâcher des partys », s’amuse Kevin Mital.

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La bonne humeur régnait au Stade TELUS-UL mercredi soir, au terme d’un avant-dernier entraînement à la maison. Les exercices ont débuté à l’abri des éléments dans le stade couvert et se sont terminés sur le terrain enneigé, question de faire quelques ajustements, notamment avec les crampons et l’équipement.

Les rafales n’ont toutefois pas refroidi les ardeurs des hommes de Glen Constantin, qui ont fait le plein de confiance cette semaine à la suite de leur victoire dramatique à la Coupe Dunsmore, samedi dernier.

« Le message dans la chambre, c’est qu’on pack pour un voyage de dix jours. On ne s’en revient pas ici en fin de semaine », assure le receveur de passes Kevin Mital.

Le Rouge et Or jouera devant sa plus grosse foule hostile de la saison. Rien ici pour jouer dans l’esprit du numéro 8.

« On aime ça, aller gâcher des partys. Ça va être un show. C’est comme quand on est allés à Sherbrooke. Il y avait du monde et on les a fait taire. Pour moi, c’est pas quelque chose qui me dérange. » 

Ça va jouer dur

Mais pour gagner le privilège de prolonger son séjour à London, et par le fait même de jouer à la Coupe Vanier, autant Mital que le quart-arrière Arnaud Desjardins savent qu’ils auront probablement affaire au match le plus dur physiquement de l’année.

Les Mustangs de l’Université Western n’ont pas l’habitude de distribuer des cadeaux et ne commenceront certainement pas en fin de semaine, prédit le duo.

« Je n’ai jamais fait partie de la rivalité Laval-Western. Je sais que contre Montréal, c’est quand même des matchs super intenses. Mais l’enjeu est encore plus gros et c’est quand même des gars qui sont réputés pour leur intensité. Les gars qui étaient là en 2017 et 2018 nous le disent. Il faut être prêt à ça, et je pense qu’on l’est », assure Desjardins.

Parlant de jeu physique, le maraudeur de cinquième année des Mustangs Daniel Valente Jr., élu joueur défensif par excellence de la conférence ontarienne, est un habitué du genre.

Valente Jr., qui avait hérité du titre de joueur défensif du match à la dernière Coupe Vanier, a mené la ligue avec cinq interceptions et a enregistré 116 plaqués et un sac du quart.

« Il couvre beaucoup de terrain. C’est un gars vraiment agressif qui veut faire les gros jeux, qui frappe fort et qui est vraiment intense. C’est probablement leur joueur à surveiller le plus possible pour les jeux aériens, mais aussi il vient rejoindre les secondeurs pour les jeux de course », note Desjardins, qui devra s’assurer d’avoir constamment un œil sur son rival.

Face à l’inconnu 

Bien qu’ils connaissent peu leur futur adversaire, Mital et Desjardins n’ont pas besoin qu’on leur rappelle que l’attaque au sol est le pain et le beurre des Mustangs. Cette saison, ils ont couru en moyenne 292 verges par match. 

Aucune équipe du RSEQ ne s’approche de ce que font les Mustangs. Une part d’inconnu s’ajoute ainsi à la préparation.

« C’est sûr qu’on ne les connaît pas beaucoup. On voit un peu ce qu’ils font, c’est quand même assez simple, mais ils le font super bien. On n’a pas vraiment de repères contrairement à quand on joue contre Montréal », dit Desjardins, pour qui la clé du match sera de « contrôler le ballon ».

Un constat qui trouve écho chez son coéquipier.

« C’est une équipe qui marque en moyenne 42 points par match [45 points par partie, NDLR]. Ils courent beaucoup le ballon. On veut reposer notre défense le plus possible et étirer nos drives le plus possible. » 

  • Charles-Lee Alarie-Tardif s’est vu décerner le titre de joueur de la semaine sur les unités spéciales au pays.
  • Le Rouge et Or mettra le cap sur London jeudi midi, en autobus.
  • En cas de victoire samedi, l’équipe restera sur place en attendant de disputer la Coupe Vanier.
  • Un peu plus de 5000 billets ont été vendus jusqu’à maintenant en prévision de la Coupe Mitchell, selon ce qu’a indiqué l’organisation des Mustangs, mercredi.

La filière québécoise de l’Université Western

Olivier Bouthot
Crédit photo : Photo courtoisie Brandon VandeCaveye, Western Mustangs

Douze joueurs originaires de la Belle Province s’alignent avec l’organisation 

Une véritable filière québécoise est installée dans le vestiaire des Mustangs de Western. Pas moins de 12 Québécois font partie de l’équipe, et Greg Marshall ne se gêne pas pour recruter ces joueurs « bien entraînés ». 

Une douzaine de joueurs ayant joué leur football dans le réseau collégial québécois enfilent l’uniforme mauve cette saison. Cinq proviennent même de la région de Québec.

En entrevue avec les membres des médias mercredi, l’entraîneur-chef des Mustangs a louangé leur présence dans son organisation.

« Le programme des cégeps au Québec est vraiment bon. Les joueurs qui en sortent sont bien entraînés. Ils ont étudié et sont allés à l’école et souvent loin de chez eux. Ils ne sont pas comme les recrues typiques d’Ontario », a-t-il souligné.

« Le système collégial produit des joueurs exceptionnels. Et parce qu’ils sont un peu plus vieux, ils sont plus matures physiquement. »

Trois Titans à London

Les Mustangs ont notamment recruté trois joueurs des Titans de Limoilou il y a près d’un an. Les secondeurs Olivier Ruest et Olivier Bouthot ainsi que le joueur de ligne défensive Jordan Béland ont choisi de jouer leur football à London.

Et le trio ne regrette en aucun cas son choix d’aller jouer dans la province voisine. Si les deux Olivier ont pu voir un peu d’action durant l’année, Jordan, lui, s’est même imposé comme partant.

« On se connaît depuis Limoilou. On est comme des frères. On a tous décidé de venir ici pour le foot, mais être ensemble a influencé notre choix », assure Béland.

Les trois recrues sont mêmes colocataires. Un atout précieux après une dure journée. « Au moins, quand ça se passe moins bien à l’extérieur, quand on revient à la maison, on se parle puis on est corrects », précise Olivier Ruest.

Le quart-arrière recrue Jérôme Rancourt, un produit du Campus Notre-Dame-de-Foy (CNDF), a lui aussi choisi l’Ontario pour son stage universitaire. Il a grandi avec le Rouge et Or dans sa cour arrière et admet que le match de samedi aura une saveur spéciale. 

« C’est sûr que ça fait drôle de jouer contre ceux qu’on regardait quand on était petit. [...] J’ai encore beaucoup d’amis qui sont à Laval et qui sont partants. C’est sûr que ça va être le fun. »

Le Bol d’Or d’abord

Mais avant de passer à l’action samedi, certains joueurs des Mustangs ne manqueront pas une minute du match du Bol d’Or qui opposera Limoilou au CNDF, vendredi soir. Ruest, Bouthot et Béland se rangeront évidemment dans le camp de leur alma mater tandis que Rancourt fera de même avec CNDF.

« Limoilou, c’est l’équipe qui coule dans mes veines depuis toujours. Et ça ne changera pas. Ce Bol d’Or là, c’est comme si j’avais un double match », a lancé Ruest.

« Limoilou-CNDF, c’est tout le temps une grosse compétition. De voir nos deux clubs performer au Bol d’Or, c’est vraiment le fun », a souligné Rancourt. 

Le premier vrai test des Mustangs 

Après avoir survolé la conférence ontarienne tout l’automne, les Mustangs auront leur premier vrai gros test de la saison face au Rouge et Or.

C’est du moins l’avis de l’entraîneur-chef Greg Marshall, notamment parce qu’une part d’inconnu entoure ce duel entre les deux meilleurs programmes de football au pays.

« Nous n’avons eu aucun adversaire qui se compare à eux », rappelle d’emblée Marshall.

« On ne sait pas encore comment ils vont se défendre face à notre attaque parce qu’il y a très peu d’équipes au Québec qui ont une offensive comme la nôtre. Et d’un autre côté, on n’a pas vu d’équipe comme Laval qui lance le ballon autant qu’eux. Il faudra s’adapter. »

S’adapter, oui, mais sans se dénaturer souligne le réputé entraîneur. « Tu ne peux pas trop changer, tu es qui tu es » et la clé sera de « s’adapter rapidement en début de match ». 

Des fleurs pour Mital

Il faudra surveiller de quelle façon Greg Marshall voudra contenir le receveur vedette Kevin Mital, qu’il qualifie d’« athlète exceptionnel et dynamique », mais qui représente « un problème difficile pour nous ».

« Le problème quand on essaie de le contenir avec des couvertures doubles ou d’autres méthodes, c’est que tu te rends vulnérable à l’attaque au sol et leurs autres receveurs qui sont bons aussi. »

« On a beaucoup de problèmes que l’on devra essayer de contenir. Nous allons espérer du mauvais temps. Peut-être que ça nous aidera », a-t-il rigolé.

Enfin à la maison

Le grand manitou des Mustangs apprécie particulièrement le fait de pouvoir disputer les séries éliminatoires à la maison. En plus des deux matchs de séries, l’Université Western est l’hôte de la Coupe Mitchell et la Coupe Vanier.

Ne comptez donc pas sur Marshall pour s’ennuyer de la bruyante foule du stade TELUS-UL.

« On regardait récemment justement des vidéos de 2018 avec des cadences silencieuses. La communication était difficile parce que c’est bruyant. En plus il y a une balade de 10 heures en autobus pour s’y rendre et ensuite jouer un match deux jours plus tard. »


Le porteur de ballon étoile Édouard Wanadi n’est toujours pas de retour à London, a confirmé Greg Marshall. Il doute fort que le Québécois soit en uniforme samedi.