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Alouettes de Montréal

Fin de parcours pour les Alouettes

Publié | Mis à jour

Malmenés en début de match par les Argonauts, les Alouettes ont vu leur saison 2022 se terminer sur une défaite de 34 à 27 en finale de l’Est, dimanche après-midi, au BMO Field.

La troupe de l’entraîneur-chef Danny Maciocia a permis des touchés aux favoris de la foule trois fois à leurs quatre premières séquences offensives de la partie. Le troisième majeur a particulièrement fait mal. En position de deuxième essai et une verge, les «Argos» ont envoyé leur quart-arrière substitut dans la mêlée. Croyant à une faufilade du quart, les «Moineaux» ont laissé le receveur DaVaris Daniels complètement seul et ce dernier a probablement inscrit le touché le plus facile de sa carrière.

Après la rencontre, Maciocia est revenu sur ce jeu névralgique qui a bien fait mal paraître sa formation. Il a expliqué que le demi défensif Wesley Sutton venait de se blesser et qu’ils ont mal évalué la situation qui se présentait à eux.

«Nous nous sommes fait avoir et nous ne l’avons pas surveillé. Ils ont vu l’opportunité et ils en ont profité», a souligné le pilote.

En retard par 18 points et visiblement blessés à l’orgueil avec encore 39 minutes à faire au match, les Alouettes ont connu un soubresaut offensif après cette gênante réussite de leurs rivaux. L’unité dirigée par Trevor Harris a traversé 82 verges sur cinq jeux. Le pivot a complété la séquence avec un relais de 36 verges à Tyson Philpot. Ce fut l’un des très rares moments de réjouissance dans le camp des visiteurs en première demie.

La défense échoue

Au retour du vestiaire après la pause de la mi-match, l’attaque des «Als» s’est mise en marche et a régulièrement obtenu le meilleur sur la défense des «Argos». En peu de temps, l’écart n’était plus que de trois petits points. William Stanback a réussi une course de 52 verges pour un touché, tandis que Harris et Philpot ont de nouveau uni leurs efforts pour le converti de deux points. Deux bonnes séquences se sont par la suite soldées avec des placements de David Côté.

Le problème, c’est que la défensive des Alouettes n’a jamais été en mesure de s’imposer contre l’attaque des «Argos». L’unité du coordonnateur Noel Thorpe a donné un touché au troisième quart et n’a pas fait le boulot dans les quatre dernières minutes. Devant absolument redonner le ballon à l’attaque, la défense a écopé de pénalités et a été sans réponse face au jeu au sol adverse.

«Nous n’arrivions pas à les arrêter, a simplement dit Maciocia. Avec un revirement ou quelques jeux défensifs en notre faveur en deuxième demie – et considérant que notre attaque fonctionnait bien – je pensais que nous aurions pu aller chercher quelques points supplémentaires pour faire la différence en notre faveur.»

«Ça résume notre saison. Nous avons vécu des hauts et des bas. Je sentais que nous étions capables de nous en sortir. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Nous nous sommes battus et il faut donner le crédit à Toronto.»

De la déception et des larmes

C’est avec les yeux rougis par les pleurs que se sont présentés le quart-arrière Trevor Harris et le garde Kristian Matte devant les médias.

«Je suis déçu, parce que nous avions quelque chose de spécial cette année», a indiqué le joueur de ligne à l’attaque.

La défaite en finale de l’Est contre les Argonauts mettait un terme à la 11e saison de Matte dans l’uniforme des Alouettes. Le vétéran a parlé avec émotion du parcours de son équipe en 2022.

«Nous étions tous très proches dans ce vestiaire. Autant en attaque qu’en défense, nous nous amusions en jouant au football. Nous avions une fiche de 2-6 et nous avons finalement atteint la finale de l’Est. Nous ne sommes pas heureux du résultat aujourd’hui, mais il faut avoir quelque chose de spécial pour réussir ce que nous avons fait.»

«Nous n’avons jamais arrêté de croire en nous», a ajouté le Québécois.

Harris a aussi parlé de la singularité du groupe de joueurs qui ont composé l’édition des «Als» de cette année.

«Nous avons tous grandi comme individu et comme joueur de football. C’est dur, parce qu’il n’y a jamais une équipe qui demeure la même dans cette ligue. [...] D’arriver à court de la sorte, c’est très difficile.»

«Ça fait mal. C’était un honneur d’être le quart-arrière de cette équipe. Je suis très reconnaissant d’avoir obtenu cette opportunité», a poursuivi celui qui a aussi joué pour les Argonauts, le Rouge et Noir et les Elks pendant ses 10 saisons dans la Ligue canadienne de football (LCF).

L’heure des décisions

Les membres des Alouettes n’auront que très peu de temps pour panser les plaies de ce revers. La réalité du football professionnel est ainsi faite et la business suivra son cours. Plusieurs athlètes deviendront joueurs autonomes, dont Harris et le talentueux receveur de passes Eugene Lewis.

Le quart-arrière a dit qu’il aime jouer pour les «Moineaux», mais il a habilement dévié la question quand on lui a demandé s’il voulait être de retour à Montréal en 2023.

Lewis s’est quant à lui permis de dire qu’il n’était pas encore prêt à avoir ce type de réflexions.

«Mon cœur est à Montréal et j’adore cette ville. Je vais devenir joueur autonome prochainement. Présentement, je ne pense pas à ça. Je veux simplement profiter des derniers moments avec mon équipe», a affirmé le candidat dans l’Est pour le titre de joueur par excellence de la LCF.

Une page qui se tourne pour Maciocia

Quand Danny Maciocia a accepté le poste de directeur général des Alouettes de Montréal, il était persuadé que cela mettait définitivement fin à sa carrière d’entraîneur.

Il avait tort, puisqu’il a pris l’intérim en congédiant l’entraîneur-chef Khari Jones en juillet dernier. Maciocia a donc œuvré comme pilote pendant 16 parties supplémentaires, lui qui a occupé divers postes comme entraîneur entre 1996 et maintenant.

«À 99,9%, il s’agissait de mon dernier match à vie comme entraîneur», a déclaré l’homme de 55 ans dimanche, après la défaite en finale de l’Est.

«C’était loin d’être une situation idéale et facile. Nous avons vécu des choses que je n’avais jamais vécues en 26 ans de carrière», a-t-il ensuite analysé.

Il est difficile de dire si l’homme de football prendrait la même décision s’il pouvait revenir dans le passé. Tout au long de la saison, Maciocia n’a jamais caché qu'il était très demandant d’occuper les fonctions d’entraîneur-chef et de DG. Il n’a pas beaucoup passé de temps avec son épouse et ses filles cette année, lui qui a plusieurs fois fait la blague qu’il voyait plus souvent les médias que ses proches.

«Professionnellement et personnellement, c’était tout un défi, a-t-il dit. Je vais prendre quelques jours. Nous allons parler avec nos joueurs. Nous allons ensuite nous assoir et voir où nous nous en allons comme organisation.»

Ici, Maciocia fait référence à l’embauche d’un nouvel entraîneur-chef. Il a plusieurs fois dit que ce serait sa priorité une fois la saison des Alouettes terminée.

Pendant le bref moment qu’il s’accordera avant de reprendre le boulot, le Québécois pourra se dire qu’il a relevé le défi, selon ses joueurs.

«Il nous a laissés être nous-même et a démonté une belle confiance en ses coordonnateurs. Pendant l’année, il a fait les discours que nous avions besoin d’entendre. Je me trouve chanceux qu’il ait été mon entraîneur», a affirmé le receveur de passes Eugene Lewis.