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Félix Auger-Aliassime éliminé de la finale de l'ATP

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Le parcours de Félix Auger-Aliassime à la finale de l’ATP a pris fin jeudi aux mains de l’Américain Taylor Fritz, dans une bagarre de tranchée qui aurait pu aller d’un côté comme de l’autre, jusqu’à ce que le Québécois ne s’écroule dans la manche ultime.

Fritz s’était qualifié pour ce championnat de fin de saison par la porte arrière, en raison du forfait de l’Espagnol Carlos Alcaraz. Mais c’est finalement lui, le huitième favori, qui affrontera le Serbe Novak Djokovic samedi, en demi-finale.

L’Américain de 25 ans s’est imposé 7-6(4), 6-7(5) et 6-2. Cette bataille de fond de terrain, ponctuée d’échanges relevés de part et d’autre, aura tenu les spectateurs au bout de leurs sièges pendant 2 h 45 min.

Ou du moins, durant environ 2 h 30 min, jusqu’à ce qu’un Félix jusque-là solide n’offre quatre balles de bris à son rival. Ses quatre premières de la rencontre.

Auger-Aliassime est parvenu à en effacer trois, mais la dernière, qu’un coup droit raté a envoyée derrière la ligne de fond, fut celle de trop.

Il a de nouveau échappé son service à 5-2, offrant du même coup le match à Fritz sur un plateau d’argent.

Du haut calibre durant 2 h 20

Ce sont les yeux rivés sur son cellulaire que «FAA» est arrivé dans la salle de conférence après ce marathon.

Mais si cette entrée en matière laissait croire que le Québécois était amer de l’issue de la rencontre, le sixième favori paraissait assez serein devant les quelques journalistes toujours présents dans la salle, vers 1 h du matin, heure de Turin.

«C’était une rencontre de très haute qualité pendant 2 h 30 min, effectivement, a-t-il reconnu d’emblée. [...] En troisième manche, j’ai fait de mauvais choix, mon exécution était mauvaise durant certains points. J’ai peut-être perdu ma concentration à certains moments.»

Ce match semblait parti pour en être un de puissants serveurs. Mais les deux rivaux n’ont mis qu’une demi-manche à s’ajuster au service de l’autre, complexifiant les échanges dans cette rencontre sans lendemain pour le perdant.

Après avoir réussi d’entrée le mini-bris dans le bris d’égalité du set initial, Félix s’est tiré dans le pied en commettant à son tour une faute au service.

L’Américain n’en demandait pas tant et n’a rien donné du reste de la manche.

Le poing rageur

Nullement déconcentré par la perte du premier set, le nouveau cinquième mondial a été le premier à obtenir des balles de bris dans la deuxième. Trois, plus précisément, dès le deuxième jeu.

Sauf que Fritz les a effacées une à une, à coups d’as et de services gagnants.

Il s’en est suivi un autre bris d’égalité, cette fois hautement disputé.

L’Américain semblait d’abord avoir Auger-Aliassime dans les câbles : il menait 3-1, avant que le joueur de 22 ans ne remonte en raison d’une double faute de son rival, puis grâce à un superbe amorti, devant un public qui exultait.

La fierté de L’Ancienne-Lorette a conclu ce set tout en attaque, forçant finalement Fritz à la faute. Un poing rageur dirigé vers son box, Félix a poussé un cri de guerrier sur le court avant de se diriger vers son siège.

«C’était un match de très haute intensité, a-t-il reconnu. Tant physiquement que mentalement. Les deux, on savait que l’on avait beaucoup à gagner. On voulait tout donner.»

«Avant la rencontre, je me disais qu’il fallait que je joue avec une grosse envie de gagner, a poursuivi Félix. Parce que lorsque les deux joueurs jouent bien bien, ça se joue un peu à ça. C’est celui qui élève le plus son niveau d’intensité qui parvient à gagner.»

Peut-être un peu de fatigue

Mais lors de la manche ultime, cette intensité mentionnée par «FAA» est devenue l’apanage de Fritz.

Pour se qualifier pour cette finale de l’ATP, Auger-Aliassime a enchaîné les tournois dans les dernières semaines. Il en a remporté trois de suite – à Florence, Anvers et Bâle – puis a atteint la demi-finale au Masters de Paris, s’inclinant devant le Danois Holger Rune.

Félix, qui conclut cette première présence au championnat de fin de saison avec une fiche d’une victoire contre deux revers, reconnaît que le poids de ces 16 victoires d’affilée a peut-être fini par le couler.

«Des fois, on ne ressent pas la fatigue, mais elle est là, a-t-il expliqué. Il est tard [la rencontre a fini vers minuit], on a joué beaucoup. Ce fut une longue année. Alors parfois, même si on ne sent pas fatigué, on commet des doubles fautes, parce que le cerveau n’est plus aussi affuté.»

«Il a été un peu meilleur que moi, a-t-il également admis. Je quand même très content de la façon dont je me suis comporté, j’ai tout donné. C’est très encourageant pour la suite.»